Le Grand Prix du Brésil 2025 restera dans les annales comme un cauchemar rouge pour la Scuderia Ferrari. Alors que l’écurie italienne espérait engranger de précieux points dans la course au championnat constructeurs face à Mercedes, c’est finalement un double abandon qui est venu plomber le moral des Tifosi.
Ferrari frappée d’un double abandon à Interlagos
Sur le mythique circuit d’Interlagos, Ferrari a vécu un dimanche noir. Parti en deuxième ligne et en quête d’un podium, Charles Leclerc a vu sa course s’arrêter brutalement dès les premiers tours après un accrochage spectaculaire impliquant Oscar Piastri (McLaren) et Kimi Antonelli (Mercedes).
Dans un jeu de quilles initié à la relance après une courte neutralisation par Safety Car, le Monégasque a été déporté hors trajectoire, heurtant violemment les protections après avoir perdu une roue avant. Quelques tours auparavant, Carlos Sainz avait déjà été contraint à l’abandon en raison de dommages irréparables sur sa monoplace. Résultat : zéro point pour la Scuderia à São Paulo.
Leclerc ne dédouane pas Piastri… mais incrimine aussi Antonelli
Visiblement sous le choc et très irrité à sa descente de voiture, Charles Leclerc n’a pas tardé à livrer sa version des faits aux médias. Et contre toute attente, ce n’est pas uniquement vers Oscar Piastri qu’il a dirigé ses reproches :
« Oscar était optimiste, mais Kimi savait qu’Oscar était là, et il a fait comme si Oscar n’avait jamais existé. Pour moi, la faute n’est pas entièrement sur Oscar. », a-t-il déclaré au micro de Canal+ juste après la course (source : Le Sprint, 10 novembre 2025).
Une déclaration lourde de sens qui traduit à la fois la frustration du pilote Ferrari et une certaine volonté de renvoyer les responsabilités multiples de cet accrochage. Piastri, souvent très agressif dans ses tentatives de dépassement, n’en est pas à son premier contact hasardeux cette saison. Mais cette fois, Leclerc pointe du doigt le manque d’anticipation du jeune Kimi Antonelli, pourtant excellent deuxième à l’arrivée.
Une course qui plombe les ambitions ferraristes
À trois Grand Prix de la fin de la saison 2025, les ambitions de Ferrari dans la lutte pour la deuxième place du championnat constructeurs sont sérieusement compromises. Face au redoutable duo Russell–Antonelli dont la régularité paie, le double abandon d’Interlagos vient ternir une campagne que Ferrari voulait brillante après son retour sur le devant de la scène grâce à plusieurs podiums depuis Singapour.
Ce revers, s’il n’est pas catastrophique en termes mathématiques – Ferrari reste au contact de Mercedes au classement – est crucial psychologiquement.
Ce GP met aussi en lumière l’une des faiblesses que les fans n’ignorent plus : la vulnérabilité de la SF-25 dans les phases de redémarrage et de trafic dense. Là où la Mercedes semble plus stable et robuste dans le peloton, la Ferrari continue de subir les heurts des courses agitées, sans toujours pouvoir s’en sortir sans casse.
Cap sur Las Vegas pour rebondir
Alors que le regard se tourne désormais vers le très attendu Grand Prix de Las Vegas, Ferrari devra faire preuve de résilience. Charles Leclerc et Carlos Sainz, tous deux déterminés à terminer la saison sur une bonne note – et à sécuriser leur position avant les éventuels remaniements 2026 – devront se battre non seulement face aux Flèches d’Argent mais aussi contre McLaren et Aston Martin, toutes en embuscade pour un podium final.
Mattia Binotto, revenu en 2024 comme conseiller technique externe avant de réintégrer la direction technique en début de saison, devra livrer une réaction stratégique forte avec ses équipes pour maximiser les derniers points à glaner.
Un double abandon aussi rare qu’amer, une attaque musclée menée par une Mercedes toujours plus compétitive, et un calendrier qui ne pardonne pas : Ferrari n’a désormais plus le droit à l’erreur. À Las Vegas, c’est tout un symbole qui sera en jeu : celui de l’orgueil rouge.