Ferrari 2025 : les dessous d’une saison sacrifiée pour viser 2026

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par Alex Marcol

En 2025, la Scuderia Ferrari a terminé à la quatrième place du championnat Constructeurs de Formule 1. Un résultat qui paraît presque trivial pour d’autres équipes… mais à Maranello, il résonne comme un échec cuisant. L’objectif était clair : jouer au moins la deuxième place. Que s’est-il donc passé ? Une stratégie radicale, des choix techniques avortés et une SF-25 qui n’a jamais tenu ses promesses : immersion dans une saison où Ferrari a choisi de regarder vers l’avenir au prix du présent.

Une stratégie à long terme dès le printemps : focus sur 2026

C’est l’analyse du journaliste spécialisé Rosario Giuliana (La Gazzetta Ferrari) qui a levé le voile sur le pari stratégique osé pris par Ferrari dès le premier tiers de la saison. En pleine bataille avec Mercedes et McLaren, la Scuderia a fait le choix de stopper prématurément le développement de la SF-25. Pourquoi ? Pour mieux préparer la révolution technique de 2026, année d’introduction d’un tout nouveau règlement moteur et aérodynamique.

Concrètement, les ressources de la soufflerie ont été transférées au projet 676, la monoplace prévue pour la saison 2026. Sur le papier, la décision correspond à une vision à long terme. En pratique, elle a immédiatement impacté les performances en piste : pendant que Red Bull et Mercedes continuaient à amener des évolutions significatives jusqu’aux dernières courses (caractéristiques aérodynamiques, packages à faible traînée), Ferrari roulait avec une SF-25 figée depuis l’été… Un choix assumé mais risqué dans un sport où chaque dixième de seconde est un monde.

Une monoplace capricieuse et des pilotes sous tension

Sur le plan technique, la SF-25 n’a pas été à la hauteur des attentes. Son avant très chargé aérodynamiquement convenait au style agressif de Charles Leclerc, mais son train arrière instable a été un vrai cauchemar pour Lewis Hamilton, qui vivait là sa première saison sous les couleurs de la Scuderia. Notamment en qualifications, le septuple champion du monde a eu bien du mal à exploiter pleinement la voiture.

Une tentative de corriger cette instabilité par l’introduction d’une nouvelle suspension arrière au Grand Prix de Belgique n’a pas porté fruit. Selon Giuliana, cette évolution n’a généré aucun gain aérodynamique véritable, et s’est avérée inefficace dans les relais longs où la gestion des pneus était primordiale.

Pire encore : plusieurs développements majeurs ont été purement et simplement annulés. Le nouveau fond plat prévu pour Bakou, censé optimiser le flux d’air sous la voiture, n’a jamais vu le jour. Au même moment, Pirelli augmentait les pressions pneumatiques minimales — une décision qui a mis en évidence les lacunes structurelles de la SF-25 en matière de gestion thermique et d’adhérence.

Un pari pour l’avenir, mais à quel prix ?

Le choix de Ferrari de concentrer ses forces sur 2026 n’est pas illogique. Le nouveau règlement prévoit une profonde transformation des unités de puissance et de l’aérodynamique (moins d’effet de sol, plus de récupération électrique). Ferrari veut être au rendez-vous. Mais le pari est doublement engageant : il laisse un vide côté résultats immédiats, et met une pression maximale sur les ingénieurs pour livrer une voiture compétitive dès le début de la nouvelle ère.

En interne, la frustration a parfois gagné du terrain. Des signaux venus de Maranello (notamment le report de certaines décisions techniques cruciales et les inquiétudes des ingénieurs aérodynamiques) laissent entendre que tout ne s’est pas passé de manière fluide dans la coordination entre bureaux d’études et départements R&D. Quant à Charles Leclerc et Lewis Hamilton, leur saison a alterné coups d’éclat individuels (comme Monaco ou Monza) et frustration visible à la radio.

En résumé : Ferrari 2025, c’est une histoire de renoncements, de calculs audacieux et de regards déjà tournés vers l’avenir. Mais en Formule 1, rien n’est jamais garanti — et d’ici à Bahreïn 2026, il va falloir transformer la perte d’aujourd’hui en victoire de demain.

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