Charles Leclerc a lancé son Grand Prix de Monaco avec panache… mais non sans frayeurs. Lors de la première séance d’essais libres (EL1), le Monégasque, en quête d’une victoire à domicile qui le fuit toujours, a dominé la feuille des temps malgré un accrochage impressionnant avec l’Aston Martin de Lance Stroll. Analyse d’une séance mouvementée mais révélatrice.
Un début de séance chaotique pour Leclerc à Monaco
Monaco. Son tracé étroit, ses murs impitoyables, et ce parfum unique de légende. Charles Leclerc, enfant du Rocher, avait naturellement à cœur de briller devant son public. Mais quelques minutes seulement après la sortie des stands en EL1, l’affaire prenait déjà une tournure inattendue.
Sur son premier tour lancé, Leclerc rate son freinage à Mirabeau, plongeant dans l’échappatoire sans conséquence. Un avertissement sans frais, mais symptomatique d’un manque d’adhérence ou d’une température de pneus insuffisante en ce début de roulage. Plus grave, quelques boucles plus tard, c’est à l’épingle du Grand Hôtel que le drame survient : alors qu’il s’élance en tour rapide, Charles heurte l’arrière de la voiture de Lance Stroll, qui roulait au ralenti.
Le drapeau bleu n’ayant pas été relayé à temps dans la radio du pilote canadien (selon les réactions captées sur Canal+ F1), Leclerc n’a pu éviter l’impact. Résultat : aileron avant arraché et retour aux stands immédiat pour Ferrari. Un timing contraint alors que les minutes sont comptées sur une séance de 60 minutes.
Dominateur malgré tout : Ferrari retrouve sa pointe de vitesse
Si l’incident aurait pu anéantir la confiance d’un autre pilote, Charles Leclerc a démontré une force mentale impressionnante. Après inspection et changement de l’aileron avant du côté gauche, la SF-24 numéro 16 ressort aussitôt. Et roule fort, très fort.
Dans les derniers instants de la séance, Leclerc claque un 1’11″682, meilleur temps de la session – et seul pilote à descendre sous la barre de la minute 12. Ferrari signe ainsi un signal fort face à Red Bull et McLaren, pourtant très attendus dans les rues monégasques cette saison.
Mais tout n’est pas parfait : même après son run rapide, Charles signale à la radio que « quelque chose ne va pas », laissant planer le doute sur l’intégrité complète de sa monoplace après le contact avec Stroll. Une préoccupation légitime sur un circuit où chaque millimètre compte et où la moindre vibration peut annihiler tout espoir de pole position.
Une Scuderia ambitieuse pour son week-end à Monaco
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la Ferrari semble à l’aise dans les virages serrés monégasques, un domaine où la Red Bull présente parfois plus de sous-virage. La forme de Charles Leclerc pourrait permettre à la Scuderia Ferrari d’espérer une pôle position très convoitée sur un tracé où dépasser est presque mission impossible.
Ajoutons à cela que Carlos Sainz a terminé en troisième position de la séance EL1, preuve de la bonne forme globale de la SF-24 malgré une piste encore verte. Frédéric Vasseur, directeur d’équipe, voit sans doute dans ce début de week-end les signes d’un potentiel coup stratégique à Monaco, bien aidé par la montée en puissance observée depuis les dernières courses.
Cependant, l’incident avec Stroll, s’il reste sans sanction, rappelle à quel point les essais libres ne sont pas à prendre à la légère. Dans un contexte de week-end sprint ou de météo changeante, toute perte de roulage ou d’assurance en début d’événement peut coûter cher à l’heure des qualifications.
Leclerc : vers un week-end de rédemption à domicile ?
Monaco a souvent refusé ses faveurs à Charles Leclerc, entre panne mécanique sur la grille en 2021 et crash en qualifications l’année précédente. Mais cette fois, le soutien populaire et la performance technique semblent bien alignés pour permettre au Monégasque de conjurer enfin le sort.
Reste à transformer l’essai : la précision maximale sera requise ce samedi pour espérer la pole. Et éviter tout nouveau contact malheureux…
Car dans la principauté, là où les murs se font rois, seule l’attaque millimétrée fait la différence. Et Charles Leclerc, plus que jamais, semble prêt à le prouver.