Depuis le début de la saison 2025, la Scuderia Ferrari avait montré des signes encourageants en termes de performance sur piste sèche. Mais lors des qualifications du Grand Prix de Las Vegas, un ancien démon est venu hanter l’écurie de Maranello : son manque criant de compétitivité sous la pluie. Et ce samedi, Charles Leclerc est sorti de ses gonds, pointant du doigt un problème récurrent et profondément enraciné dans la philosophie technique de Ferrari.
Leclerc ne cache plus sa frustration après la débâcle de Las Vegas
Il y a des vérités qui dérangent, et Charles Leclerc les a mises sur la table au micro de Canal+. Qualifié neuvième après une séance marquée par des averses, le Monégasque n’en pouvait plus : « C’est ce qui nous manque depuis sept ou huit ans – depuis que je suis arrivé chez Ferrari – sous la pluie. […] On n’arrive tout simplement pas à utiliser le grip de la voiture. »
Le ton est ferme, l’agacement palpable. Depuis son arrivée dans l’écurie rouge en 2019, Leclerc fait face à un problème récurrent : une SF-23 – et désormais une SF-25 – totalement rétive aux conditions humides. Malgré des essais prometteurs sur le sec, la Scuderia est retombée dans ses travers dès que la pluie s’est invitée sur le Strip de Las Vegas.
Et ce ne sont pas seulement les propos de Leclerc qui font écho à cette faiblesse structurelle. Carlos Sainz et Lewis Hamilton, qui disposent chacun d’une expérience solide chez d’autres écuries (McLaren, Mercedes), ont eux aussi souligné les mêmes limites dès qu’ils se retrouvent au volant d’une Ferrari détrempée. Le diagnostic est donc commun, et l’heure n’est plus aux excuses.
Ferrari et la pluie : une faiblesse structurelle jamais résolue
Le mal est profond. Les ingénieurs de Maranello n’arrivent pas à maximiser l’adhérence mécanique et aérodynamique de leurs monoplaces sur piste mouillée. Concrètement, les pneus pluie et intermédiaires ne montent pas suffisamment en température, et la voiture perd en constance, en feeling et surtout en confiance pour le pilote.
Ce phénomène n’est pas nouveau. Déjà en 2021, Ferrari avait été à la peine en Turquie et à Spa, deux circuits où la gestion du grip sous la pluie est cruciale. Depuis, malgré les changements de réglementation technique et aérodynamique, le problème survit. En cause ? Une approche conservatrice de la répartition des masses et un équilibre aérodynamique souvent trop pointu, qui pénalise les pilotes lorsque les conditions deviennent imprévisibles.
Un enjeu crucial pour les ambitions mondiales de Ferrari
Charles Leclerc l’a dit clairement — et c’est un message codé à destination du département technique dirigé par Enrico Cardile : « On essaie vraiment tout pour trouver quelque chose dans ces conditions-là. » Une déclaration qui en dit long sur l’urgence de la situation.
En 2025, Ferrari ne peut plus se contenter de cibler des podiums à la régulière sur piste sèche. Si l’écurie veut accrocher Mercedes, McLaren ou Red Bull dans la course au titre, elle doit impérativement améliorer la gestion de ses performances en conditions instables. Car la probabilité de pluie sur près d’un tiers du calendrier mondial oblige les équipes à être prêtes pour chaque scénario.
De plus, la frustration grandissante de Leclerc, pilier de la stratégie long terme de Ferrari, augmente la pression sur Frederic Vasseur. Le team principal devra convaincre non seulement son pilote, mais aussi la cellule technique, de se doter des outils – simulateur, corrélation piste-soufflerie, logiciel de modélisation des gommes – capables de résoudre cette énigme vieille de presque une décennie.
Conclusion : Charles Leclerc donne l’alarme. Ferrari doit changer maintenant
Le coup de gueule de Charles Leclerc n’est pas un simple accès de colère. C’est le cri lucide d’un pilote au sommet de son art, qui refuse d’accepter la fatalité. Et dans une Formule 1 2025 ultra-compétitive, Ferrari n’a plus le luxe d’ignorer un défaut aussi majeur. Oui, l’ADN Ferrari est synonyme d’excellence technique. Mais sans solution concrète aux défaillances sous la pluie, ces ambitions resteront lettre morte. La Scuderia doit frapper fort, et frapper vite.