Depuis son départ tonitruant de Red Bull en juillet dernier, Christian Horner reste l’un des grands absents mais aussi des grands mystères du paddock. Et pourtant, son nom revient avec insistance… à Maranello. En pleine tourmente en ce début de saison 2025, la Scuderia Ferrari, malgré une récente reconduction de Frédéric Vasseur à la tête de l’équipe, voit certains observateurs imaginer un avenir rouge Ferrari pour l’ex-directeur triomphal de Red Bull. Parmi eux : Johnny Herbert, ancien pilote britannique de Formule 1, qui milite avec conviction pour cette idée.
Christian Horner, le leader manquant à Maranello selon Herbert
Dans un entretien exclusif accordé à FormulaPassion.it, Johnny Herbert dresse un constat sans détour : « Le principal objectif de Ferrari doit être Christian Horner ». Pour l’ancien coéquipier de Michael Schumacher chez Benetton, les problèmes de la Scuderia ne se situent ni au niveau des pilotes — qu’il considère comme « irréprochables » — ni sur un manque d’implication. L’origine du mal est ailleurs : « Il n’y a pas de leader. »
Et c’est là que Christian Horner entre en scène dans l’imaginaire des tifosi. Après plus de 15 saisons à la tête de Red Bull Racing, Horner a bâti un empire auréolé de succès, notamment en créant les conditions propices à l’épanouissement d’Adrian Newey, le génie aérodynamique à l’origine des monoplaces dominantes de l’ère hybride. Une recette que Ferrari n’a toujours pas su reproduire malgré les moyens colossaux déployés.
Pour Herbert, l’exemple est limpide : « Lorsque Newey a quitté McLaren, Horner a su le convaincre de relever un défi à Red Bull, en lui laissant l’espace pour respirer et créer. C’est exactement ce qui manque à Ferrari aujourd’hui », assure-t-il. Une comparaison brutale vis-à-vis de l’actuel manager de la Scuderia, Frédéric Vasseur, mais qui ne vise pas à le désavouer totalement non plus.
La pression monte sur Frédéric Vasseur
Prolongé jusqu’en 2027 à l’été 2024, Frédéric Vasseur est aujourd’hui solidement installé à la tête de Ferrari. Pourtant, avec une saison 2025 qui démarre de manière poussive — peu de podiums, des problèmes de rythme en qualifications et une stratégie aux abonnés absents —, les doutes commencent à émerger autour de sa capacité à ramener la Scuderia au sommet.
Herbert ne remet pas en cause l’engagement du Français, mais estime qu’il lui manque ce supplément d’âme nécessaire pour attirer les bons profils techniques et instaurer une culture de performance pérenne : « S’ils n’y arrivent pas en 2026, Ferrari va devoir prendre une décision difficile », prévient-il. Autrement dit, la course contre la montre est lancée. Et dans l’ombre du Cavallino Rampante, un Horner libre pourrait incarner à la fois une menace et une opportunité.
Horner chez Ferrari, entre fantasme et faisabilité
Même si l’idée séduit, rien n’indique aujourd’hui que Christian Horner serait prêt à revenir en Formule 1, et encore moins à prendre la tête d’un projet aussi emblématique et exposé que celui de Maranello. Depuis son éviction de Red Bull au cœur d’une série de tensions internes, Horner reste silencieux sur son avenir. Mais son expertise et son palmarès parlent pour lui : six championnats constructeurs, sept titres pilotes, et une stabilité exceptionnelle dans une discipline où les têtes tombent vite.
Pour Ferrari, l’enjeu est double. D’une part, réussir à capitaliser sur la continuité offerte par Vasseur, à condition que les résultats suivent très vite. D’autre part, garder l’option Horner ouverte en cas de nouvelle désillusion — surtout avec l’arrivée en 2026 de la nouvelle réglementation moteur, qui redistribuera les cartes.
Dès lors, la présence fantomatique d’Horner dans le paysage F1 agit comme une ombre portée sur les murs de la Gestione Sportiva : inspiration ou menace, tout dépendra des résultats à venir.
Conclusion : une hypothèse qui en dit long sur les attentes autour de Ferrari
Que la rumeur prenne corps ou non, l’hypothèse d’un Christian Horner chez Ferrari révèle surtout la frustration d’une partie du paddock et des observateurs, lassés de voir la Scuderia s’enliser malgré les ambitions proclamées. La saison 2025 marquera-t-elle le point de départ d’une nouvelle ère pour Ferrari, ou la dernière chance de Vasseur pour convaincre ? Une chose est sûre : l’ombre d’Horner plane au-dessus de Maranello, prête à s’enraciner si la lumière ne revient pas rapidement.