Depuis plusieurs courses, la Scuderia Ferrari traverse une zone de turbulences. À Singapour, la situation est devenue critique : une performance décevante, des rumeurs internes et des problèmes techniques persistants. Pourtant, jusqu’à maintenant, un silence pesant entourait les causes réelles de ces contre-performances. C’est enfin terminé. Matteo Togninalli, responsable des ingénieurs piste chez Ferrari, a pris la parole. Et ses explications jettent une lumière crue sur les limites de la SF-25.
Un aveu technique sur la gestion des freins à Singapour
Ce n’est un secret pour personne : le Grand Prix de Singapour est un véritable juge de paix pour les mécaniques et stratégies d’optimisation. Entre la chaleur, le tracé urbain et les longues phases de freinage, cette épreuve pousse chaque écurie dans ses retranchements. Ferrari n’y a pas échappé. Pire : elle en est sortie fragilisée.
Matteo Togninalli s’est exprimé pour la première fois cette saison sur le sujet. Dans des propos relayés par la Scuderia Ferrari, il justifie les défaillances constatées en fin de course : « Singapour est un circuit particulièrement exigeant en matière de refroidissement des voitures. […] Nous avons terminé sans freins lors des quatre derniers tours de la course. »
Cette déclaration transparente dévoile une stratégie volontairement risquée de la part de Ferrari, qui a privilégié une configuration technique agressive. L’objectif ? Maximiser la performance, quitte à flirter avec le seuil critique en matière de gestion thermique. Mais ces choix ont eu un prix, celui du compromis – ou de l’erreur, comme Togninalli le reconnaît lui-même sans détour.
Des choix assumés, mais des erreurs reconnues
Ce qui marque les esprits, c’est la sincérité avec laquelle Togninalli admet les failles du système mis en place. « Nous avons été trop agressifs, nous avons commis des erreurs », affirme-t-il. Ferrari a voulu jouer sur le fil, mais a fini par se brûler. Ces erreurs, selon lui, ne doivent plus se reproduire.
La prise de conscience semble réelle : les ingénieurs de Maranello sont désormais à pied d’œuvre pour analyser en profondeur les données (notamment celles de la télémétrie issue de Singapour). Cette enquête technique vise à identifier précisément l’origine des surchauffes et à ajuster les protocoles de simulation et de stratégie, notamment pour des rendez-vous aussi exigeants que le futur Grand Prix du Mexique.
La déclaration intervient également dans un contexte de tensions internes alimentées par des rumeurs de désaccord entre le patron de la Scuderia Frédéric Vasseur et Togninalli lui-même. Si aucun communiqué officiel n’a confirmé ces divergences, la pression est palpable dans le camp rouge. Et la lucidité de Togninalli sert à calmer les spéculations et à réinstaurer un climat de responsabilité plutôt que de crise ouverte.
Quels enjeux pour Ferrari dans cette seconde moitié de saison 2025 ?
Alors que la concurrence menée par Red Bull et Mercedes reste féroce, Ferrari se montre comme l’écurie aux performances en dent de scie. Au-delà des simples résultats en piste, les dernières semaines ont mis en lumière une chose essentielle : la Ferrari SF-25 a des qualités certaines, mais elle reste très sensible aux conditions extrêmes.
Singapour a donc révélé une faiblesse structurelle dans la gestion thermique de la monoplace, qui devra être corrigée pour éviter que cela ne devienne un point noir sur les circuits en altitude ou dans des conditions chaudes. À l’approche du Mexique, haut perché et exigeant sur la mécanique autant que sur le refroidissement, tous les regards seront braqués sur la capacité de la Scuderia à tirer les leçons de ses maladresses passées.
Entre aveu d’erreurs techniques, pression interne et ambition de redressement, Ferrari joue gros dans cette deuxième moitié de saison 2025. Pour Matteo Togninalli, c’est aussi une question de crédibilité dans la gestion du département technique. Son intervention, rare mais attendue, tombe à point nommé pour montrer que la maison rouge reste lucide – et motivée à corriger le tir.