Après une première moitié de saison 2025 en demi-teinte, la Scuderia Ferrari s’apprête à entrer dans une phase cruciale de la saison avec une pression grandissante autour de Lewis Hamilton. L’attente était immense autour de l’arrivée du septuple champion du monde à Maranello, mais les résultats ne sont pour l’instant pas à la hauteur des ambitions. Et aujourd’hui, c’est un ancien pilote de la Scuderia qui exprime ses doutes de manière frontale.
Ivan Capelli met en lumière une ambivalence troublante chez Hamilton
Ivan Capelli, qui a brièvement piloté pour la Scuderia Ferrari en 1992, s’est exprimé dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. Son analyse sur le cas Hamilton est sans détour : « Lewis Hamilton ? Il mène une sorte de double vie. En dehors des circuits, c’est le champion que nous connaissons, mais une fois dans la voiture, il ne trouve pas de réponse à ses problèmes de pilotage. Je l’ai vu perdre le sourire qu’il avait dans les yeux. Ce qui faisait sa force, c’était de prendre l’équipe par la main dans les moments difficiles, mais il n’y arrive plus. » [(source : La Gazzetta dello Sport)](https://www.gazzetta.it/).
Le constat est rude mais pertinent. Sur les neuf premiers Grands Prix de la saison 2025, Hamilton n’est monté qu’une seule fois sur le podium, lors du GP d’Australie, et semble avoir du mal à exploiter pleinement le potentiel de la SF-25. Le Britannique ne cache d’ailleurs pas sa frustration : après le Grand Prix de Hongrie, il a publiquement avoué que « c’était une course à oublier » et qu’il n’avait « jamais été aussi loin de la voiture ». Ambiance électrique, donc, au sein du team rouge.
Ferrari et Hamilton : un mariage encore bancal ?
L’association Hamilton-Ferrari, officialisée en début de saison 2024, faisait rêver. Mais depuis son arrivée effective en 2025, les performances ne suivent pas. Pendant que Charles Leclerc parvient à maintenir Ferrari à flot avec deux victoires majeures (Imola et Montréal), Hamilton traîne la patte : des problèmes d’adhérence, des difficultés dans la gestion des pneus ou encore des performances qualif peu convaincantes ont marqué un début de saison laborieux.
D’un point de vue technique, la SF-25 semble pourtant avoir franchi un cap par rapport à sa devancière, notamment en termes d’appui aérodynamique et de constance en rythme de course. Cependant, Hamilton paraît ne pas encore avoir trouvé ses marques, que ce soit dans le style de conduite requis ou dans sa relation avec les ingénieurs de Maranello. Loin de son registre habituel chez Mercedes, le Britannique semble déconnecté, sinon en pleine phase de réadaptation.
Un enjeu stratégique pour la Scuderia Ferrari
Cet état de flottaison de Lewis Hamilton pose un réel enjeu stratégique pour la Scuderia Ferrari. Envisagé comme un atout d’expérience et un catalyseur de performance au sein de l’écurie, le Britannique peine à jouer ce rôle de leader. Pour Frédéric Vasseur, Team Principal de la Scuderia, il s’agit désormais de réactiver au plus vite le potentiel d’Hamilton tout en maintenant la dynamique positive instaurée avec Leclerc et les progrès visibles sur la monoplace.
La deuxième partie de saison s’annonce décisive. Avec des rendez-vous stratégiques comme Monza, Singapour ou Suzuka, Ferrari doit absolument capitaliser sur les enseignements de la trêve estivale. Aucune équipe ne peut se permettre de n’avoir qu’une seule voiture en mesure de jouer les premiers rôles lorsqu’on vise les titres Constructeurs et Pilotes. Comble de l’ironie : ce sont aujourd’hui les doutes d’un ancien pilote Ferrari qui mettent en lumière ce que beaucoup pensent tout bas.
Quel avenir pour Hamilton chez Ferrari ?
L’avenir de Lewis Hamilton chez Ferrari n’est évidemment pas menacé à court terme. Son contrat s’étend jusqu’à fin 2026, et Maranello mise sur lui pour contribuer au redressement du projet. Toutefois, une chose est claire : Ferrari attend une montée en puissance rapide. Si Hamilton n’est pas dans la capacité de renouer avec ses performances de référence, les questions sur sa motivation, son adaptation et son implication se feront de plus en plus pressantes.
La deuxième moitié de saison offrira à Hamilton l’occasion rêvée de faire taire les critiques et de démontrer qu’à 40 ans, il a encore les ressources pour briller sous la bannière rouge. Mais pour cela, il devra réconcilier ses deux visages — celui du showman charismatique en dehors des circuits, et celui du stratège implacable dans le cockpit. L’histoire de Lewis Hamilton chez Ferrari ne fait que commencer, mais elle pourrait bien prendre un tournant décisif dès ce week-end à Zandvoort.