Ferrari en détresse au Grand Prix des États-Unis : Hamilton pointe du doigt les faiblesses de la Scuderia

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par Alex Marcol

Le Circuit des Amériques, théâtre du Grand Prix des États-Unis 2025, n’a pas souri à la Scuderia Ferrari ce week-end. Lors des qualifications sprint, la firme de Maranello a de nouveau montré des signes inquiétants de contre-performance. Un constat partagé — et souligné — par Lewis Hamilton lui-même, après une séance où les Rouges ont sombré, loin derrière le rythme imposé par Max Verstappen et les McLaren.

Ferrari en difficulté à Austin : un mal récurrent

Depuis le début de la saison 2025, la Scuderia Ferrari alterne entre éclairs de compétitivité et chutes brutales de performance. Et Austin n’aura pas dérogé à la règle. Charles Leclerc n’a pu faire mieux qu’une 10e place lors des qualifications sprint, tandis que Carlos Sainz partira en fond de top 10, avec une voiture visiblement instable dans les virages lents et peu efficace sur les relances — deux points cruciaux sur le tracé texan.

Mais ce ne sont pas seulement les résultats qui inquiètent : c’est la manière. Ferrari semble peiner à décrypter le comportement de sa monoplace, la SF-25, sur des types de circuits mi-techniques comme le COTA. Malgré des promesses lors des essais libres, la descente aux enfers lors de la SQ2 et SQ3 a mis en lumière les difficultés de réglage, de gestion des pneus et de stabilité aérodynamique.

Quand Hamilton cible Ferrari : un signal d’alarme

La déclaration de Lewis Hamilton, relayée par Motorsport.com, est sans filtre : « Tout semblait bien se passer en essais libres et la SQ1 semblait également très correcte, puis tout a commencé à nous échapper. La voiture est très, très difficile à conduire, donc oui, tout nous a échappé. 8 dixièmes, c’est tout simplement une montagne à gravir. »

Même si le Britannique critiquait d’abord sa propre performance, son analyse s’applique cruellement à Ferrari, qui, de l’extérieur, semble piégée par les mêmes maux : volatilité du grip, fenêtre d’exploitation aérodynamique trop restreinte, difficulté à adapter ses réglages aux variations de température et d’adhérence.

En F1, lorsque les adversaires commentent vos problèmes avec autant de lucidité, c’est le signe que la situation est devenue visible — et préoccupante.

Un manque de constance chronique depuis 2024

Le vrai enjeu pour Ferrari ne réside pas uniquement dans la performance pure, mais dans sa constance. Depuis l’introduction du package aérodynamique évolué à la mi-2024, la SF-25 souffre d’un comportement imprévisible : compétitive sur certains circuits (Monza, Barcelone), larguée sur d’autres (Suzuka, Austin). Ce déséquilibre rend difficile toute projection sur le championnat constructeurs.

Face à une hiérarchie 2025 dominée par la constance de Red Bull et la montée en puissance des McLaren, Ferrari semble enfermée dans un cycle de réaction plutôt que d’anticipation. À cela s’ajoute un management technique toujours en restructuration, sous l’impulsion de Frédéric Vasseur, qui peine à stabiliser l’ingénierie autour d’une idée forte de développement.

Des conséquences sur la dynamique de l’équipe

Ce type de contre-performance n’est pas anodin psychologiquement pour les pilotes. Charles Leclerc, en contrat jusqu’en 2026, commence à s’impatienter selon quelques murmures du paddock. Carlos Sainz, quant à lui, court toujours après une régularité qui l’éloignerait d’un rôle de pilote n°2. Sans un retour fort lors des prochaines épreuves (Brésil, Las Vegas, Abou Dhabi), la Scuderia pourrait terminer l’année loin derrière McLaren, et pire encore : sans aucune victoire en 2025.

Le Grand Prix des États-Unis reste une claque, mais elle pourrait servir de déclencheur. Car si la Scuderia veut redevenir compétitive en 2026, année de transition avant l’ère des nouvelles réglementations moteurs, la réaction doit être immédiate.

Ferrari peut-elle encore sauver sa saison ? Le sprint et la course de dimanche décideront si le fond du gouffre a été atteint – ou si le pire est encore à venir.

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