Après une saison 2025 marquée par la déception, Ferrari se retrouve dans une position délicate en Formule 1. Alors que les tifosi espéraient voir la relance promise par Frédéric Vasseur l’an dernier, la Scuderia n’a pas su concrétiser ses ambitions. Sept maigres podiums, aucune victoire, une quatrième place au classement constructeurs : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et pour Laurent Mekies, ancien directeur sportif de la Scuderia désormais à la tête de Red Bull Racing, les difficultés de Maranello étaient prévisibles.
Un bilan 2025 inquiétant pour la Scuderia
La saison 2025 s’est révélée rude pour Ferrari. Après un exercice 2024 prometteur mais inégal, l’écurie italienne était attendue au tournant. Malheureusement, les promesses n’ont pas été tenues. Carlos Sainz, dont l’avenir reste incertain, a montré de belles prestations isolées, mais sans régularité. Charles Leclerc, longtemps considéré comme le fer de lance du projet, a souffert d’une voiture inconstante et d’erreurs stratégiques encore fréquentes.
Avec seulement sept podiums sur 24 Grands Prix et aucune victoire — une première depuis 2020 — la Scuderia a échoué à réduire l’écart avec les leaders. Red Bull, McLaren et Mercedes ont nettement surclassé Maranello en constance, performance et développement technique. Résultat : une quatrième place au Championnat Constructeurs, bien en-deçà des attentes.
Ces difficultés ne surprennent pas Laurent Mekies, l’un des architectes précédents du staff technique de Ferrari, désormais à la tête de Red Bull Racing. Interrogé par le Corriere della Sera, il n’a pas mâché ses mots : « Je ne dirais pas que je suis surpris. La F1 est extrêmement compétitive. La frontière entre succès et échec est mince, surtout cette année, où quelques dixièmes ont fait la différence. Je souhaite à Ferrari le meilleur. »
Pourquoi la saison de Ferrari 2025 a déraillé
Plusieurs facteurs expliquent cette saison ratée.
D’abord, la gestion technique : Ferrari n’a pas réussi à tirer profit du règlement 2022-2025 sur le plan aérodynamique, et le développement de la SF-25 s’est rapidement essoufflé en milieu de saison. Alors que Red Bull et McLaren introduisaient des évolutions ciblées et efficaces, la Scuderia accumulait retards, erreurs de corrélation entre la soufflerie et la piste, et hésitations stratégiques.
Ensuite, la stratégie de course : trop souvent, Ferrari a péché par excès ou par manque, perdant des positions cruciales à cause de mauvaises décisions sur les pneus ou la météo. Cette réalité souligne que la stabilité dans le mur des stands reste un point d’amélioration prioritaire.
Enfin, un problème structurel : la direction technique continue d’évoluer depuis l’arrivée de Vasseur, mais la transition n’est pas encore achevée. Malgré des recrues prometteuses, la culture de la performance instantanée manque toujours au sein du Cavallino Rampante.
Mekies, un regard avisé sur son ancienne écurie
Laurent Mekies connaît bien la maison Ferrari : il y a exercé pendant près d’une décennie, culminant au poste de directeur sportif avant de rejoindre AlphaTauri fin 2023, puis de gravir les échelons jusqu’à Red Bull. Lui-même admet la complexité du défi : « Il ne suffit pas d’avoir les pilotes ou les moyens : il faut la cohésion, la confiance et une exécution irréprochable sur 24 Grands Prix. »
Des propos lourds de sens, venant d’un technicien respecté dont les coulisses de Maranello n’ont plus de secrets. Ils révèlent à quel point la F1 moderne repose sur l’efficacité opérationnelle bien plus que sur la puissance brute d’une monoplace.
Et maintenant ? La Scuderia face à un tournant critique
En 2026, un nouveau règlement technique arrive, axé sur une hybridation plus poussée et de nouvelles architectures aérodynamiques. Ferrari prépare déjà son retour au sommet avec l’ambitieux projet 676, dont le développement a été récemment renforcé par des embauches ciblées.
Le duo Leclerc – Sainz (ou son remplaçant éventuel) devra capitaliser sur les dernières saisons pour construire une dynamique positive. L’inter-saison 2025-2026 s’annonce capitale : si Ferrari échoue à rectifier sa trajectoire, elle pourrait voir s’éloigner ses rêves de titre pour un long moment.
En somme, les propos de Laurent Mekies, aussi lucides que sobres, résonnent comme un appel à la réalité : Ferrari ne peut plus vivre sur son prestige passé. En Formule 1, seule la performance constante permet de survivre.