Ferrari : les critiques incendiaires de Luigi Mazzola envers John Elkann secouent Maranello

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par Alex Marcol

Depuis quelques semaines, l’atmosphère est électrique autour de Ferrari. Si la Scuderia travaille d’arrache-pied pour rebondir en Formule 1 après une saison 2024 en demi-teinte, une récente prise de parole fait des vagues à Maranello. Luigi Mazzola, ex-ingénieur de course de Michael Schumacher et figure respectée dans l’univers Ferrari, s’est exprimé sans filtre au sujet de John Elkann, président du groupe. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas mâché ses mots.

Luigi Mazzola étrille le leadership de John Elkann

Dans un entretien accordé à NewsF1, Luigi Mazzola, présent au cœur des années dorées de la Scuderia aux côtés de Schumacher, s’est montré extrêmement critique envers John Elkann. Ce dernier, président du groupe Ferrari et figure de proue de la stratégie globale de l’entreprise, est accusé de manquer cruellement de sensibilité et de connaissance du monde très particulier de la Formule 1.

Mazzola a notamment réagi à la sortie médiatique d’Elkann après le Grand Prix du Brésil 2024, où Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont subi un double abandon. Au lieu de souligner les difficultés techniques et stratégiques de cette course particulière, Elkann avait demandé publiquement à ses pilotes « de moins parler dans les médias et de mieux se concentrer sur leur pilotage ». Cette sortie n’a pas été du goût de Mazzola :

« Elkann s’y connaît autant en Formule 1 que moi en économie – c’est-à-dire quasiment pas. » a-t-il déclaré de manière cinglante (Source : NewsF1).

Il poursuit en remettant en question l’opportunité et la pertinence de ces propos, au moment même où Ferrari célébrait un double triomphe en WEC (titre pilotes et constructeurs). Pour Mazzola, le président aurait dû concentrer sa communication sur cette réussite, plutôt que de critiquer ouvertement ses pilotes et l’équipe F1.

Entre leadership politique et culture de la performance

L’intervention de Mazzola ne polémique pas uniquement sur les propos d’Elkann, mais soulève un véritable débat sur la gouvernance actuelle de Ferrari en F1. En comparant le président actuel à Luca di Montezemolo – emblématique leader de la Scuderia dans les années 2000 – l’ingénieur italien pointe un manque de charisme et d’influence directe sur le sportif.

Il dénonce également une gestion trop distante, presque politique, qui, selon lui, ne correspond pas aux besoins d’une équipe en quête de performance et de cohésion. Rappelons que Ferrari traverse une période charnière : malgré des progrès techniques en 2024, l’équipe a souffert d’un manque de régularité en course, et les pilotes – Leclerc et Hamilton – ont peu goûté à la victoire.

Dans une écurie où chaque détail compte, l’absence d’une présence forte et inspirante au sommet pourrait handicaper la dynamique collective. Et pour un technicien chevronné comme Mazzola, cette déconnexion est un signal d’alarme.

Quel impact sur la Scuderia Ferrari en 2025 ?

Cette prise de position intervient dans un contexte délicat. Ferrari se restructure progressivement autour de Fred Vasseur et tente de maximiser le potentiel de la SF-25, annoncée comme un modèle plus mature et audacieux que sa devancière. La communication interne et l’unité d’équipe sont donc plus cruciales que jamais.

Dès lors, les propos d’Elkann – perçus comme maladroits, voire contreproductifs – cassent cette dynamique, et la réaction de Mazzola vient illustrer un malaise plus profond. Les critiques ne visent pas simplement la politique de communication, mais questionnent la vision stratégique de la direction actuelle : Elkann a-t-il une vraie ambition sportive pour Ferrari, ou privilégie-t-il les performances économiques et le marketing global de la marque ?

La réponse à cette question pourrait bien conditionner l’avenir de la Scuderia dans un paddock de plus en plus compétitif, où Red Bull et Mercedes restent des références solides, tandis qu’Aston Martin et McLaren continuent leur montée en puissance.

Ferrari est-elle en train de manquer un virage décisif en termes de gouvernance ? La saison 2025 nous apportera un début de réponse, mais une chose est sûre : la pression monte à Maranello, et les regards se tournent de plus en plus vers les étages de la direction.

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