Arrivé chez Ferrari en fanfare à l’annonce de la saison 2025, Lewis Hamilton était censé incarner le grand renouveau de la Scuderia. Après dix Grands Prix disputés, le bilan est pourtant saisissant : zéro podium dominical, des performances en berne, et un malaise croissant autour de l’icône britannique. Analyse d’un début de saison qui tranche avec les attentes.
Un début de saison 2025 à oublier pour Hamilton
Le transfert de Lewis Hamilton chez Ferrari avait tout d’un scénario hollywoodien. Septuple champion du monde, une aura incomparable, et une volonté affichée de relever l’un des derniers défis de sa carrière : ramener la gloire à Maranello. Pourtant, après dix courses, le rêve rouge semble s’étioler à grande vitesse.
Avec aucun podium dominical à son actif, Hamilton connaît son pire démarrage depuis sa toute première saison — c’était en 2007, chez McLaren. Même alors, il avait rapidement signé des podiums. En 2025, celui que l’on surnomme « le Roi Lewis » figure seulement à la 6e place du championnat pilotes. Un classement indigne de son envergure.
Dans le même temps, Mercedes — son ancienne écurie — continue de briller. George Russell, son ex-coéquipier, a récemment offert à la firme à l’étoile une victoire éclatante au Grand Prix du Canada. Un revers d’autant plus cuisant pour Hamilton, qui voit son successeur briller alors que lui peine à faire décoller son nouveau projet.
Le contraste avec Leclerc, révélateur des failles
Si la SF-25 n’est pas la monoplace la plus performante du plateau, elle a pourtant permis à Charles Leclerc d’engranger plusieurs podiums et beaux résultats. Le Monégasque, dans sa sixième saison avec la Scuderia, semble avoir trouvé un meilleur équilibre avec cette monoplace.
La situation interroge : pourquoi Hamilton, pourtant réputé pour sa capacité à s’adapter, souffre-t-il autant ? Les ingénieurs de Maranello notent que le style de pilotage extrêmement fluide du Britannique ne semble pas s’harmoniser avec les caractéristiques dynamiques de la SF-25. Là où Leclerc maximise un train avant plus incisif, Hamilton lutte à exploiter la charge aéro et souffre d’un manque de confiance dans les virages rapides.
Des tensions internes et une atmosphère pesante
En surface, Hamilton reste professionnel et mesuré dans ses déclarations. Mais les conversations captées en radio durant les Grands Prix parlent d’elles-mêmes. Le pilote britannique affiche une forme de résignation inédite, posant des questions techniques très aiguisées à son équipe, parfois sur un ton chargé d’amertume.
Les coulisses rapportent également une communication tendue entre le clan Hamilton et les ingénieurs de la Scuderia. Si Frédéric Vasseur, team principal de Ferrari, a appelé à la patience, rappelant que « le défi est immense pour tout nouveau pilote dans un environnement aussi complexe » (source : Ferrari Media Center), la pression monte.
Avec seulement quelques points d’avance sur des pilotes comme Oscar Piastri (McLaren) ou Carlos Sainz (toujours compétitif malgré son avenir incertain), Hamilton s’inscrit aujourd’hui dans le peloton plus que parmi les leaders.
Un pari risqué pour Ferrari… et pour Hamilton
Au-delà des résultats sportifs, cette association Hamilton-Ferrari devient un sujet stratégique. Ferrari a misé très gros sur l’image, l’expérience et l’impact marketing de son nouveau pilote vedette. Mais sans résultats tangibles, le risque de voir ce projet se transformer en fiasco est réel.
Pour Hamilton, à 40 ans cette saison, l’échéance est claire : il ne s’agit plus de construire sur le long terme. Chaque course compte. Et chaque échec creuse un peu plus le doute sur sa capacité à faire basculer la hiérarchie face à une génération désormais menée par Verstappen, Russell ou Norris.
Le second acte de la saison 2025 sera donc décisif. Ferrari peut-elle adapter la SF-25 à son pilote anglais ? Hamilton peut-il trouver les clés pour inverser la tendance ? L’histoire est encore à écrire, mais la Scuderia n’a plus le temps d’attendre.