Depuis l’annonce choc fin 2024 du transfert de Lewis Hamilton chez Ferrari pour la saison 2025, le monde de la Formule 1 vit une nouvelle ère. Le septuple champion du monde a quitté Mercedes, son équipe de toujours depuis 2013, pour tenter de relancer sa quête de titre au sein de la Scuderia. Un choix audacieux, qui divise les observateurs. Mais pour Damon Hill, champion du monde 1996, il s’agit d’une décision pleinement justifiée.
Un coup de poker validé par Damon Hill
Invité à s’exprimer sur la situation de Lewis Hamilton après ses premiers Grands Prix disputés sous les couleurs de Ferrari, Damon Hill n’a pas mâché ses mots. Dans des propos relayés par Motorsport NextGen, il a déclaré : « Je pense que c’était la bonne décision s’il voulait continuer à piloter. S’ils peuvent lui fournir une voiture compétitive, je pense que nous retrouverons le Lewis d’antan, au moins pour un temps. Il est plus difficile de conduire une voiture qui n’est pas compétitive quand on vieillit. Lorsqu’il a un soupçon d’espoir pour une victoire, il est de retour, mais il est très difficile de continuer à se battre. »
Cette sortie de Hill vient conforter l’idée que Hamilton a fait le bon choix malgré les difficultés initiales. Ferrari peine encore à égaler Red Bull en matière de rythme pur, et ses performances en début de saison 2025 reflètent une adaptation en cours. Pourtant, Hamilton garde une motivation incroyable à l’approche de ses 40 ans (il les fêtera le 7 janvier 2025), et son expérience pèse lourd dans le développement de la SF-25.
Les défis d’un changement historique
Ferrari n’a pas remporté le titre pilotes depuis 2007, avec Kimi Räikkönen. L’arrivée d’un pilote du calibre de Lewis Hamilton s’inscrit donc dans une stratégie à long terme : redonner à la Scuderia le lustre de ses années glorieuses. Mais intégrer Ferrari n’est jamais simple. Culture d’entreprise à part, pression médiatique constante en Italie et attentes des tifosi à leur paroxysme : Lewis savait à quoi s’attendre.
Les débuts ne sont pas idéaux. Avec seulement deux podiums sur les cinq premières courses de la saison, le Britannique reste dans l’ombre de Red Bull et parfois même de McLaren. Cependant, l’environnement Ferrari lui offre un nouveau souffle que Mercedes, engluée dans ses problèmes aérodynamiques post-règlement 2022, ne semblait plus pouvoir offrir. Damon Hill le souligne : « Chez Mercedes, il tournait en rond. À un moment, changer d’air est vital pour un compétiteur. »
L’effet Hamilton sur la Scuderia Ferrari
Au-delà des résultats bruts, Hamilton apporte une dynamique précieuse. Son travail avec les ingénieurs, son exigence technique et sa capacité à fédérer autour de lui contribuent déjà à faire évoluer la SF-25. On observe une approche plus méthodique dans la gestion des week-ends de course, et un dialogue plus fluide avec Charles Leclerc, son coéquipier chez Ferrari.
Même si les premiers mois n’ont pas encore conduit à une victoire, les progrès de la voiture sont notables, et les observateurs s’accordent à dire que Ferrari a réduit l’écart face à Red Bull. L’espoir d’un retour aux avant-postes reste intact.
L’âge, un facteur limitant ?
Damon Hill, tout en soutenant la décision de Hamilton, ne cache pas ses doutes sur la dimension physique et psychologique d’un pilote approchant la quarantaine. « Quand on vieillit, il devient plus difficile de rester au top pendant toute une saison, surtout si la voiture ne permet pas de jouer toujours devant. »
Ces propos résonnent fortement alors que le calendrier de la F1 compte désormais 24 Grands Prix, une charge éprouvante même pour les plus jeunes. Reste à voir si la motivation légendaire de Lewis pourra contrebalancer l’usure du temps. Mais si quelqu’un peut faire mentir les pronostics, c’est bien lui.
Conclusion : un pari à long terme
Le transfert de Lewis Hamilton chez Ferrari représente bien plus qu’un simple changement de livrée. Il symbolise une volonté claire de rompre avec la stagnation des dernières années à Brackley, et une ambition partagée avec Maranello : retrouver les sommets de la F1. Damon Hill, expert avisé de la discipline, confirme que ce choix, risqué mais réfléchi, pourrait bien être la clé du dernier chapitre légendaire de la carrière de Hamilton. Reste à savoir si Ferrari sera, enfin, à la hauteur du défi… et si Lewis pourra encore repousser les limites du temps.