La rentrée de la Scuderia Ferrari en cette seconde moitié de saison 2025 n’a rien d’un conte de fées. Le Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort a viré à la débâcle, notamment pour Lewis Hamilton, victime d’un accrochage au 23e tour. Après une pause estivale censée apaiser les tensions et relancer la dynamique de l’équipe, le septuple champion du monde s’est retrouvé, une fois encore, au cœur de la tourmente. Retour sur un week-end noir pour la Scuderia et décryptage d’un début de collaboration toujours en quête d’équilibre.
Hamilton en galère : une greffe qui tarde à prendre
Lorsque Lewis Hamilton a enfilé la combinaison rouge en début d’année, le paddock s’était enflammé : enfin, l’union légendaire entre le pilote le plus titré de l’ère moderne et l’écurie la plus mythique de la Formule 1. Mais neuf mois plus tard, le bilan est loin des attentes. Zandvoort, théâtre du dernier naufrage en date, résume à lui seul les difficultés d’adaptation du Britannique chez Ferrari.
Après un week-end désastreux en Hongrie, où il avait admis être lui-même en-dessous de tout (« Je suis nul, Ferrari pourrait changer de pilote », avait-il lâché aux médias), Hamilton espérait laver l’affront dès la reprise. Peine perdue : à la lutte avec George Russell, il perd le contrôle de sa SF-24 à cause d’une légère sortie sur une bande de piste humide… et termine dans le mur. Résultat : zéro point pour lui comme pour Ferrari, Charles Leclerc ayant lui aussi abandonné.
Zandvoort devait être le début d’une remontée. Il aura simplement confirmé que la greffe Hamilton-Ferrari tarde à prendre, alourdissant une pression déjà omniprésente avant Monza…
Vasseur monte au front : soutien ou stratégie ?
Devant la série noire de son pilote, Frédéric Vasseur a choisi de ne pas enfoncer davantage Hamilton. Bien au contraire, le Team Principal de la Scuderia a pris la parole pour défendre son champion. « Le week-end a été difficile. Mais la réaction de Lewis après la Hongrie était très bonne. Il a progressé tout au long du week-end, il était dans le rythme de la voiture et même de Charles », a-t-il expliqué depuis le paddock, dans des propos relayés par la presse italienne.
Vasseur reconnaît l’erreur de pilotage, mais préfère saluer l’attitude : combative, impliquée. Le manager français cherche clairement à préserver un minimum de sérénité dans une équipe sous tension, à l’aube de l’événement-phare de la saison : le Grand Prix d’Italie à Monza, le 7 septembre. S’il n’est pas question pour l’instant de changer de pilote – Hamilton est sous contrat jusqu’en 2026 – ses performances actuelles ne peuvent être ignorées.
La défense de Vasseur en dit long sur la stratégie managériale adoptée : accompagner plutôt que sanctionner, maintenir une dynamique intérieure stable, surtout en période de crise.
Monza en ligne de mire : pression maximale pour Hamilton
Le prochain virage est crucial, tant sur le plan sportif que symbolique. Monza n’est pas une course comme les autres : c’est « la maison » de Ferrari, la scène d’attentes exponentielles, et désormais le théâtre d’un nouveau chapitre pour Hamilton. Il y disputera son tout premier Grand Prix d’Italie en rouge – un événement forcément scruté, attendu, surmédiatisé.
Un podium y changerait la donne. Il relancerait moral et confiance, tant pour le pilote que pour l’écurie. Mais un nouvel échec dès les premières semaines de rentrée pourrait en revanche ouvrir la porte à des questionnements plus profonds chez les tifosi, comme dans les hautes sphères de Maranello. Car si les erreurs sont compréhensibles, leur récurrence devient problématique dans une saison qui s’annonçait comme celle de la remontée Ferrari.
Ferrari en quête de cohérence pour accrocher le top 3 constructeurs
Au-delà du cas Hamilton, c’est toute la Scuderia Ferrari qui patine. Le double abandon aux Pays-Bas complique sérieusement la mission podium au championnat constructeurs. Avec Red Bull en tête, suivie de McLaren et Mercedes, chaque contre-performance creuse l’écart.
La SF-24 possède un potentiel indéniable, comme en témoignent les bons résultats de Leclerc plus tôt dans la saison. Mais le manque de constance – aussi bien en stratégie qu’en exécution – continue de freiner Ferrari dans sa quête de rédemption.
Pour espérer jouer les trouble-fêtes cette année, la Scuderia devra se montrer irréprochable à Monza : dans ses choix de réglages, dans sa gestion des pneus, mais surtout dans l’exploitation complète de ses deux pilotes.
Hamilton a désormais un objectif clair : faire oublier Zandvoort et prouver – enfin – qu’il peut triompher en rouge.