Le décor est planté. Un strip illuminé, un as du volant frustré, et une Scuderia Ferrari aux prises avec ses propres limites. Le Grand Prix de Las Vegas 2025 s’annonce comme un tournant potentiel pour Charles Leclerc, mais aussi pour l’avenir de la saison des Rouges. Relégué en neuvième position à l’issue de qualifications piégeuses, le pilote monégasque sait qu’il n’a plus le droit à l’erreur. Entre désillusions répétées, performances en dents de scie et tension palpable, Ferrari entre dans la nuit américaine avec plus de questions que de certitudes.
Une SF-25 sous pression et un Leclerc dépassé
Ferrari abordait le week-end de Las Vegas avec l’espoir de réduire son écart sur Mercedes pour consolider la deuxième place au championnat constructeurs 2025. Mais la dynamique semble s’être renversée : sous des conditions météorologiques délicates — une fine pluie ayant compliqué l’adhérence nocturne — Charles Leclerc n’a pu faire mieux que le neuvième temps en Q3. Un résultat décevant, surtout au regard d’une monoplace encore trop instable pour le haut de grille. L’élimination de Carlos Sainz dès la Q1 n’a rien arrangé.
Malgré ses sept podiums cette saison, Leclerc n’a toujours pas remporté la moindre course en 2025, témoignant des limites du package proposé par la SF-25. La monoplace manque cruellement de régularité, oscillant entre éclairs de compétitivité et pertes d’adhérence chroniques. « Je veux me battre pour la victoire, pas pour la seconde place constructeurs », a-t-il déclaré avec amertume, cité par Motorsport.com (source : https://www.motorsport.com/). Un cri du cœur révélateur d’une frustration croissante.
Une course sous haute tension face à des rivaux en forme
La nuit de Vegas ne prédit rien de facile. Devant, Max Verstappen s’élancera en première ligne, accompagné d’un Lando Norris qui traverse la saison la plus solide de sa carrière. George Russell, quatrième sur la grille, offre à Mercedes une belle opportunité de consolider sa position. Ferrari, à l’inverse, voit les nuages s’accumuler. S’il veut marquer de gros points, Charles Leclerc devra exécuter une remontée parfaite, sans failles stratégiques ni imprécisions dans les stands.
« On va tout faire pour réaliser quelque chose de spécial. Mais on sait que ce ne sera pas simple », a reconnu Leclerc en conférence de presse relayée par Canal+ F1. Et pour cause : les dépassements seront piégeux sur un tracé partiellement urbain, rapide et exigeant sur les freins.
Pendant ce temps, l’autre Ferrari, celle de Carlos Sainz, partira très loin après une élimination catastrophique en Q1. Le pilote espagnol devra espérer un remake de Sao Paulo, où il avait sauvé l’équipe d’un zéro pointé en remontant depuis l’arrière.
Ferrari en quête de réponses alors que 2025 touche à sa fin
Au-delà des enjeux de Las Vegas, c’est bien toute l’année 2025 qui semble échapper à Ferrari. Aucun succès cette saison malgré une structure technique renforcée (avec la promotion de certains ingénieurs issus de l’ère Alfa Romeo/Sauber), un Charles Leclerc toujours fidèle mais de plus en plus vocal, et une McLaren désormais régulièrement plus rapide.
La Scuderia doit maintenant se poser les bonnes questions : Leclerc peut-il encore croire à un projet qui stagne ? L’arrivée de Frédéric Vasseur début 2023 avait relancé l’espoir, mais la transition peine à se traduire par des résultats tangibles. Le recrutement d’ingénieurs clés du WEC et le travail de long terme autour de la SF-26 pour 2026 semblent déjà reléguer 2025 au rang de saison sacrifiée.
À deux courses de la fin, chaque point compte dans la lutte contre Mercedes. Mais pour les tifosi, ce Grand Prix de Las Vegas a une signification symbolique : celle d’une équipe qui vacille entre promesse et déception… et celle d’un pilote qui refuse d’abdiquer.
Leclerc, Ferrari, Vegas : l’histoire s’écrit cette nuit, sous les néons et la pression.