C’est un message à la fois solennel et enflammé que John Elkann, président de Ferrari, a adressé à la planète F1 lors du Capital Markets Day 2025. Dans une période où la Scuderia doit affronter des vents contraires au championnat du monde de Formule 1, le dirigeant prend la parole pour sonner la révolte. Avec un discours ancré dans l’émotion, la tradition et une ambition renouvelée, Elkann rappelle à tous que Ferrari reste bien plus qu’un constructeur : c’est une cause, un symbole, une légende en marche.
Un discours stratégique dans un contexte difficile
Alors que Ferrari peine à suivre le rythme de McLaren, leader incontesté de la saison 2025, la Scuderia doit faire face à une pression énorme. Lewis Hamilton, arrivé cette saison pour conquérir un huitième titre mondial, et Charles Leclerc, enfant de Maranello, luttent avec une monoplace toujours en manque de constance. Malgré quelques podiums arrachés avec combativité, la performance pure reste en retrait des attentes.
C’est dans ce climat tendu que John Elkann a décidé de prendre la parole : « Ferrari n’est pas une entreprise, c’est une affaire personnelle », a-t-il lancé, cité par TuttoSport. Plus qu’un slogan, une déclaration de guerre à la médiocrité et un appel à l’unité, adressé autant aux ingénieurs de Maranello qu’aux tifosi dans les tribunes.
Elkann a volontairement évité les bilans chiffrés pour se concentrer sur les valeurs qui forgent l’ADN de Ferrari : passion, ténacité, excellence. Ce repositionnement symbolique vise à solidifier le lien émotionnel entre la marque et son public, mais aussi à rappeler que les plus grandes périodes de Ferrari F1 ont souvent succédé à des phases de doutes.
Le Mans, miroir du potentiel futur
Si la Scuderia peine à retrouver la voie du succès en Formule 1, elle triomphe avec éclat ailleurs. En s’imposant pour la troisième année consécutive aux 24 Heures du Mans, Ferrari prouve que son savoir-faire technique et humain reste une référence mondiale. Une domination en endurance qui contraste avec les difficultés en monoplace, mais qui inspire une dynamique interservices entre les branches compétition.
Elkann ne s’y trompe pas et utilise cette réussite comme levier : « Nous avons conquis ce trophée pour toujours », affirme-t-il. Une phrase forte, qui sert à projeter la Scuderia vers un avenir où performance et durabilité ne sont pas opposées. Car l’autre grand axe de son discours est limpide : Ferrari restera Ferrari, tout en s’adaptant à la transition énergétique et technologique de la discipline.
La promesse du président est claire : continuer à innover sans jamais trahir l’héritage. L’électrification partielle des prochains véhicules, le développement durable et intelligent de technologies hybrides en F1 comme en auto de série s’inscrivent dans cette perspective.
L’unité comme moteur de relance
En appelant à l’unité des acteurs de Ferrari, Elkann vise aussi à conforter le duo Vasseur-Hamilton. Si le Français poursuit la réorganisation interne amorcée en 2023, il demeure sous pression. Le soutien public du président signifie également que la direction maintient la feuille de route actuelle, malgré les turbulences sportives.
Le discours marque donc un tournant : moins axé sur un redressement immédiat que sur la construction d’un cycle vertueux, où toutes les victoires – techniques, humaines, émotionnelles – comptent. Et où la F1, malgré les hauts et les bas, est encore et toujours le terrain sacré où Ferrari cherche à briller.
Pour les passionnés comme pour les observateurs, ce signal donné par le plus haut sommet de la maison de Maranello ne laisse place à aucun doute : la bataille continue. Dans un championnat toujours plus compétitif, Ferrari doit retrouver l’étincelle. Au vu de l’impulsion lancée par Elkann, 2025 pourrait bien être l’année fondatrice d’un retour en force. Reste à transformer l’intention en action concrète sur la piste.