Ferrari sous pression : quand John Elkann se heurte au soutien de Steiner pour Leclerc

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par Alex Marcol

Ces dernières semaines, la Scuderia Ferrari s’est retrouvée au cœur d’une polémique inattendue : loin des batailles en piste, ce sont les mots de son président, John Elkann, qui ont déclenché une vive réaction dans le paddock. Loin d’être anodines, ses déclarations sur ses propres pilotes, Charles Leclerc et Lewis Hamilton, ont fait réagir jusqu’à Günther Steiner, l’ancien patron impétueux de Haas F1. Décryptage d’une tension qui en dit long sur l’ambiance au sein de la maison rouge à l’aube de la saison 2025.

Les propos d’Elkann : une stratégie de communication à double tranchant

C’est dans une récente prise de parole relayée dans plusieurs médias italiens que John Elkann, président de Ferrari, s’est exprimé de manière plutôt directe sur les performances récentes de son duo de pilotes. Selon lui, Charles Leclerc et Lewis Hamilton « devraient parler moins dans les médias et mieux piloter sur la piste ». Une déclaration qui a rapidement fait le tour du paddock, suscitant interrogations et critiques.

Si l’objectif d’Elkann était d’insuffler un électrochoc ou de rappeler les attentes élevées associées au Cavallino Rampante, le message n’est pas passé comme prévu. En s’en prenant publiquement à ses pilotes — tout particulièrement à Leclerc, pourtant pilier de l’équipe depuis 2019 — Elkann a semblé désavouer leur engagement sans même évoquer le rôle de la direction technique ni celui du team principal Frédéric Vasseur. Une sortie jugée risquée tant en interne qu’en externe.

Günther Steiner contre-attaque : « Mauvais leadership »

Interrogé sur le podcast The Red Flags, Günther Steiner, désormais propriétaire de l’écurie Tech3 en MotoGP après son départ de Haas, est monté au créneau pour défendre Charles Leclerc. L’Italo-autrichien, réputé pour sa franchise, n’a pas mâché ses mots :

« Il a le droit de critiquer, car au final, c’est lui le patron, mais je pense qu’il ne devrait pas le faire en public », a-t-il déclaré, ajoutant que John Elkann faisait preuve de « mauvais leadership ».

Steiner est allé plus loin, soulignant à quel point Charles Leclerc est un pilote investi et irréprochable sur le plan professionnel : « Charles met tout son cœur et son âme dans ce travail. Que voulez‑vous de plus de Charles ? Ce n’est pas montrer un bon leadership que de dire en public : ‘Vous êtes nuls’. » Il s’étonne également du silence prolongé autour de Frédéric Vasseur, qui semblait indirectement exclu du débat.

Des tensions révélatrices d’un manque de cohésion ?

Cette polémique révèle une réalité parfois oubliée : la direction d’une écurie de Formule 1 ne se limite pas à la stratégie en piste. Elle repose aussi sur une politique interne cohérente, une communication maîtrisée, et – surtout – une culture de la responsabilité collective.

En critiquant ses pilotes sans évoquer les faiblesses techniques ou stratégiques de l’équipe, Elkann a rompu un équilibre fragile. Le soutien de Steiner à Charles Leclerc montre que, au-delà des murs de Maranello, la perception du travail du Monégasque est très positive.

Quand on sait que Ferrari n’a plus remporté de titre pilotes depuis 2007, ni constructeurs depuis 2008, chaque décision – et déclaration – à ce niveau pèse lourd. La venue de Lewis Hamilton en 2025 alimente de grandes attentes. Mais les défis techniques restent entiers, et les résultats ne suivront que si la Scuderia agit comme un bloc uni.

Une pression accrue sur la saison 2025

Le contexte sportif ne favorise pas les tensions internes. Avec Mercedes affaiblie par le départ d’Hamilton, et Red Bull toujours solide malgré un hiver agité sur le plan réglementaire, Ferrari a une opportunité devant elle. L’arrivée de l’octuple champion du monde a pour vocation d’offrir un coup d’accélérateur à la Scuderia. Mais cela ne pourra fonctionner que si chaque acteur de l’équipe évolue avec confiance et solidarité.

Elkann devra désormais veiller à conjuguer exigence et soutien, car ce genre de sortie publique pourrait éroder la cohésion que Frédéric Vasseur tente de bâtir depuis son arrivée. La saison 2025 pourrait être décisive non seulement pour les ambitions sportives de Ferrari, mais aussi pour l’image de leadership de son président.

La Formule 1 moderne ne laisse que peu de place aux divisions internes, surtout à l’heure où le retour au sommet devient une priorité nationale pour les tifosi.

Dans ce contexte, les mots peuvent peser aussi lourd qu’un arrêt aux stands raté.

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