Le Grand Prix de Singapour 2025 a laissé un goût amer à Maranello. Sous les projecteurs étouffants du circuit urbain de Marina Bay, Ferrari a livré une prestation en demi-teinte, symbolisée par la frustration grandissante de Charles Leclerc. Le Monégasque n’a pas mâché ses mots à l’arrivée, pointant du doigt la stagnation de la Scuderia face aux progrès fulgurants de ses rivaux. Retour sur une course charnière et les véritables enjeux pour la fin de saison.
Un week-end à oublier pour Ferrari
Sixième pour Charles Leclerc, septième pour Lewis Hamilton : les deux Ferrari SF25 n’ont jamais semblé en mesure de rivaliser avec les leaders lors de cette édition 2025 du Grand Prix de Singapour. À l’image de la contre-performance déjà subie à Bakou, la Scuderia a une nouvelle fois vu ses espoirs d’un podium s’évanouir.
Charles Leclerc, habituellement mesuré dans ses déclarations, a cette fois affiché une colère froide au micro des journalistes après la course, confiant : « Course frustrante. Nous allons analyser ce qui s’est passé. Nous n’étions pas dans la bonne fenêtre, surtout au freinage. Nous avons dû gérer beaucoup de choses, c’est ainsi. » (source : interview post-course – Canal+ F1).
Car derrière ce résultat se cache un mal plus profond : Ferrari semble progressivement décrocher face à des écuries comme Mercedes et Red Bull, qui poursuivent leur montée en puissance. Aujourd’hui troisième du classement des constructeurs, la Scuderia ne compte plus que dix petits points d’avance sur Red Bull Racing, alors que Mercedes avait déjà dépassé l’écurie italienne à Bakou plus tôt dans la saison.
Une stratégie concentrée sur 2026… au détriment de 2025 ?
Leclerc n’a pas hésité à pointer un choix stratégique fait par Ferrari, qui pourrait expliquer cette rigueur technique en berne : « Ils (Mercedes) ont fait un pas en avant. J’ai peu d’espoir que nous puissions faire un pas en avant comme eux, car nous sommes concentrés sur 2026. La fin de saison sera difficile, mais nous donnerons tout jusqu’au bout. » (Source : Canal+ F1 post-race interview).
Cette déclaration révèle une orientation claire côté Ferrari : sacrifier une partie du développement de la monoplace 2025 pour privilégier la conception de la voiture qui sera alignée pour la grande révolution réglementaire de 2026. Si ce choix pourrait s’avérer payant à long terme, il expose aujourd’hui Ferrari à une perte de compétitivité immédiate.
Depuis le début de saison, les performances de la SF25 ont alterné le bon et le moins bon, avec des podiums trop peu fréquents pour une écurie de ce calibre. L’irrégularité dans la mise en température des pneus, les faiblesses dans les longs relais et un déficit d’appui aérodynamique sur certains circuits urbains, comme Singapour ou Bakou, démontrent la difficulté de la Scuderia à s’adapter au fil des week-ends.
Leclerc en leader frustré, mais lucide
L’analyse de Leclerc révèle également une conscience aiguë de la position actuelle de la Scuderia. Le pilote monégasque, très impliqué dans les choix techniques et stratégiques depuis le début de saison, semble mesurer avec justesse la complexité des arbitrages internes chez Ferrari. Il incarne une génération de pilotes à la fois talentueux sur la piste et exigeants en dehors.
À court terme, la mission est claire : rester dans le top 3 du championnat constructeurs et empêcher un retour trop fort de Red Bull. Mais dans les garages de Maranello, les regards sont déjà tournés vers 2026, vers une révolution technologique que Ferrari prépare dans l’ombre.
Singapour 2025 restera comme le symbole de cette tension entre présent frustrant et futur prometteur. Une tempête à traverser pour mieux revenir ? Leclerc et Ferrari n’ont peut-être pas dit leur dernier mot.