Depuis 2019, Charles Leclerc incarne l’espoir rouge. Talent brut, agressivité millimétrée et fidélité inébranlable à la Scuderia Ferrari : tout semblait aligné pour faire de lui le nouveau héros de Maranello. Pourtant, en ce début de saison 2025, le Monégasque court toujours après son premier sacre mondial. Et cette attente devient lourde, douloureuse, presque intolérable. Un poids que vient atténuer le soutien inattendu mais puissant de Luca di Montezemolo, ancien président emblématique de Ferrari.
Le soutien de Montezemolo : un aveu de difficultés structurelles
Dans une récente déclaration relayée par plusieurs médias italiens, dont la Gazzetta dello Sport, Luca di Montezemolo s’est positionné en défenseur de Charles Leclerc : « Leclerc est un très bon pilote, mais c’est un pilote qui voit les années passer sans gagner (…). Il est parfois critiqué pour sa prise de risques, mais il n’a pas le choix. Nous devons lui donner une voiture qui lui permette enfin de gagner, car il le mérite ».
Ces propos sonnent comme une critique claire de la stagnation technique de la Scuderia Ferrari. Depuis la saison 2022, malgré quelques coups d’éclat, Ferrari peine à offrir à ses pilotes un package suffisamment performant et surtout constant. Leclerc doit souvent compenser une monoplace en retrait en prenant davantage de risques, ce qui engendre erreurs et frustrations.
Montezemolo, qui a dirigé Ferrari entre 1991 et 2014, connaît par cœur les rouages politiques et techniques de Maranello. Son intervention publique n’est donc pas anodine. Elle souligne une vérité partagée par de nombreux tifosi : le problème n’est pas Charles Leclerc, mais bien la capacité de Ferrari à redevenir une machine à gagner.
Leclerc : entre loyauté et impatience grandissante
À 27 ans, Charles Leclerc n’est plus un rookie. Il est un pilier du projet Ferrari, enchaînant qualification magistrales, défenses musclées et remontées spectaculaires. Mais pour combien de temps encore ? Les nouvelles générations – Piastri, Norris, voire Antonelli dans les starting-blocks – s’installent aux avant-postes. Et Leclerc, lui, regarde les podiums s’éloigner lors des week-ends où la SF25 peine à tenir le rythme des Mercedes, Red Bull ou même McLaren.
Sa frustration est palpable. Dès la deuxième course de la saison à Djeddah, après une stratégie hasardeuse, il confiait au micro de Sky Sport F1 : « Ça commence à devenir vraiment frustrant. On donne tout, mais il nous manque encore ces quelques dixièmes qui changent tout. »
Ce sentiment, partagé par les ingénieurs et les fans, fait peser une immense pression sur Frédéric Vasseur, le directeur de la Scuderia depuis 2023. Réussira-t-il à transformer le potentiel duel Leclerc-Sainz (ou Bearman, selon l’évolution des remplaçants) en véritable bras armé contre les écuries dominantes ?
Quels enjeux pour Ferrari en 2025 ?
La saison 2025 marque un tournant stratégique pour Ferrari. Avec le règlement technique stable avant la révolution de 2026, l’écurie n’a plus d’excuse : elle doit performer. Le travail aérodynamique sur la SF25, les choix de développement, les exécutions en course : tout est passé au crible.
Leclerc, de son côté, attend. Il attend une monoplace capable de se battre pour la pole chaque samedi et de jouer la victoire tous les dimanches. Le soutien de Montezemolo est une piqûre de rappel pour les dirigeants actuels : Ferrari ne peut pas se contenter du rôle de challenger sympathique. Elle doit redevenir la référence.
Vers un tournant personnel pour Charles ?
À l’aube d’un marché des transferts 2026 qui promet d’être explosif, Leclerc reste une des cibles privilégiées des grandes écuries. Son contrat, renouvelé à long terme en 2024, démontre son engagement. Mais combien de saisons supplémentaires sans couronne pourra-t-il accepter avant de penser à de nouvelles couleurs ?
Le message de Montezemolo est clair : si Ferrari veut garder son joyau, elle doit lui offrir les armes d’un champion. Sans quoi, la plus belle alliance de la dernière décennie en F1 pourrait bien prendre fin prématurément.
Une chose est certaine : Leclerc mérite mieux. Et tout l’univers Ferrari le sait.