La tension monte chez Ferrari. Alors que la saison 2025 de Formule 1 touche à sa fin, la Scuderia n’a toujours pas inscrit la moindre victoire. Un bilan inquiétant pour une équipe qui avait terminé 2024 sur les chapeaux de roues. Pire encore : Charles Leclerc, pilier de l’écurie italienne, commence à partager publiquement ses doutes.
Une saison blanche ? Le cri d’alarme de Charles Leclerc
Dans des propos relayés par Motorsport Next Gen, Charles Leclerc n’a pas mâché ses mots à l’approche du sprint final de la saison : « Ça va être difficile. La situation n’est pas la même que l’année dernière. L’année dernière, nous avons bénéficié d’une amélioration du plancher à Monza, ce qui nous a permis de faire un grand pas en avant. Cette année, nous n’avons pas cette chance, donc je ne pense pas que nous puissions espérer une amélioration significative à partir de maintenant. »
Des déclarations lucides mais sévères, qui traduisent la frustration d’un pilote en quête de résultats à la hauteur de son talent. Ferrari n’a remporté aucune course cette saison – une situation que l’on n’avait plus connue depuis 2020. À comparer avec la fin d’année 2024, où la SF-24 s’était imposée avec brio à Monza, Austin puis Mexico sous l’impulsion des améliorations techniques.
Aujourd’hui, ni Leclerc ni Sainz ne semblent en mesure de lutter au niveau des McLaren de Piastri et Norris, ou de la Red Bull de Verstappen, revenu fort malgré un début de saison en demi-teinte. L’écart technologique est manifeste et les mots de Leclerc sonnent comme une sonnette d’alarme pour Maranello.
Entre stagnation technique et pression croissante
Après les progrès constatés fin 2024, Ferrari espérait capitaliser sur sa dynamique pour jouer les premiers rôles en 2025. Mais l’optimisme a rapidement laissé place à l’inquiétude. Les évolutions techniques apportées à la SF-25 n’ont pas eu l’effet escompté. La monoplace manque de constance sur une saison où la compétition se résume à une lutte acharnée entre McLaren et Red Bull, désormais talonnée par Mercedes.
La frustration est donc palpable à tous les étages. Les ingénieurs de Ferrari, menés par Enrico Cardile et sous la direction de Frédéric Vasseur, n’ont pas trouvé la formule miracle pour exploiter le plein potentiel de la monoplace. Les rivaux, eux, ne cessent d’élever leur niveau, notamment McLaren avec un développement agressif et une synergie remarquable entre ses deux pilotes.
Ajoutons à cela une pression médiatique redoublée, particulièrement en Italie, où l’attente autour d’un retour au sommet du Cheval Cabré devient presque obsessionnelle. Une saison vierge de victoire serait vécue comme un drame national. Dans ce contexte, Leclerc, souvent perçu comme l’enfant prodige de la Scuderia, porte sur ses épaules bien plus que les espoirs d’un titre.
Quels scénarios pour la fin de saison ?
À trois Grands Prix de la fin du championnat, les perspectives sont minces mais pas nulles. Les circuits à venir – Suzuka, Interlagos et Abou Dabi – ne sont cependant pas traditionnellement favorables à Ferrari, même si l’écurie italienne y a parfois surpris par le passé.
À défaut de jouer pour le titre, la Scuderia doit désormais sauver l’honneur. Une victoire, ne serait-ce qu’une, redonnerait un peu de lustre à une saison difficile. Elle permettrait aussi d’aborder 2026 avec un minimum de confiance, alors que le nouveau règlement moteur – prévu pour cette échéance – redistribuera les cartes à tous les niveaux.
Pour Charles Leclerc, l’enjeu est double. Il s’agit non seulement de redorer le blason d’une équipe mythique, mais aussi de consolider sa position de leader naturel avant l’arrivée d’une génération montante de pilotes affamés. En attendant, les prochaines courses promettent d’être décisives pour Ferrari. Non pas pour un championnat, mais pour son image, son futur et sa crédibilité.