Ferrari sous tension : Jacques Villeneuve s’inquiète pour Leclerc et Hamilton

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par Alex Marcol

Depuis le double abandon de Ferrari au Grand Prix du Brésil 2025, l’atmosphère semble de plus en plus électrique à Maranello. Si les pilotes essaient de jouer l’unité sur les réseaux sociaux, en interne, les critiques ne passent pas inaperçues. L’intervention récente de John Elkann, l’emblématique président de Ferrari, pointant du doigt indirectement Charles Leclerc et Lewis Hamilton, n’a pas échappé à un ancien champion du monde : Jacques Villeneuve. Et ses propos, sans langue de bois, rappellent que chez la Scuderia, le passé semble souvent se répéter.

Elkann critique, Villeneuve s’inquiète

Le contexte est délicat. Ferrari traverse une nouvelle saison mouvementée en Formule 1. Après des débuts prometteurs, l’écurie italienne a connu un sérieux revers lors du GP du Brésil – double abandon en course – provoquant un coup de froid sur les ambitions affichées en début d’année. C’est dans ce cadre que John Elkann aurait comparé, selon plusieurs sources relayées par Motorsport.NextGen, les performances de l’équipe F1 avec la récente victoire Ferrari en WEC, sous-entendant que l’unité et les résultats sont bien meilleurs dans le programme Endurance qu’en F1.

Un parallèle qui n’a pas plu à tout le monde. Et surtout pas à Jacques Villeneuve, champion du monde 1997. Pour lui, « ce n’est pas une première » de voir Ferrari cibler ses pilotes. « Rappelez-vous Prost, Mansell, Alonso, Vettel… », déclare-t-il. « Cela semble être une tendance chez Ferrari. Ferrari passe avant tout. Et Ferrari protégera toujours Ferrari. » Des mots forts, qui rappellent combien la Scuderia a parfois eu du mal à gérer des personnalités fortes dans son histoire.

Une culture interne qui interroge

La déclaration d’Elkann intervient dans un moment critique. Leclerc et Hamilton incarnent un duo de rêve sur le papier – la jeunesse et la fougue du Monégasque, le palmarès et l’expérience du Britannique – mais leur dynamique est encore jeune. Et si la Scuderia veut renouer avec les sommets, elle devra bâtir autour de cette paire sans fissure ni doute.

Mais selon Villeneuve, Ferrari persiste dans une tradition qui pourrait nuire à ses ambitions. « La plupart des pilotes de caractère se sont cassé les dents à Maranello », constate-t-il. Une remise en question peu flatteuse pour une écurie aussi légendaire, mais qui résume un problème structurel : protéger avant tout l’image de l’équipe, quitte à exposer publiquement ses pilotes. Or, dans une ère où l’image est scrutée par les fans et les médias 24h/24 sur les réseaux sociaux, cette stratégie peut rapidement aggraver les tensions internes.

Le fait que Leclerc et Hamilton aient utilisé leurs réseaux sociaux pour envoyer des messages d’unité est révélateur. Cela montre un besoin de maîtriser la communication face aux spéculations sur leur relation avec l’équipe. Mais cela exprime aussi une certaine nervosité. « De toute évidence, l’ambiance chez Ferrari n’est pas au beau fixe », avance Villeneuve. « Nous devons faire attention, cela peut devenir une pente glissante. »

Quels impacts sur la suite de la saison ?

Ce climat tendu pourrait-il affecter la fin de saison de Ferrari ? Sur le plan sportif, les enjeux sont encore nombreux : consolider la deuxième place au championnat constructeurs, permettre à Leclerc de défendre sa place dans le top 3 des pilotes, et surtout bâtir une base stable pour 2026, année du changement réglementaire.

Cependant, les critiques publiques émanant du plus haut niveau managérial affaiblissent la cohésion nécessaire pour performer. La comparaison implicite avec l’équipe WEC – victorieuse et soudée – a valeur de piqûre de rappel pour certains, mais elle risque tout autant de semer le doute.

Dans cette perspective, la gestion de l’après-Brésil sera cruciale. Frederic Vasseur, directeur d’équipe, aura la lourde tâche de rééquilibrer les relations en interne et de ramener la paix autour d’un objectif commun. Car sans harmonie au sommet, difficile d’envisager un retour aux titres mondiaux qui échappent à Ferrari depuis 2008.

En conclusion

Les propos de Jacques Villeneuve viennent mettre en lumière une dynamique ancienne mais toujours aussi actuelle chez Ferrari : une culture de l’excellence parfois rigide, où la pression et les attentes dévorent les talents. À l’aube des grandes évolutions de 2026, Ferrari doit plus que jamais éviter les erreurs du passé. L’avenir de la Scuderia dépendra autant de ses voitures que de sa capacité à protéger – et non pointer du doigt – ses pilotes stars.

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