Le Grand Prix du Brésil 2025 restera dans les mémoires, mais pas pour les bonnes raisons si l’on s’appelle Lewis Hamilton ou Oscar Piastri. Tous deux ont vécu un dimanche noir sur le circuit d’Interlagos, concluant leur week-end sur un double coup de massue : une course catastrophique suivie de sanctions supplémentaires infligées après l’arrivée. Alors que Lando Norris a brillé en s’adjugeant la victoire devant Kimi Antonelli et Max Verstappen, ses deux homologues ont vu leurs espoirs s’effondrer dès les premiers tours.
Hamilton : abandon prématuré, pénalités en cascade
Le week-end brésilien avait pourtant bien débuté pour Lewis Hamilton, qui espérait capitaliser sur une bonne performance de la Ferrari SF-25. Mais dès le départ, tout s’est effondré. Après un contact avec Carlos Sainz, le septuple champion du monde a percuté l’Alpine de Franco Colapinto, incident qui a gravement endommagé l’aileron de sa monoplace. « Ce genre de départ, on le redoute tous. Cela ruine une course en un instant », indiquait un membre de la Scuderia Ferrari à la presse après l’abandon du pilote britannique.
La Direction de Course, après enquête, a infligé à Hamilton une pénalité de cinq secondes pour responsabilité dans la collision. Mais la sanction ne s’est pas arrêtée là : un point a été ajouté à sa super-licence FIA. Il en totalise désormais trois sur les douze derniers mois, une donnée à surveiller de près dans un championnat aussi tendu. Ces points, rappelons-le, peuvent mener à une suspension de course à partir de 12 accumulés.
Si cette sanction ne change rien au résultat de course d’Hamilton, elle marque symboliquement une période difficile pour le vétéran britannique, dont l’adaptation à Ferrari reste sous les projecteurs depuis son transfert spectaculaire en provenance de Mercedes début 2025.
Piastri sous pression : incidents et menace de suspension
Oscar Piastri, de son côté, a également vécu une journée frustrante à Interlagos. Cinquième à l’arrivée, il a pourtant été doublement sanctionné. Déjà pénalisé de 10 secondes en course pour un accrochage lors du restart derrière la voiture de sécurité, l’Australien a été déclaré responsable d’un contact avec Kimi Antonelli. Ce dernier, mis en déséquilibre, a heurté la Ferrari de Charles Leclerc, forçant le Monégasque à abandonner prématurément, suspension avant gauche cassée.
Mais c’est après le baisser du drapeau que l’addition s’est alourdie : Piastri a reçu deux points de pénalité supplémentaires sur sa super-licence. Avec huit points en douze mois, il s’approche dangereusement du seuil fatidique des 12 qui entraînerait automatiquement une course de suspension, comme le prévoit le Code Sportif International de la FIA. Pour McLaren, dont le coéquipier Lando Norris vient de prendre la tête du championnat pilotes, une telle sanction serait un coup dur en pleine lutte pour les deux titres mondiaux.
La sévérité des commissaires reflète une volonté claire de la FIA de renforcer la régulation en matière de comportements en course, notamment en période de restart – moment souvent chaotique, comme on l’a vu au Brésil. La Direction de Course entend envoyer un message fort aux pilotes, surtout dans une saison 2025 aussi disputée.
Quel impact pour Ferrari ?
Du côté de la Scuderia, l’incident impliquant Hamilton et les conséquences pour Leclerc occupent l’attention. Non seulement la course s’est soldée par un double zéro pour les Rouges – une rareté cette saison – mais la dynamique positive entrevue en début d’année semble s’éroder au profit de McLaren et Mercedes. Les prochaines courses en Amérique du Nord et en Asie seront décisives pour Ferrari, qui ne peut se permettre de perdre davantage de terrain au championnat constructeurs.
Pour Frederic Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, la gestion de la pression et le retour à une stratégie solide seront essentiels pour redresser la barre. Le développement de la SF-25, prometteuse sur certains tracés, devra s’accélérer et l’équipe devra éviter les erreurs opérationnelles en qualifications comme en course. L’épisode brésilien est une piqûre de rappel : en Formule 1, chaque détail compte.
Conclusion : tension maximale en vue de la fin de saison
Avec un championnat 2025 plus compressé que jamais, ces sanctions viennent rappeler l’importance d’une discipline constante et d’une capacité à éviter les accrochages coûteux. Pour Hamilton, encore en phase d’adaptation chez Ferrari, et pour Piastri, jeune talent en pleine conquête d’un statut de leader chez McLaren, l’heure est à la concentration maximale. Dans ce contexte brûlant, chaque Grand Prix devient un champ de bataille, et le moindre faux pas peut peser lourd sur le titre comme sur la réputation.