Au crépuscule de la saison 2025 de Formule 1, la Scuderia Ferrari crée la surprise sur le circuit de Yas Marina. Ce week-end à Abu Dhabi, c’est un duo inédit – mais pas inconnu – qui prendra le volant des monoplaces rouge feu : Charles Leclerc, accompagné de son jeune frère Arthur, participera aux Essais Libres 1… pendant que Lewis Hamilton restera dans le garage. Une décision stratégique qui mêle tradition, transition et avenir. Décryptage.
Arthur Leclerc au volant de la SF-25 : un choix de continuité stratégique
Ce n’est pas une première, mais cela reste un événement. Comme en 2024, Ferrari choisit de faire rouler Arthur Leclerc aux côtés de son frère Charles lors des EL1. L’objectif est clair : permettre au jeune Monégasque de remplir les obligations réglementaires de roulage pour pilotes débutants imposées par la FIA, tout en optimisant son intégration au sein de l’environnement ultra-compétitif du cavallino rampante.
Arthur, membre de la Ferrari Driver Academy, n’en est pas à son coup d’essai. Il connaît bien le tracé de Yas Marina pour y avoir piloté en Formule 2, et a déjà goûté aux EL1 de la Formule 1 en 2024 à bord de la Ferrari. « Charles et moi sommes très heureux de piloter à nouveau ensemble lors des EL1. C’est très excitant d’être dans une voiture de l’autre côté du garage par rapport à lui », a-t-il déclaré dans des propos publiés par Motorsport Next Gen.
Pour Ferrari, cette manœuvre est autant symbolique que pragmatique. Le roulage d’un jeune espoir en F1 permet d’acquérir des données relatives à la performance à long terme, tout en valorisant la formation maison. C’est aussi un moyen pour la Scuderia de maintenir une forte implication dans sa politique de développement via la FDA, dont Arthur reste l’un des porte-étendards.
Lewis Hamilton relégué au garage : une fin de saison sous tension
Mais ce choix stratégique a une conséquence de taille : Lewis Hamilton, septuple champion du monde, ne participera pas aux EL1. Arrivé chez Ferrari en 2025 avec de grandes ambitions, le Britannique vit une saison contrastée. Si une victoire en course lui a échappé, il s’est offert un baroud d’honneur en Sprint en Chine. Reste que le plus marquant est sans doute ailleurs : pour la première fois de sa carrière, Hamilton pourrait terminer une saison sans monter sur un podium en course.
Le renoncement ponctuel aux EL1 le prive d’un temps précieux en piste – sur un circuit où les conditions évoluent fortement du jour à la nuit. Cependant, Ferrari semble prioriser la logistique de développement à moyen terme, au détriment d’un pilote ultra expérimenté mais dont les résultats cette année ne sont pas à la hauteur des attentes.
Une fin de saison sans enjeu majeur pour Ferrari
Avec une 2025 sans véritable coup d’éclat, Ferrari affronte cette ultime manche sans espoir de podium au championnat des constructeurs, ni vraie possibilité de victoire à Abu Dhabi. Charles Leclerc a ramené quelques podiums certes, mais toujours pas de victoire – une disette qui commence à peser. Hamilton, lui, malgré ses efforts d’adaptation au sein de la Scuderia, ne s’est pas montré en capacité de ramener des points conséquents en course régulière.
Dans ce contexte, donner du roulage à Arthur Leclerc prend tout son sens. C’est un pari sur l’avenir, une manière de maintenir l’ADN Ferrari centré sur l’innovation, la jeunesse et la transmission. Même si le présent est terne, les signaux envoyés par l’écurie suggèrent une volonté de bâtir sur des fondations solides et familiales – une méthode à l’italienne, en somme.
Conclusion : un choix symbolique et stratégique à la veille d’un tournant
La Scuderia termine cette saison 2025 en demi-teinte, mais elle choisit de mettre en avant ses valeurs et son avenir. En confiant une fois encore une SF-25 à Arthur Leclerc, Ferrari montre qu’elle regarde plus loin que le classement temporaire. Pour les fans, l’image des deux frères en rouge sur le même circuit reste forte, presque romantique. Pour les analystes, c’est un signal clair : Maranello veut se réinventer, et pourquoi pas construire autour du nom Leclerc pour des années à venir.