Le Grand Prix d’Italie 2025 à Monza a offert son lot d’émotions aux tifosi, mais aussi une déception certaine : aucun des deux pilotes Ferrari n’est monté sur le podium. Pourtant, Charles Leclerc (P4) et Lewis Hamilton (P6) ont livré une prestation solide dans un week-end où la Scuderia n’avait tout simplement pas les armes pour lutter face à Red Bull et McLaren. Analyse d’une course sans trophée, mais révélatrice des progrès et limites de Ferrari cette saison.
Un GP d’Italie disputé, mais des limites structurelles évidentes
Sur le papier, Ferrari courait à domicile, avec l’énergie survoltée du public transalpin derrière elle. Mais sur la piste, la réalité a été plus rude. Face à une McLaren très inspirée et à un Max Verstappen impérial, les rouges ont dû se contenter des places d’honneur : Leclerc 4e à quelques secondes du podium et Hamilton, 6e après un départ en embouteillage.
Charles Leclerc a été clair dans son analyse post-course (source : Canal+ F1) : « C’était une belle bagarre avec Oscar [Piastri], mais on est clairement aux limites de notre monoplace. La gestion des pneus arrière a été critique, avec une surchauffe dès les premiers relais. » Une déclaration qui illustre bien l’un des talons d’Achille de la SF-25 : une dégradation pneumatique plus rapide que celle des rivales directes.
Lewis Hamilton, de son côté, restait sur une note globalement positive : « Je me suis senti bien dans la voiture aujourd’hui. Dommage qu’on n’ait pas tenté l’undercut sur George [Russell] plus tôt » (source : Sky Sports F1). Le Britannique met en avant une stratégie un peu trop conservatrice, qui lui a probablement coûté une meilleure position finale.
Ferrari 2025 : entre performances solides et plafond de verre
Depuis le début de la saison F1 2025, Ferrari montre une régularité appréciable… mais frustrante. Douze Grands Prix ont été disputés, et toujours aucune victoire au compteur. L’écurie italienne cumule un total impressionnant de Top 5, mais sans jamais être en mesure de menacer durablement Red Bull ou McLaren sur le rythme pur.
Cette constance permet aux Rouges de se maintenir dans la lutte pour la 2e place du championnat constructeurs, mais les ambitions de titres semblent encore hors de portée. La course de Monza est un résumé parfait de cette dualité : la Scuderia est rapide, compétitive, mais plafonne lorsqu’il s’agit de faire la différence dans les moments cruciaux.
Le point positif, c’est la cohésion interne. Leclerc et Hamilton affichent une entente respectueuse, un partage d’expérience bénéfique et une motivation commune. Le recrutement d’Hamilton, bien que critiqué à l’hiver 2024, semble porter ses fruits en apportant un leadership technique supplémentaire dans les briefings et le développement aérodynamique.
Quel avenir pour Ferrari sur la fin de saison 2025 ?
Monza clôturait un triple-header intense, et Ferrari doit désormais se projeter sur les circuits plus techniques comme Singapour et Suzuka. Des tracés où le châssis Ferrari pourrait potentiellement mieux s’exprimer, notamment avec les évolutions attendues pour la suspension arrière dès le Grand Prix du Japon.
La confiance au sein de l’équipe reste intacte. Frédéric Vasseur, le Team Principal, a insisté dans le paddock sur l’importance des efforts collectifs : « Nous ne sommes pas là où nous le souhaitons, mais chaque course nous rapproche du niveau visé. Toute l’équipe reste mobilisée pour améliorer les détails qui font la différence. » (source : communiqué Ferrari F1, 2025).
L’objectif est donc clair : maintenir la pression sur McLaren pour viser la 2e place du championnat, tout en espérant une victoire d’ici la fin de saison. Leclerc et Hamilton continuent d’afficher une motivation intacte. Et lorsqu’on connaît la capacité mythique de Ferrari à rebondir, surtout en fin d’année, les espoirs restent permis.
Conclusion : la Scuderia dans un entre-deux stratégique
Le phénomène Monza 2025, avec son absence de podium, ne doit pas être lu comme un échec pur. Il s’agit plutôt d’un nouveau jalon sur le chemin de progression d’une Ferrari qui cherche encore le bon dosage entre rythme de course, stratégie et fiabilité mécanique. Si le trophée a encore échappé aux Rouges cette fois, ils se rapprochent à chaque Grand Prix du peloton de tête. La deuxième moitié de saison promet d’être intense… et potentiellement libératrice.