Le théâtre naturel de Suzuka a été le décor d’une seconde séance d’essais libres (EL2) aussi spectaculaire que frustrante pour les écuries, à commencer par Ferrari. Oscar Piastri a signé le meilleur temps de cette session mouvementée, mais les conditions particulières rendent l’analyse des performances complexe. Entre incidents en piste et interruptions inattendues, revue des faits marquants et décryptage côté Scuderia Ferrari.
Une séance mouvementée et peu révélatrice
Vendredi à Suzuka, les EL2 ont été fortement perturbés à plusieurs reprises. Au total, la session a été interrompue quatre fois, réduisant à seulement 20 minutes le temps effectif de roulage. Tout d’abord, Jack Doohan (Alpine), remplaçant pour l’occasion, a violemment percuté les barrières après avoir laissé son DRS ouvert en pleine courbe de Degner. Quelques minutes plus tard, Fernando Alonso (Aston Martin) partait au large, entraînant un nouveau drapeau rouge.
Mais l’inédit est venu de deux interruptions dues… à des feux d’herbe ! Les étincelles générées par les fonds plats des monoplaces ont mis le feu à la végétation bordant le tracé. Une situation inhabituelle qui a forcé les commissaires à intervenir, ralentissant considérablement la séance.
Sur le plan purement chronométrique, l’Australien Oscar Piastri (McLaren) a réussi un temps de 1’28’’114, devançant son coéquipier Lando Norris et un impressionnant Isack Hadjar (Racing Bulls), qui profite lui aussi du roulage offert aux rookies. Lewis Hamilton (Ferrari) termine 4e, tandis que Charles Leclerc, plutôt discret, ne s’est classé que 11e.
Ferrari : performances discrètes, mais aucune conclusion hâtive
Pour la Scuderia Ferrari, cette séance ne permet pas de tirer des enseignements concrets. Lewis Hamilton, en quête de cohérence avec la SF-24, a semblé à l’aise malgré les perturbations, réussissant un solide 4e chrono. De son côté, Charles Leclerc n’a pas pu maximiser le potentiel de sa monoplace sur un tour lancé, gêné par le trafic et les neutralisations à répétition.
Cette situation reflète un paradoxe courant lors des FP2 au Japon : les conditions météorologiques variables et la complexité du circuit rendent souvent les données imprécises. De plus, l’impossibilité de boucler de longs relais en raison des interruptions frustre largement les ingénieurs, qui peinent à valider les réglages en condition de course.
Frédéric Vasseur, directeur d’équipe Ferrari, a justement insisté sur le manque de roulage : « C’est difficile de se prononcer sur les performances, nous avons pu faire quelques tours, mais rien de suffisamment consistant pour juger en détail. », déclarait-il en fin de séance (source : Conférence de presse post-EL2, FIA).
Enjeux pour la suite du week-end : Ferrari peut-elle rebondir ?
Face à cette deuxième séance peu représentative, l’essentiel pour Ferrari sera de maximiser le roulage en EL3 afin d’affiner les réglages pour les qualifications, puis la course. L’un des points critiques reste la performance sur les longs relais, un domaine où la SF-24 montre encore des irrégularités, notamment sur les circuits à forte dégradation comme Suzuka.
Leclerc et Hamilton devront également composer avec une concurrence resserrée : McLaren affiche une belle forme, tandis que Red Bull semble plus discret — Max Verstappen n’a signé que le 8e temps — sans pour autant dévoiler tout son jeu. Chez Ferrari, on reste serein mais vigilant : la capacité à réagir vite et à exploiter chaque session restante sera clé.
La météo pourrait également jouer les trouble-fête, avec des averses annoncées pour samedi. Si tel est le cas, les qualifications offriront un spectacle encore plus imprévisible, mais aussi une opportunité pour Ferrari de tirer parti de l’expérience de ses deux pilotes sous la pluie.
Conclusion : prudence et préparation pour Ferrari
Ces EL2 à Suzuka n’auront guère permis d’établir une hiérarchie claire, mais ont eu le mérite de rappeler combien l’environnement naturel et technique du circuit japonais peut mettre à l’épreuve la stratégie et la préparation des écuries. Pour Ferrari, l’objectif est clair : rebondir dès l’EL3 avec un roulage efficace, confirmer les bonnes sensations de Hamilton et permettre à Leclerc de retrouver le rythme.
Un week-end encore ouvert, où la Scuderia pourra pleinement jouer ses cartes si elle parvient à naviguer entre les pièges d’un tracé aussi mythique qu’impitoyable.