Le Grand Prix de Singapour 2025 a offert son lot de suspense, d’audace stratégique et… de frustration pour la Scuderia Ferrari et son nouveau titané britannique : Lewis Hamilton. Si le podium s’est encore refusé à lui cette saison, l’octuple champion du monde est tout de même reparti de Marina Bay avec une page d’histoire écrite sous ses roues rouges. Un record signé dans la douleur, certes, mais un record qui le place devant une légende : Michael Schumacher.
Stratégie osée de Ferrari à Singapour : pari presque gagné
Le pari était risqué mais révélateur d’une Scuderia Ferrari plus combative que jamais. Après une course bien gérée au cœur du peloton, Hamilton se retrouve avec plus de 50 secondes d’avance sur Liam Lawson lors du dernier tiers de la course. Plutôt que de sécuriser une septième place, l’écurie de Maranello choisit de tenter le tout pour le tout : arrêt au stand pour chausser des pneus tendres neufs et viser une remontée éclair.
Sur un circuit urbain où doubler relève souvent de l’exploit, Hamilton réalise pourtant l’impensable : il reprend près de quatre secondes au tour sur Kimi Antonelli (Mercedes) et Charles Leclerc. Ce dernier s’efface d’ailleurs sportivement pour laisser son coéquipier mener l’assaut. Le coup semblait presque parfait.
Mais à trois tours de l’arrivée, alors que l’exploit semble à portée, le rêve bascule. Problème de frein avant gauche, sortie de piste en série, et retour précipité aux stands. Hamilton doit lever le pied, abandonner tout espoir de top 5 et prévenir un incident potentiel.
Un record légendaire en Formule 1 : 16 saisons avec au moins un meilleur tour en course
Le bilan comptable est cruel : huitième à l’arrivée au lieu de septième, à cause d’une pénalité de cinq secondes pour les multiples escapades hors piste dans les trois derniers tours. Pourtant, ce GP de Singapour 2025 restera historique pour une bonne raison.
Lewis Hamilton a signé, au 42e tour, le meilleur tour en course : 1:37.980. Un tour majestueux, fruit d’un chrono pur combiné à toute son expérience. Et ce tour rapide revêt une importance capitale : il lui permet de devenir le seul pilote de l’histoire à avoir signé un tour le plus rapide en course sur 16 saisons consécutives, dépassant le précédent record de Michael Schumacher (15 saisons entre 1992 et 2006).
Ce record, validé par la FIA et mentionné dans le rapport officiel du GP de Singapour 2025, témoigne de l’incroyable longévité et constance de performance du pilote britannique, désormais sous les couleurs rouge Ferrari : un symbole fort pour une collaboration qui veut marquer l’histoire.
Ferrari-Hamilton : entre promesses et frustration
Après 16 courses en rouge, Hamilton court toujours après son premier podium avec la Scuderia. Mais à chaque Grand Prix, les signes de progrès sont là : meilleure stratégie, meilleure communication avec les ingénieurs, et un esprit combatif qui rappelle les grandes heures de Ferrari.
Certes, les problèmes de fiabilité — comme celui du frein avant à Singapour — restent préoccupants. Mais la capacité d’Hamilton à tirer le maximum de la voiture, même dans l’adversité, insuffle une énergie nouvelle à Maranello. Et s’il fallait un symbole de cette persévérance, ce record inédit en est un.
« Je suis fier de représenter Ferrari et de continuer à battre des records. C’est une satisfaction personnelle dans une course qui aurait pu finir bien mieux », a déclaré Hamilton en zone mixte, dans des propos relayés par Sky Sports F1.
Vers un dernier baroud d’honneur en rouge ?
Alors que la saison 2025 approche de sa fin (il ne reste plus que six courses au calendrier), Ferrari doit transformer ses coups d’éclat en résultats concrets. Le podium semble de plus en plus proche pour Hamilton, tant la performance s’affine course après course.
Ce record symbolique, bien que personnel, a une portée bien plus large : il rappelle à tous que Lewis Hamilton n’a rien perdu de son feu sacré et que Ferrari, en quête de son premier titre constructeurs depuis 2008, dispose d’un atout d’expérience hors-norme dans sa quête de rédemption.
Et ce n’est peut-être que le début. À condition de fiabiliser la machine rouge, Singapour pourrait bien n’être qu’un avant-goût d’un baroud d’honneur flamboyant signé Hamilton & Ferrari.