Avec trois courses restantes au calendrier 2025, le suspense devient insoutenable pour les tifosi : Ferrari n’a toujours pas décroché la moindre victoire cette saison. Un contraste cinglant avec les ambitions affichées en début d’année par la maison de Maranello. À l’aube du Grand Prix de Las Vegas, la Scuderia a décidé de tout miser sur un facteur-clé souvent sous-estimé : la gestion des pneus. Un pari stratégique que l’équipe espère transformateur.
Une saison 2025 sans victoire : Ferrari sur la corde raide
En 2025, la pression est à son comble du côté de Maranello. Malgré une voiture compétitive sur certains tracés et une paire de pilotes exceptionnelle avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton, Ferrari n’a pas encore réussi à convertir ses bonnes qualifications ou ses podiums en victoires. Las Vegas pourrait bien être l’ultime cartouche pour sauver l’honneur avant la fin de la saison.
Jamais l’environnement n’a été aussi prenant : des projecteurs de Sin City, en passant par une course programmée le samedi soir, jusqu’aux températures nocturnes variables du désert du Nevada. Tous les éléments d’un thriller à haute intensité sont réunis. Et c’est précisément dans ce contexte que Ferrari décide d’aller à contre-courant.
Un pari pneumatique : la gestion thermique comme clé de voûte
Ferrari a fait le choix d’un pari stratégique majeur : se concentrer massivement sur la gestion des pneus. Un apostolat assumé par la direction technique de l’écurie, en réaction aux difficultés rencontrées lors de l’édition précédente du GP de Las Vegas. L’an dernier déjà, les températures extrêmement basses la nuit avaient causé des maux de tête à plusieurs équipes, notamment sur la difficulté de maintenir les gommes dans leur fenêtre de fonctionnement idéale.
Mais cette année, les prévisions météorologiques sont plus favorables. Des températures légèrement plus douces pourraient permettre une meilleure tenue thermique des pneumatiques, un avantage que Ferrari compte bien exploiter. Frédéric Vasseur, directeur d’équipe, a affirmé dans une interview relayée par Motorsport Next Gen : « La gestion des pneus à très basse température sera une fois de plus un facteur clé […] Peut-être qu’avec le nouveau timing, ce sera un peu différent. Comme toujours, nous nous concentrons sur nous-mêmes, en veillant à ne rien laisser au hasard en termes de performances. »
Charles Leclerc et Lewis Hamilton : un duo à réveiller
Si la SF-25 monte progressivement en puissance, c’est aussi du côté des pilotes que l’écurie mise gros. Charles Leclerc connaît bien la piste de Las Vegas et a déjà démontré qu’il peut briller sur les circuits urbains à faible grip. Quant à Lewis Hamilton, il apporte une expérience stratégique cruciale. Son talent pour la lecture de course et sa science de la dégradation des pneus pourraient faire la différence face à Red Bull et McLaren.
Dans une course où chaque stratégie sera dictée par la température du bitume et la fenêtre d’exploitation des gommes (notamment les médiums et tendres les plus sensibles), l’expérience de Hamilton pourrait être l’atout maître.
Les enjeux pour Maranello : au-delà de Las Vegas
Cette tentative de victoire à Las Vegas n’est pas qu’un objectif ponctuel. C’est aussi un levier psychologique pour préparer la saison 2026 et redonner confiance à tout le groupe. L’arrivée officielle du nouveau moteur 2026, répondant à la nouvelle réglementation technique, est déjà dans les radars. Ferrari veut capitaliser sur un momentum fort pour affronter la prochaine ère turbo-électrique avec l’esprit conquérant qui lui manque depuis trop longtemps.
Le Grand Prix de Las Vegas 2025 est donc bien plus qu’une simple course : c’est un test stratégique, un pari thermique, et surtout, une question de prestige. Si la Scuderia parvient à jouer juste avec ses pneus, alors elle pourra peut-être faire vibrer les rues de Vegas aux couleurs rosso-corsa.