Ferrari F1 : Hamilton va-t-il répéter l’erreur de Vettel chez les Rouges ?

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par Alex Marcol

Depuis son arrivée chez Ferrari en 2025, Lewis Hamilton connaît une saison en demi-teinte, marquant une première dans sa carrière : zéro podium après les douze premières courses. Si la Scuderia Ferrari espérait un renouveau avec l’arrivée du septuple champion du monde, la réalité est plus contrastée. Et une décision récente de Hamilton pourrait réveiller de douloureux souvenirs à Maranello : celle de jouer un rôle proactif dans les orientations techniques de l’équipe, exactement comme Sebastian Vettel l’avait tenté avant lui.

Hamilton chez Ferrari : une première saison frustrante

Recruté comme le messie rouge, Lewis Hamilton n’a pas tardé à découvrir les réalités d’une Scuderia encore en phase de transition. Contraint de composer avec une monoplace instable et capricieuse, le Britannique n’est jamais parvenu à accrocher un podium depuis sa première course sous les couleurs de Ferrari en mars dernier.

Construit autour du projet SF-25, censé concrétiser les promesses entrevues en 2024, le package technique de Ferrari s’est montré globalement inférieur face à des Red Bull, McLaren et Mercedes redoutablement efficaces. Hamilton, habitué à être au cœur du développement technique chez Mercedes, a choisi de s’impliquer activement pour inverser la tendance. Une démarche louable en soi, mais qui n’est pas sans rappeler un précédent… peu glorieux.

Vettel à Maranello : un précédent qui inquiète

En juillet dernier, Hamilton a confié avoir transmis plusieurs documents techniques à ses ingénieurs pendant la pause estivale : « Après les premières courses, j’ai rédigé un document complet pour l’équipe. Puis, pendant cette pause, j’ai envoyé deux autres documents », déclarait-il dans une interview relayée par motorsport.com. Dans ces rapports, le pilote identifie des ajustements organisationnels, des pistes de développement aérodynamique et des suggestions de rôle plus clair pour les départements R&D et stratégie.

Mais cette implication proactive n’est pas sans rappeler l’époque de Sebastian Vettel chez Ferrari. Entre 2015 et 2020, l’Allemand avait lui aussi tenté d’endosser un rôle plus global au sein de l’écurie. Il rédigeait des dossiers techniques à destination des ingénieurs, communiquait intensément avec les départements développement et simulation, espérant insuffler une dynamique de progrès.

Maurizio Arrivabene, ancien team principal de Ferrari (2014-2018), aujourd’hui consultant dans les paddocks, a exprimé publiquement ses craintes quant à cette démarche. Il rappelle que les rapports techniques de Vettel « n’avaient pas été bénéfiques » et « avaient nui à la relation entre les pilotes et les ingénieurs » (propos rapportés par motorsport.com).

Selon lui, « Quand un pilote commence à jouer les ingénieurs, c’est terminé. Il est là pour apporter un retour précis sur ce qu’il ressent au volant, mais chaque métier a ses rôles. Passer le cap, c’est risquer de brouiller les lignes et de créer des tensions internes. »

Un équilibre délicat à trouver

Alors qu’Hamilton espérait sans doute initier un changement de culture technique chez Ferrari, sa démarche reflète aussi l’urgence de résultats. Cependant, l’équipe italienne reste profondément hiérarchique, à la fois dans sa culture décisionnelle et dans la répartition des rôles. En jouant un rôle aussi central, le Britannique pourrait involontairement reproduire les erreurs de son prédécesseur – suscitant agacement ou défiance chez ceux censés interpréter ses retours.

L’enjeu est donc de taille : Hamilton doit apprendre à combiner son exigence professionnelle, forgée chez Mercedes, avec une approche collaborative propre à la structure Ferrari. De son côté, la Scuderia doit éviter les blocages que ces initiatives pourraient provoquer, notamment s’ils sont perçus comme des intrusions dans le domaine des ingénieurs maison.

Conclusion : une leçon de l’histoire à méditer

L’histoire de la Scuderia Ferrari est jalonnée de champions aux ambitions techniques affirmées… mais rares sont ceux qui ont réussi à transformer leurs envolées techniques en titres. Vettel en est un bon exemple. Hamilton pourrait éviter ce piège en adoptant une posture d’accompagnement influent mais mesurée. En d’autres termes : s’impliquer, oui. Diriger, non.

Avec une équipe en reconstruction, menée par Frédéric Vasseur, le défi est immense. Mais l’expérience du passé doit éclairer les choix du présent. Pour Hamilton comme pour Ferrari, l’équilibre entre implication et modestie stratégique pourrait bien faire la différence entre échec… et résurrection rouge.

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