La Scuderia Ferrari s’apprête à aborder le Grand Prix de Singapour 2025 dans un climat de doute et de frustration. Avant même que les monoplaces ne s’élancent dans les rues étroites et étouffantes de Marina Bay, Charles Leclerc a refroidi les esprits les plus optimistes : la victoire n’est tout simplement pas au programme.
Leclerc sonne l’alarme : le sommet est hors de portée
En conférence de presse FIA ce jeudi, Charles Leclerc a livré un constat sans appel : « Même avec les récents progrès sur les réglages, nous ne sommes pas en position de gagner. » Une déclaration lourde de sens (source : FIA Press Conference, 18 septembre 2025), à la veille d’un des rendez-vous les plus physiques et exigeants de la saison de Formule 1.
La Scuderia Ferrari, bien que régulièrement présente dans la lutte pour le podium, reste cette saison 2025 la seule écurie du top 4 sans victoire. Leclerc y compte cinq podiums mais aucun sommet atteint. Un cruel contraste face aux ascensions de McLaren, redoutable sur les tracés urbains comme à Bakou — référence qu’a lui-même évoquée le Monégasque. Dans le même temps, Red Bull continue de capitaliser sur l’héritage technique de ses succès passés, tandis que Mercedes découvre difficilement une nouvelle phase de développement.
Et le contexte climatique de Singapour n’aide en rien : la chaleur écrasante, pouvant dépasser les 40°C en température ambiante, et l’humidité extrême pèsent tant sur les corps que sur les mécaniques. « Ce ne sera pas plus dur que l’an dernier, mais pas plus prometteur non plus », a anticipé Leclerc, lucide face aux limites techniques de la SF-25.
Maranello en quête de cap : une Scuderia sans boussole ?
Cette déclaration s’inscrit dans une dynamique plus globale, où la Scuderia cherche encore sa voie. Depuis le début de la saison, Ferrari montre des signes inquiétants de stagnation. Contrairement à Red Bull qui affine, ou McLaren qui innove, Maranello semble figée. Leclerc résume cela en une phrase froide mais sincère : « Ce serait plus simple si on savait où l’on échoue. »
Cet aveu met en lumière un problème central : l’absence d’un cap technique clairement défini. Frédéric Vasseur, directeur d’écurie depuis janvier 2023, a certes entrepris des changements structurels, mais la greffe semble lente à prendre. L’équipe technique, profondément remaniée ces deux dernières saisons, peine à trouver cette fameuse « faille » dans la complexité réglementaire et aérodynamique actuelle.
Malgré des progrès ponctuels sur certains circuits (Zandvoort, Barcelone), la SF-25 reste trop inconstante pour espérer rivaliser sur la durée. L’équilibre aérodynamique est encore trop sensible aux conditions de piste, et la gestion des pneus demeure un talon d’Achille persistant depuis 2022.
Quel avenir pour Leclerc et Ferrari ?
Engagé avec Ferrari jusqu’en 2026, Charles Leclerc incarne plus que jamais à la fois l’espoir et la frustration rouge. Son exigence de résultats et son franc-parler contrastent avec une équipe qui ne parvient pas à faire évoluer son package technique dans la bonne direction. « Notre but n’est pas de viser la deuxième ou troisième place », martèle-t-il.
La pression est donc palpable à la Scuderia, où les attentes internes et celles des tifosi sont immenses. Avec des adversaires qui montent en puissance — McLaren en tête grâce à ses choix techniques judicieux et son duo Norris-Piastri solide — Ferrari ne peut plus se reposer sur son prestigieux palmarès.
La tournée asiatique sera décisive. Au-delà de Singapour, Suzuka et le retour en force du GP de Corée du Sud au mois d’octobre seront des tests critiques pour évaluer la compétitivité de la SF-25 face à différents profils de circuit.
Leclerc a lancé un message fort, non pas pour pointer du doigt son équipe, mais pour la réveiller. Car c’est bien maintenant que se joue aussi 2026, avec un règlement qui restera stable et une fenêtre technique à exploiter dès cet hiver. Ferrari ne peut plus se permettre une nouvelle année blanche.