Depuis son arrivée tant attendue chez Ferrari début 2025, Lewis Hamilton vit une saison à oublier. Sans podium après 19 Grands Prix, la légende britannique de la Formule 1 peine à trouver le rythme au sein de la Scuderia. À trois courses de la fin du championnat, le pilote aux sept titres mondiaux est vivement critiqué… notamment par Ralf Schumacher. Le consultant de Sky Sports Allemagne, connu pour son franc-parler, n’a pas mâché ses mots face aux performances en demi-teinte de l’ancien pilote Mercedes. Décryptage d’un malaise qui interpelle jusqu’au sommet de Maranello.
Un hiver prometteur, un été douloureux
L’annonce de la signature de Lewis Hamilton chez Ferrari en février 2024 avait provoqué une onde de choc dans le monde de la F1. Le Britannique quittait une Mercedes en reconstruction pour s’offrir un ultime défi : ramener le titre à la Scuderia, 15 ans après le sacre de Kimi Räikkönen. Une ambition noble, mais très vite confrontée à la réalité : une SF-25 capricieuse, un coéquipier Charles Leclerc toujours aussi véloce… et une adaptation plus difficile que prévue.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Zéro podium, plusieurs erreurs stratégiques, un rythme en qualifications rarement au niveau du Monégasque : Hamilton est en retrait. Alors que Ferrari se battait encore pour la deuxième place du championnat constructeurs il y a un an, l’écurie rouge est aujourd’hui reléguée derrière Red Bull, McLaren et même Aston Martin à certains moments. Une glissade inquiétante.
La critique acide de Ralf Schumacher : simple avis ou symptôme plus profond ?
C’est dans ce contexte tendu que Ralf Schumacher, ancien pilote et désormais consultant pour Sky Sports Allemagne, s’est exprimé. « Je pense que c’est la décision la plus coûteuse que Ferrari ait prise depuis longtemps en matière de personnel », a-t-il déclaré. Il poursuit : « Ses performances ne sont pas à la hauteur. Lewis Hamilton n’est tout simplement pas assez bon. Ferrari attendait mieux, Elkann attendait mieux. » Des propos forts, relayés par Sky Sports DE en marge du Grand Prix des États-Unis.
Ce n’est pas la première fois que Ralf Schumacher cible Hamilton. Mais cette fois, ses critiques résonnent dans un contexte où même John Elkann, président du groupe Ferrari, demande à ses pilotes « moins de paroles, plus d’actions », selon La Gazzetta dello Sport. Si cette déclaration n’était pas directement adressée à Hamilton, beaucoup y ont vu un message clair à celui qui, malgré un contrat mirobolant, n’a pas encore pesé sur la dynamique de l’équipe.
Ferrari face à ses propres choix : stratégie ou erreur d’analyse ?
Au-delà du cas Hamilton, c’est la stratégie globale de Ferrari qui interroge. Miser sur le leadership d’un champion expérimenté comme Hamilton, en pensant qu’il pourrait donner une impulsion technique et mentale à l’écurie, semblait être une idée ambitieuse… mais s’avère aujourd’hui hasardeuse. Le duo Hamilton-Leclerc, qui devait apporter l’équilibre entre maturité et fougue, manque de synergie. Leclerc continue à dominer en performance pure, tandis qu’Hamilton lutte avec les caractéristiques de la SF-25.
Côté technique, la Scuderia n’a pas su donner à ses pilotes une monoplace à la hauteur des attentes. L’équilibre aérodynamique fragile, les décisions stratégiques douteuses (notamment à Monaco et Spa) et l’instabilité au niveau de la direction technique (avec le départ inattendu de David Sanchez fin 2024) ont contribué à un scénario cauchemar pour la maison rouge.
Quel avenir pour Hamilton chez Ferrari ?
Le contrat de Lewis Hamilton avec Ferrari court jusqu’en 2026. Mais en interne, les discussions s’intensifient. Peut-il rebondir en 2026 avec un règlement technique qui redistribuera potentiellement les cartes ? Ou verra-t-on émerger une pression pour un départ anticipé si les résultats tardent encore ?
En attendant, les trois dernières courses (Brésil, Las Vegas, Abu Dhabi) seront déterminantes. Pas seulement pour sauver l’honneur, mais aussi pour gagner un minimum de confiance avant une intersaison qui s’annonce studieuse à Maranello.
Reste à voir si Lewis Hamilton, malgré des critiques croissantes et une première année loin des standards qu’il s’impose, saura puiser dans son immense expérience pour redresser la barre. Une chose est sûre : Ferrari joue gros, et le timing ne laisse plus de place au doute.