Alors que la bataille entre légendes modernes de la Formule 1 alimente les débats depuis plusieurs saisons, une voix autorisée s’invite dans ce duel d’exception. Jenson Button, champion du monde 2009 et fin connaisseur des arcanes de la F1, a récemment déclaré que Max Verstappen surpassait désormais Lewis Hamilton. À l’heure où la Scuderia Ferrari scrute attentivement ses principaux concurrents, cette sortie soulève des questions fondamentales sur l’évolution de la discipline… et sur les armes nécessaires pour (re)conquérir le sommet.
Un duel de géants : Lewis Hamilton vs Max Verstappen
D’un côté, Lewis Hamilton, septuple champion du monde, loin devant au palmarès avec 105 victoires, 202 podiums et 104 pole positions (statistiques en date de début 2025). De l’autre, Max Verstappen, quadruple champion en titre, dominateur absolu des dernières saisons avec Red Bull Racing. Si sur le papier Hamilton garde l’ascendant, la dynamique récente et l’impact en piste du Néerlandais ont rebattu les cartes.
Jenson Button, qui fut le coéquipier de Hamilton chez McLaren de 2010 à 2012, ne tarit pas d’éloges sur les deux hommes, mais il tranche : « Max est le pilote de F1 le plus complet qui ait jamais existé », a-t-il affirmé sans détour dans une interview relayée par Sky Sports (janvier 2025).
Le jugement de Button repose autant sur l’observation que sur l’expérience directe. Il rappelle les fulgurances de Hamilton, capable de sortir un tour magique de nulle part, mais il insiste sur la capacité unique de Verstappen à transcender sa machine, quelles que soient les circonstances. Un talent brut, forgé dès l’adolescence, aujourd’hui maîtrisé avec une maturité déconcertante.
Ce que cela révèle sur la stratégie de Ferrari en 2025
Pour la Scuderia Ferrari, cette appréciation ne doit pas être vue comme un simple hommage à un rival. Elle met en lumière un enjeu stratégique central : disposer en interne de pilotes capables de rivaliser avec cette génération exceptionnelle de talents.
En 2025, Ferrari mise sur le duo Charles Leclerc – Oliver Bearman. Le Monégasque, en poste depuis 2019, est toujours en quête de constance pour franchir le dernier palier. Bearman, rookie talentueux issu de la Ferrari Driver Academy, impressionne par sa capacité d’adaptation. Mais le standard fixé par Verstappen oblige à viser l’excellence absolue, en pilotage comme dans la gestion de course.
L’analyse de Button résonne aussi comme un avertissement : dans une Formule 1 moderne de plus en plus homogène sur le plan technique, ce sont les pilotes capables de « faire plus avec la voiture » qui font la différence. Ferrari, malgré les progrès de son SF-25 en termes de rythme de course, d’exploitation des gommes et de stratégie, sait que l’atout pilote reste décisif dans la conquête du titre.
L’impact à long terme sur le marché des transferts
Les propos du champion 2009 renforcent aussi la position dominante de Verstappen sur le marché des transferts. Sa loyauté à Red Bull étant régulièrement remise en question depuis les tensions internes début 2024, des écuries comme Mercedes (post-Hamilton) ou même Ferrari l’observent de près. L’Italienne n’a jamais caché son intérêt pour le Néerlandais, même si la stabilité actuelle du duo Leclerc-Bearman semble convenir à Vasseur.
Mais à l’horizon 2026 et l’arrivée du nouveau règlement technique, Verstappen pourrait être tenté par un nouveau défi. Une équipe comme Ferrari, en pleine reconstruction stratégique et sous la direction de Frédéric Vasseur, pourrait être une terre d’accueil séduisante… à condition d’aligner les bonnes garanties techniques.
Conclusion : quelle leçon pour la Scuderia ?
Au-delà de la comparaison entre deux icônes contemporaines, l’analyse de Jenson Button pointe vers une vérité fondamentale de la Formule 1 moderne : la différence ne se fait plus uniquement avec un moteur, une aéro ou un concept novateur… mais avec un pilote capable d’utiliser chaque pourcentage de potentiel exploitable. Ferrari devra continuer à soutenir ses pilotes, mais aussi à s’assurer que leur courbe de progression les amène au niveau de celui que beaucoup considèrent, comme Button, comme le pilote numéro un de la grille en 2025.
Et si cette réflexion invite à l’admiration, elle rappelle aussi une réalité claire pour Ferrari : battre Max Verstappen n’est plus un objectif… c’est une nécessité pour redevenir champion du monde.