Le Grand Prix du Brésil 2025 n’a pas démarré sous les meilleurs auspices pour la Scuderia Ferrari. Lors de la course Sprint disputée samedi sur le circuit d’Interlagos, ni Charles Leclerc ni Lewis Hamilton ne sont parvenus à hisser leur SF-25 sur le podium. Frustrés, les deux pilotes ont ménagé peu de suspens quant à leur mécontentement, pointant du doigt les limites techniques de la monoplace italienne.
Une performance en demi-teinte à Interlagos
Sur le papier, Ferrari semblait pouvoir briguer un top 3 dans ce Sprint brésilien. Mais la SF-25, pourtant équipée d’un package aérodynamique mis à jour pour les spécificités du circuit d’Interlagos, n’a pas tenu ses promesses. Charles Leclerc s’est classé cinquième, malgré un départ solide et une stratégie ponctuellement agressive. Derrière lui, Lewis Hamilton n’a pu faire mieux que septième, dépassé par les deux Mercedes de Kimi Antonelli et George Russell.
Le grand gagnant du jour, Lando Norris sur McLaren, a dominé la course avec autorité. Pourtant, ce n’est pas uniquement le déficit de rythme pur qui inquiète chez Ferrari, mais bien un ensemble de symptômes mécaniques que les pilotes n’ont pas manqué de dénoncer.
Leclerc, dans une déclaration relayée par la Gazzetta Ferrari, a dressé un constat inquiétant : « Nous avons un problème sur les deux voitures que nous n’arrivons pas à expliquer. Nous perdons beaucoup de temps au tour en ligne droite. Nous savons que nous avons plus d’appui que les autres, mais cela n’explique pas l’écart que nous constatons en ligne droite. »
Des soucis aérodynamiques et moteurs ?
Les propos de Charles Leclerc confirment ce que l’on observe depuis plusieurs Grands Prix : la SF-25 souffre d’un déséquilibre entre l’appui aérodynamique et l’efficacité mécanique. Ferrari semble avoir misé fort sur un package générant une forte déportance, très utile dans les enchaînements de virages rapides, mais pénalisant en ligne droite. Résultat : un déficit de vitesse de pointe préoccupant sur un circuit comme Interlagos, où les longues lignes droites et les zones de DRS favorisent les dépassements.
Lewis Hamilton ne dit pas autre chose. Interrogé après la course, le septuple champion du monde a déclaré : « Nous avons des problèmes d’équilibre avec la voiture et notre vitesse de pointe est vraiment faible, c’est pourquoi nous ne pouvons pas dépasser. Nous devons donc voir comment nous pouvons régler ce problème lors des qualifications. »
Un mal récurrent ? Il semblerait. Depuis le début de la saison 2025, Ferrari alterne les bonnes performances en qualification avec des difficultés croissantes en rythme de course, notamment dans des conditions de Sprint ou de fortes températures.
Quelle réponse de la Scuderia ?
Frédéric Vasseur, directeur de l’écurie, n’a pas encore réagi officiellement aux déclarations musclées de ses deux pilotes, mais en interne, la question de la vitesse de pointe et du drag est devenue centrale. Ferrari planche déjà sur une évolution du système de gestion hybride (ERS 2025) ainsi que sur un possible ajustement du mapping moteur pour les prochaines courses à Las Vegas et Yas Marina.
L’autre point de friction pourrait être la configuration de la voiture. Si la SF-25 est performante en configuration high-downforce, elle semble très pénalisée dès que le compromis aéro/moteur n’est pas optimal. Pour rivaliser avec Red Bull, McLaren ou Mercedes, il devient urgent pour la Scuderia de trouver une meilleure flexibilité technique.
Un signal d’alarme utile ?
Dans les faits, ce double coup de gueule pourrait, paradoxalement, se révéler salutaire. Avec Hamilton et Leclerc unis dans le constat et poussant vers des solutions claires, la pression sur les ingénieurs et les décideurs de Maranello n’a jamais été aussi forte depuis le début de saison. La solidarité affichée par les pilotes dans la critique souligne également une entente intéressante entre les deux coéquipiers, prêts à faire bloc pour redresser la barre.
Le Brésil devait être une rampe de lancement pour entamer la dernière phase de la saison en force. Il devient un nouveau signal d’urgence pour Ferrari, qui devra réagir vite si elle veut conserver ses ambitions 2025 : se battre pour la victoire, jouer les podiums et pourquoi pas encore viser une place dans les trois premiers au championnat constructeur.
À une époque où chaque milliseconde compte, l’écurie au Cheval Cabré n’a plus de temps à perdre. Las Vegas arrive vite…