Depuis son arrivée tant attendue chez Ferrari, Lewis Hamilton traverse une période bien loin des attentes initiales. Le septuple champion du monde, transfuge de Mercedes, peine à trouver ses marques au sein de la Scuderia et l’a clairement exprimé à la suite du Grand Prix d’Arabie Saoudite. Retour sur un début d’aventure contrasté et les véritables enjeux qui pèsent sur le Britannique – et sur Ferrari.
Un début d’aventure frustrant pour Hamilton chez Ferrari
On l’annonçait comme le plus gros coup du mercato F1 : après plus d’une décennie chez Mercedes, Lewis Hamilton a rejoint Ferrari pour 2024 avec la mission de ramener l’écurie de Maranello vers les sommets. Mais deux Grands Prix plus tard, le ton a changé. En Arabie Saoudite, Hamilton s’est classé seulement septième, à près de 40 secondes du vainqueur Oscar Piastri (McLaren), sans jamais sembler en mesure de rivaliser avec le rythme de tête.
À l’inverse, son coéquipier Charles Leclerc a signé une solide performance en montant sur son premier podium de l’année. Une dichotomie gênante, d’autant que Leclerc semble déjà parfaitement tirer parti de la SF-24 – une monoplace pourtant considérée comme plus stable et plus prévisible que sa devancière.
Au micro des médias juste après la course, Hamilton n’a pas masqué son inquiétude (source : Formula1.com) : « Oui, j’étais à des années-lumière en termes de rythme et je n’avais pas la vitesse. Il n’y a vraiment pas grand-chose à retenir de ces trois semaines, à part que je suis lent et que je dois comprendre comment y remédier… Donc, ça va être comme ça pour le reste de l’année. Ça va être douloureux. »
Pourquoi Hamilton peine-t-il à s’adapter à la SF-24 ?
Depuis 2022, la Formule 1 est entrée dans l’ère des effets de sol. L’équilibre des monoplaces, fortement impacté par l’aérodynamique au sol, semble poser des défis particuliers à Hamilton. Déjà en difficulté l’an passé avec la W14 chez Mercedes au comportement surnommé « capricieux », l’ancien champion semble retrouver les mêmes problèmes chez Ferrari : instabilité à l’arrière, manque de confiance dans les entrées rapides, et difficulté à trouver la bonne fenêtre de fonctionnement des pneus.
Contrairement à Leclerc, plus à l’aise avec un train arrière agile, Hamilton a toujours préféré une voiture au comportement solide et prévisible dans les virages rapides – un trait que la SF-24 semble encore peiner à lui offrir dans les réglages. Il est également possible que son style de pilotage nécessite un temps d’adaptation plus long à une voiture complètement différente de celle qu’il pilotait chez Mercedes.
Une vraie épreuve de caractère pour Hamilton
Ce revers n’est pas le premier dans la carrière du Britannique, mais il intervient à un moment délicat : à 39 ans, après avoir quitté Mercedes sans titre depuis 2020, Hamilton a besoin de résultats pour valider son choix. La pression monte, non seulement médiatiquement, mais aussi en interne : Ferrari ne tolère pas longtemps la contre-performance, surtout quand l’autre pilote confirme son statut de prétendant au titre.
Pourtant, si quelqu’un peut rebondir, c’est bien Lewis Hamilton. L’ingénierie de Ferrari progresse (le podium de Leclerc en Arabie Saoudite en est la preuve), et si l’équipe réussit à adapter la voiture davantage à son pilotage, l’ancien roi du championnat pourrait revenir dans la course. La suite de la saison sera donc cruciale pour évaluer l’impact réel de cette collaboration historique.
Quel impact sur Ferrari et son avenir en F1 ?
Ce début de saison met en lumière deux réalités. D’abord, la SF-24 semble bien née : plus stable que la SF-23, elle offre une base de travail prometteuse pour le développement autour du duo Leclerc-Hamilton. Ensuite, l’intégration de Hamilton n’est pas instantanée – et Ferrari doit gérer une adaptation technique complexe pour maximiser les points et offrir une chance au titre constructeurs, face à une équipe Red Bull encore ultra-performante.
Mais la venue d’Hamilton a aussi un effet marketing colossal : elle offre à Ferrari une visibilité inégalée et des perspectives intéressantes à long terme, notamment si l’écurie conjugue ce coup médiatique avec des résultats solides.
Conclusion
L’avertissement de Lewis Hamilton est clair : le chemin vers la victoire sera douloureux. Mais ce genre d’épreuve pourrait aussi forger une dynamique nouvelle à Maranello. La question n’est plus tant de savoir si Hamilton est encore capable de performances de haut vol – il l’est – mais si Ferrari saura lui fournir l’outil adapté à son immense talent. Une intrigue technique et humaine qui animera toute la saison 2024… et les ambitions rouges à long terme.