Ferrari : Jenson Button défend Hamilton et recadre sévèrement John Elkann

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par Alex Marcol

Alors que la saison 2025 bat son plein, Ferrari fait une nouvelle fois les gros titres — non pas pour une victoire flamboyante, mais à cause d’une tempête interne qui secoue la Scuderia. Au centre du cyclone : Lewis Hamilton, septuple champion du monde, et John Elkann, président de Ferrari. Une sortie médiatique du dirigeant a déclenché l’ire d’anciens pilotes, dont un particulièrement respecté : Jenson Button.

Le clash Elkann-Hamilton : une communication qui divise

Durant une interview donnée récemment, John Elkann s’est exprimé publiquement sur les performances de ses pilotes. Dans cette intervention très directe, le président de la Scuderia a exhorté Charles Leclerc et Lewis Hamilton à « parler moins à la presse et davantage sur la piste ». Une remarque bien mal perçue, notamment parce qu’elle semblait directement viser le pilote britannique, dont l’adaptation chez Ferrari reste difficile.

Entré chez la Scuderia en 2024, Hamilton connaît une première saison compliquée. La SF-25, bien que compétitive sur certains circuits, manque toujours de constance, et les stratégies en course ont parfois laissé le pilote septuple champion du monde sans arme face aux Red Bull et McLaren. Malgré cela, Hamilton affiche une volonté de fer et une implication totale dans ce projet rouge, qui vise à retrouver les sommets après plus d’une décennie sans titre constructeurs.

Jenson Button monte au créneau pour défendre son compatriote

C’est dans ce contexte brûlant que Jenson Button, champion du monde 2009, a pris position. Lors d’une interview relayée par Motorsport Next Gen, l’ancien pilote britannique n’a pas mâché ses mots à l’encontre de John Elkann. Pour Button, ce genre de reproche n’a tout simplement rien à faire sur la place publique :

> « John n’a que deux voitures dans le garage rouge. Il est très facile de trouver son pilote de course, d’aller lui parler et de lui dire : ‘Ce n’est pas cool, ce n’est pas comme ça que nous travaillons en équipe' ».

Button pointe ici une faille majeure dans la gestion humaine au sein de Ferrari : l’incapacité à régler les tensions en interne. Dans une structure aussi iconique et exposée que Ferrari, chaque mot du président pèse lourd, et une telle déclaration ne fait qu’ajouter de la pression sur une équipe déjà sous les projecteurs chaque week-end.

La défense du pilote britannique est d’autant plus fondée que Hamilton, malgré les difficultés techniques rencontrées, continue de se battre avec rigueur et d’investir son énergie dans le développement de la monoplace. L’intégration de l’ancien pilote Mercedes demande du temps, tout comme son travail d’ajustement avec les ingénieurs de Maranello.

Une gestion de crise symptomatique des défis internes chez Ferrari

Ce nouvel épisode soulève une problématique récurrente : la communication parfois bancale de la direction de Ferrari. Depuis plusieurs saisons, les prises de parole publiques de certains dirigeants ont pu accentuer les tensions en interne, là où d’autres structures favorisent la transparence discrète et le soutien aux pilotes.

En s’exprimant ainsi, Elkann renforce l’image d’une équipe souvent victime de son propre poids historique. Le succès de Ferrari passe aussi par une culture d’équipe forte, où chacun — des mécanos aux dirigeants — œuvre dans une même direction. Lorsqu’un président critique publiquement ses pilotes, c’est toute l’unité du projet qui est fragilisée.

Ce n’est pas la première fois qu’un membre influent de Ferrari s’exprime de manière malheureuse : on se souvient des tensions en 2023 autour de la stratégie, lorsque des communications radio avaient fuité, exposant le manque de clarté des consignes données à Leclerc. Avec l’arrivée d’Hamilton en 2024, les attentes étaient énormes. Mais au lieu de bâtir sur une culture de confiance, ce genre de polémiques risque de parasiter les efforts collectifs.

L’avenir : pression ou résilience ?

Le message est clair : chez Ferrari, la pression est une constante. Mais comme le rappelle Button, elle pourrait être mieux canalisée. Le soutien public d’une légende comme lui n’est pas anodin. Il souligne également une chose : malgré les critiques, Hamilton reste un pilier très respecté dans le paddock. Et s’il parvient à inverser la vapeur avec Ferrari, ce sera avec professionnalisme, travail et, espérons-le, un peu plus de sérénité.

Les prochaines courses seront donc décisives, non seulement sportivement, mais aussi dans la manière dont l’écurie italienne choisira de gérer ses affaires internes. Pour que le rêve rouge redevienne réalité, l’unité devra primer sur la division.

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