Alors que la saison 2025 de Formule 1 touche à sa fin, Ferrari n’a toujours pas goûté à la victoire. Une situation préoccupante aux yeux de nombreux observateurs… et notamment de Jean Alesi. L’ancien pilote de la Scuderia, toujours très attaché à l’équipe italienne, a exprimé ses inquiétudes avec une rare franchise dans sa chronique pour le Corriere della Sera, relayée par Motorsport.com.
Une saison sans victoire, des performances en berne
La Scuderia Ferrari, engagée dans un duel intense en début de saison pour la deuxième place du championnat constructeur 2025, s’est progressivement effondrée. À l’heure où Red Bull domine outrageusement et où McLaren s’impose comme une force montante, Ferrari ne peut que viser la quatrième place, bien loin des ambitions exprimées en début d’année.
Cette nouvelle désillusion sportive a de quoi raviver les tensions internes comme les critiques externes. Car malgré un duo de pilotes exceptionnel – Charles Leclerc, fidèle étendard du projet Ferrari, et Lewis Hamilton, septuple champion du monde arrivé cette saison avec la promesse d’un renouveau – la SF-25 n’a jamais été à la hauteur. Trop irrégulière en qualifications, sujette à des problèmes de fiabilité et souffrant d’un manque de performance chronique lors des longs relais, la monoplace rouge a souvent déçu ses plus fervents supporters.
C’est ce que souligne Jean Alesi dans une sortie sans détour : « J’ai évité de parler de Ferrari ces derniers mois… Mais voir ce qu’il s’est passé au Qatar, c’était le pire Grand Prix dont on puisse se souvenir. C’est une déception totale », confie-t-il.
L’avenir inquiète : Ferrari peine à convaincre
Mais au-delà des résultats de cette saison, c’est la stratégie à long terme qui inquiète l’ancien pilote français. Alesi remet en question l’annonce faite par la Scuderia de stopper totalement le développement de la SF-25 pour se concentrer sur la voiture de 2026, censée répondre au nouveau règlement technique de la FIA. « Dire que tout le développement a été stoppé pour préparer la voiture de l’année prochaine ressemble à une excuse très facile », insiste-t-il.
Et en effet, nombreux sont ceux qui s’interrogent : comment justifier un tel retrait alors que les autres écuries, à commencer par Red Bull, Mercedes et McLaren, réussissent à jongler entre performance actuelle et anticipation des futurs règlements ?
Le sacrifice de 2025 au nom de 2026 semble illustrer un manque de vision claire ou, pire, un aveu d’échec technique. Cette inquiétude est d’autant plus légitime que Ferrari n’a plus remporté le moindre titre mondial depuis 2008. Avec un tel palmarès dormant et des changements incessants dans l’organisation technique (démissions, réorganisations internes, communication ambiguë), difficile pour l’équipe italienne de donner des signes de stabilité ou de continuité.
Le défi 2026 : réforme technique et choc en perspective
En 2026, la Formule 1 adoptera un tout nouveau règlement technique, alliant châssis repensé et motorisation hybride largement revue. Ferrari doit donc impérativement réussir ce virage. Mais ce défi technologique colossale s’accompagne d’une pression immense. Si la Scuderia échoue à retrouver le sommet avec cette nouvelle règlementation, c’est toute sa stratégie qui sera remise en cause.
L’arrivée de Lewis Hamilton n’a pas encore porté ses fruits cette saison. Le Britannique, qui visait un dernier sacre avec Ferrari, doit désormais espérer que son pari payera à moyen terme. Charles Leclerc, de son côté, continue d’impressionner par sa résilience, mais ne cache plus ses frustrations répétés face à un matériel qui ne suit pas.
Entre critique légitime et espoir raisonné
Jean Alesi n’est pas le seul à partager cette inquiétude. De nombreux tifosi, anciens ingénieurs et analystes s’interrogent sur la capacité réelle de Ferrari à rebondir. Toutefois, les ressources techniques, humaines et financières du Cheval Cabré restent colossales. Frédéric Vasseur, directeur d’équipe depuis 2023, demande du temps.
Mais dans une écurie à la pression médiatique constante et à l’exigence historique, ce luxe est rarement permis. Ferrari doit maintenant transformer le scepticisme en motivation. Et surtout, éviter que 2026 ne devienne un nouveau rendez-vous manqué.