Alors que l’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari promettait une nouvelle ère flamboyante, les trois premières courses de la saison 2024 ressemblent davantage à un cauchemar qu’à une renaissance. Le septuple champion du monde, débarqué de Mercedes avec l’ambition de ramener le titre à Maranello, peine à imprimer son style. Pire encore : le Britannique semble perdu, tant au volant qu’en dehors.
Un départ cauchemardesque pour Hamilton sous les couleurs de Ferrari
Trois courses, zéro éclat. Depuis le coup d’envoi de la saison 2024, Lewis Hamilton n’est jamais parvenu à se mêler à la lutte en tête. Sa performance au Grand Prix du Japon, 7e à près de 40 secondes d’Oscar Piastri (McLaren) et loin derrière son coéquipier Charles Leclerc, a mis en lumière les difficultés du pilote britannique : absence de rythme, manque d’adhérence, perte totale de sensations. Des symptômes alarmants pour un pilote aussi expérimenté.
À l’issue de la course de Suzuka, Hamilton a livré des mots rares et forts, preuve d’un profond mal-être : « Il n’y a vraiment pas grand-chose à retenir de ces trois semaines, à part que je suis lent et que je dois comprendre comment y remédier », a-t-il déclaré à Canal+. Un aveu de faiblesse inhabituel, mais révélateur d’un début d’aventure en rouge bien loin des attentes.
Une SF-24 performante, mais un pilote déboussolé
Et pourtant, la SF-24 n’est pas une mauvaise monoplace. Charles Leclerc l’a démontré en montant deux fois sur le podium en trois manches. L’écart avec le Monégasque est donc d’autant plus marquant : près de 30 secondes à Melbourne, plus encore à Suzuka. Dans les interviews post-course, Hamilton ne cache pas son désarroi : « Je ne faisais que glisser, je n’avais aucune adhérence… c’était horrible. »
Malgré son palmarès, Hamilton n’a pas encore apprivoisé la Ferrari. Et ses déclarations reflètent un pessimisme préoccupant : « Pour le moment, il n’y a pas de solution. Donc, ça va être comme ça pour le reste de l’année. Ça va être douloureux. » Une phrase qui claque comme un aveu d’impuissance, après seulement trois Grands Prix.
Frédéric Vasseur garde son calme, mais la pression monte
Face à cette situation, Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, garde pour l’instant une attitude mesurée. Interrogé par Sky Sports, il évoque une perte de confiance : « C’est une question de confiance avec la voiture et un peu avec lui-même […]. On verra bien. » Une manière de dédramatiser, tout en reconnaissant implicitement la profondeur du problème.
Car derrière cette équation Hamilton-Ferrari se cache un enjeu crucial. En 2025, avec la restructuration du règlement technique, Ferrari rêve de redevenir championne du monde. L’arrivée d’un pilote aussi titré qu’Hamilton devait symboliser cette ambition. Mais pour cela, il faudra impérativement que la greffe prenne – et vite.
Quels leviers pour relancer Lewis Hamilton ?
D’un point de vue stratégique, la Scuderia ne ménage pas ses ressources pour soutenir son nouveau pilote. Nouveaux réglages, adaptation du poste de pilotage, communication technique renforcée… Tout est fait pour favoriser son intégration. Mais l’essentiel reste à venir : trouver cette fameuse alchimie entre l’homme et la machine.
La question reste entière : Lewis Hamilton peut-il retrouver le feu sacré au volant de la Ferrari SF-24 ? Ou faut-il craindre que ce chapitre rouge, tant attendu par les tifosi, tourne court ? La prochaine course en Chine – sur un tracé qu’il affectionne – pourrait constituer un tournant. Car si le déclic n’intervient pas rapidement, les doutes pourraient se transformer en fracture.
En attendant, le contraste avec l’excellent début de saison de Charles Leclerc est saisissant. Et à Maranello, si on rêve toujours de titres, on commence aussi à s’interroger.