L’atmosphère est pesante du côté de Maranello. Le Grand Prix des États-Unis 2025 à Austin a révélé des failles que Ferrari semblait pourtant avoir partiellement colmatées depuis les saisons précédentes. Le week-end texan devait être un tremplin pour la Scuderia et son champion Lewis Hamilton. Il s’est transformé en désillusion totale.
Un réveil brutal pour Hamilton à Austin
Vendredi soir, les premières lueurs semblaient pourtant prometteuses. Pendant les essais libres, Lewis Hamilton montrait une certaine aisance avec les pneus durs. Mais les espoirs se sont envolés dès que la voiture a chaussé les tendres en qualifications. Résultat : une élimination en Q1, une P8 en Sprint et un regard noir au fond du paddock.
« Ce n’était pas le rythme auquel nous nous attendions », a confié Hamilton, selon un communiqué relayé par le site officiel de la Formule 1 (formula1.com). Une déclaration courte, marquée par la frustration. Mais c’est surtout la suite de ses propos qui fait écho dans le garage Ferrari : « Huit dixièmes, c’est énorme. Il y avait quelque chose de très difficile à piloter. »
Ces mots, forts et rares chez un pilote aussi expérimenté, traduisent un malaise technique évident. Il y a quelques mois, Hamilton rejoignait Ferrari avec des ambitions claires : remettre la Scuderia au sommet. Après une première moitié de saison encourageante, Austin agit comme un électrochoc. Officiellement, l’équipe n’a pas expliqué ce contretemps, mais les ingénieurs admettent en filigrane un problème de fenêtre de fonctionnement de la SF-25 trop étroite pour s’adapter au tarmac texan.
Ferrari, un pas en avant, deux en arrière ?
À côté, Charles Leclerc n’a pas fait mieux. Une dixième place symbolique qui résume les errements d’une monoplace visiblement inconfortable et inefficace dans plusieurs phases de course. Les rumeurs internes font état de désaccords techniques entre le département châssis et l’unité moteur. Des tensions qui rappellent tristement la débâcle de l’ère post-Alonso.
Ce week-end, le constat est clair : Ferrari est retombée dans ses travers. Mauvaises décisions en stratégie de pneus, incapacité à optimiser le set-up selon les conditions de piste, et un déficit de rythme chronique. Le tout face à une concurrence Red Bull, McLaren et Mercedes bien plus affûtée.
Si on remonte en 2014, une situation similaire avait précipité une refonte complète de l’organigramme. Aujourd’hui, Frédéric Vasseur assure que « les processus internes sont différents et mieux structurés » (source : conférence de presse FIA samedi soir), mais le spectre du passé plane dangereusement sur le cheval cabré.
Quels enjeux pour la suite de la saison 2025 ?
Avec encore sept Grands Prix au calendrier, Ferrari doit impérativement redresser la barre pour espérer conserver sa place au classement constructeurs devant Aston Martin, revenue en force depuis l’introduction de son deuxième package aérodynamique à Singapour.
Hamilton, malgré sa frustration, reste mobilisé. « Ça fait mal, mais on va bosser », a-t-il lancé rapidement en quittant le paddock d’Austin. Le défi est immense : sécuriser une voiture stable sur tous types de tracés, tout en exploitant le potentiel d’un duo de pilotes ultra-talentueux.
Mais la tension est définitivement palpable. Sur le plan technique, la SF-25 souffre d’un manque de cohérence aérodynamique dans des conditions chaudes et venteuses — un point crucial que Ferrari devra revoir, sans quoi la fin de saison pourrait devenir une longue traversée du désert.
Conclusion : Ferrari face à l’urgence de rebondir
Ce week-end à Austin a laissé un goût amer : celui d’un gâchis temporaire ou d’un enfranchement inquiétant ? Hamilton est légitime dans son agacement. Leclerc semble à court d’options. Mais Ferrari, forte de son histoire et de ses structures, a l’obligation de réagir, rapidement et efficacement.
Une chose est certaine : les deux prochaines courses — Mexico puis Interlagos — seront décisives. Non seulement pour sauver les espoirs sportifs de cette saison 2025, mais aussi pour restaurer une dynamique et une confiance ébranlées. Car chez Ferrari, plus que partout ailleurs en F1, l’échec n’a jamais été une option.