Ferrari dans la tempête : Günther Steiner dézingue le leadership de John Elkann

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par Alex Marcol

La Scuderia Ferrari vit une saison 2025 marquée par de nombreuses tensions internes. Dernier épisode en date : la sortie médiatique musclée de John Elkann, président de Ferrari, à l’encontre de ses propres pilotes, Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Une déclaration publique qui a suscité de vives réactions… dont celle, cinglante, de Günther Steiner, ancien patron de Haas F1.

Un président Ferrari sous les projecteurs… pour de mauvaises raisons

Il y a quelques jours, John Elkann ne s’est pas embarrassé de diplomatie. Interrogé par les médias italiens, le président de Ferrari a estimé que ses pilotes devraient « moins parler et mieux performer sur la piste » (source : Corriere dello Sport). Une pique à peine voilée envers Charles Leclerc et Lewis Hamilton, accusés de faire plus de déclarations que de podiums.

Ce commentaire a rapidement enflammé le paddock, et les réseaux sociaux n’ont pas tardé à s’emparer de l’affaire. Dans une équipe aussi prestigieuse que Ferrari, qui joue non seulement la victoire mais aussi l’image, l’impact d’une telle déclaration est considérable.

Günther Steiner monte au créneau

Invité du podcast américain « The Red Flags », Günther Steiner, ancien team principal de Haas en F1 et désormais propriétaire de l’écurie Tech3 en MotoGP, n’a pas mâché ses mots. S’il reconnaît qu’Elkann a le droit de critiquer, Steiner fustige la méthode : « Il a le droit de critiquer… mais pas en public. Ce n’est tout simplement pas du bon leadership » a-t-il déclaré (source : Podcast The Red Flags, épisode de mai 2025).

Le technicien italien monte encore d’un cran lorsque le sujet de Charles Leclerc est abordé : « Charles met tout son cœur dans cette équipe. Il donne absolument tout. Que voulez-vous de plus ? ». Pour Steiner, de tels propos publics risquent non seulement de miner le moral des pilotes, mais aussi de fragiliser la cohésion au sein de Maranello.

Un tir qui interroge sur l’équilibre interne chez Ferrari

Depuis l’arrivée de Frédéric Vasseur à la tête de la Scuderia en 2023, Ferrari a retrouvé une certaine forme de stabilité. Les relations entre les pilotes sont restées professionnelles malgré une rivalité évidente, et l’équipe technique a entamé une réorganisation ambitieuse centrée sur la performance en qualification… mais aussi sur la fiabilité, longtemps talon d’Achille de la Rossa.

Ce que pointe Steiner ici, c’est le manque de soutien affiché par Elkann envers son directeur d’équipe. Dans sa sortie, le président s’abstient de toute mention de Vasseur, laissant un flou gênant sur la coordination entre management exécutif et direction sportive.

Un désalignement qui pourrait coûter cher à Ferrari alors que l’écurie lutte contre Red Bull et une Mercedes redevenue menaçante avec l’émergence d’Andrea Kimi Antonelli.

Quels impacts sur Leclerc et Hamilton ?

Pour Charles Leclerc, cette critique publique tombe mal. Le Monégasque est dans sa septième saison avec Ferrari et court toujours après ce titre mondial qui semble lui échapper chaque année un peu plus. Pilote loyal, figure centrale du projet Ferrari depuis 2019, Leclerc pourrait vivre cette déclaration comme un manque de reconnaissance.

Quant à Lewis Hamilton, arrivé en 2025 avec l’espoir de décrocher un huitième titre aux côtés de la Scuderia, cette prise de parole du président pourrait semer le doute sur l’environnement qu’il pensait compétitif et structuré. Lui qui a toujours évolué dans des équipes stables et culturellement fortes (McLaren, Mercedes), pourrait mal vivre ce type de communication publique.

Ferrari doit apprendre de ses erreurs de communication

La Formule 1 moderne se joue non seulement sur la piste, mais aussi dans les coulisses. La gestion des relations humaines, le leadership inspirant, la clarté d’objectif sont devenus aussi cruciaux que la performance aérodynamique.

En attaquant ses pilotes publiquement, John Elkann met à mal toute une dynamique construite depuis deux ans. En Formule 1, airs politiques et approches managériales doivent être millimétrés. Le message est clair : Ferrari ne pourra retrouver les sommets que si elle aligne toutes ses forces – du président aux mécaniciens – vers un but commun, en maintenant la cohésion… et en réglant ses différends en interne.

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