Ferrari en crise : le moral de Lewis Hamilton au plus bas après le GP de Las Vegas

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par Alex Marcol

Depuis son passage très médiatisé chez Ferrari en début d’année, Lewis Hamilton n’a cessé de déchanter. Et après un Grand Prix de Las Vegas à la fois chaotique et frustrant, le septuple champion du monde a livré l’un de ses bilans les plus sombres en carrière. Retour sur un week-end symbolique d’une saison noire, dont Ferrari n’espérait certainement pas l’ampleur en janvier 2025.

Las Vegas : un espoir avorté pour Hamilton

Le scénario aurait pourtant pu faire illusion. Parti loin sur la grille, Lewis Hamilton a réussi une remontée spectaculaire de dix positions dans les rues illuminées de Las Vegas. Mais loin d’évoquer une performance satisfaisante, le pilote britannique s’est montré particulièrement amer à l’issue de la course : « À ce stade, il n’y aura plus de clic. J’ai tout essayé, à l’intérieur et à l’extérieur de la voiture. Je me sens très mal », a-t-il confié dans des propos relayés par Sky Sports F1.

Au-delà de la performance pure, c’est l’état d’esprit du pilote Ferrari qui inquiète : résignation, perte de repères techniques, et une confiance érodée par les courses décevantes qui s’enchaînent depuis Bahreïn. Alors que Ferrari misait sur sa nouvelle recrue star pour faire franchir un cap à la Scuderia, Hamilton semble désormais piégé dans une spirale où rien ne fonctionne. L’homme aux 103 victoires n’a même plus envie de faire les comptes : « Je ne sais même pas combien de points nous avons, mais à ce rythme, avec mes performances, il n’y a aucune chance de terminer P2. »

Une alliance Ferrari-Hamilton plombée par une dynamique négative

Arrivé chez Ferrari avec l’ambition de ramener le titre à Maranello, Lewis Hamilton vit pour l’instant ce qui s’apparente à une véritable traversée du désert. Au niveau technique, la SF-25 a montré des signes encourageants en début de saison, notamment avec Charles Leclerc, mais elle peine à offrir un compromis constant entre performance et fiabilité. Là où Leclerc arrive à maximiser ses opportunités — avec deux victoires à Monaco et Zandvoort — Hamilton semble lui systématiquement piégé par la stratégie, ou par une dégradation excessive de ses pneus.

Sur un plan psychologique, la frustration du septuple champion du monde interroge. Ferrari est-elle capable de lui fournir un environnement à la hauteur de ses exigences ? Ou bien subit-elle, elle aussi, la pression de devoir répondre à la fois aux attentes médiatiques, internes et sportives liées à la venue d’un pilote de ce calibre ?

Le fait que Leclerc ait prolongé jusqu’en 2028 n’a pas arrangé le sentiment d’isolement qu’éprouve Hamilton. Sa position de « nouveau venu » dans une structure fortement centrée sur le Monégasque a pu nuire à l’alchimie globale. Une situation à laquelle devra rapidement remédier Frédéric Vasseur, car si 2025 semble d’ores et déjà perdue, 2026 et le nouveau règlement moteur F1 offriront un nouveau cycle, crucial pour redonner des couleurs à Maranello.

Et maintenant ? Sauver l’honneur et penser à 2026

Il reste trois Grands Prix au calendrier 2025 : Qatar, Abu Dhabi et le Japon. Trois occasions de sauver l’honneur, ou à défaut, de préparer une reconstruction mentale pour la saison suivante. Le champion britannique devra compter non seulement sur un sursaut de son équipe, mais surtout sur une introspection psychologique afin d’éviter que cette année ne laisse des séquelles durables.

Chez Ferrari, l’heure est au doute. La Scuderia mise encore sur une deuxième place au championnat Constructeurs, mais la dynamique actuelle laisse craindre une domination totale de Red Bull et une menace sérieuse de Mercedes et McLaren.

Le pari Hamilton reste donc suspendu : celui d’un pari osé mais ambitieux, qui pourrait prendre tout son sens si l’homme retrouve sa verve et que la SF-26 le remet sur une trajectoire gagnante. Pour cela, le management de Ferrari devra s’unir derrière son pilote et forger dès aujourd’hui une cohésion technique et humaine solide. Car l’heure tourne, et les regrets ne remportent jamais de titres mondiaux.

Une saison noire pour Hamilton, mais peut-être un mal nécessaire pour une résurrection éclatante ? Seul l’avenir — et Ferrari — nous le dira.

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