Cette saison 2024 de Formule 1 n’en finit plus de voir la nouvelle génération affirmer ses ambitions. En marge du Grand Prix d’Autriche, deux écuries parmi les plus emblématiques du plateau, Ferrari et McLaren, ont annoncé un changement de pilote pour la première séance d’essais libres. Une décision dictée par la réglementation en vigueur, mais révélatrice d’une stratégie plus large, tournée vers l’avenir.
Une nouvelle réglementation favorable aux jeunes talents
Depuis 2022, la FIA impose aux écuries de Formule 1 de confier au moins deux séances de FP1 (Free Practice 1) par saison à des pilotes n’ayant pas disputé plus de deux Grands Prix. En 2024, cette obligation passe à quatre séances par écurie, réparties équitablement entre les deux monoplaces. Un changement qui pousse les écuries à accélérer l’intégration de leurs jeunes espoirs.
Dans cette optique, Ferrari et McLaren ont confirmé que Charles Leclerc et Lando Norris ne participeraient pas à la première séance d’essais libres du GP d’Autriche. Ils seront remplacés respectivement par Dino Beganovic pour la Scuderia Ferrari et Alex Dunne pour McLaren.
Une manière pour les deux structures de concilier obligation réglementaire et opportunité stratégique. Car au-delà de respecter les règles, il s’agit pour Ferrari et McLaren d’évaluer en conditions réelles des pilotes issus de leurs propres filières.
Dino Beganovic, le futur de Ferrari en marche ?
Annoncé officiellement par Ferrari, le Suédois Dino Beganovic prendra le volant de la SF-24 sur le Red Bull Ring. Âgé de 20 ans, membre de la Ferrari Driver Academy depuis 2020, il monte progressivement les échelons du sport automobile. Actuellement engagé en Formule 2 avec Prema, Beganovic a déjà laissé entrevoir un potentiel solide grâce à son approche méthodique et une bonne lecture de course.
Cette première participation à un week-end de Grand Prix dans un rôle actif est une étape cruciale pour le jeune pilote. C’est également un signe fort envoyé par Ferrari : la volonté de miser sur ses jeunes talents formés en interne, avec la perspective, peut-être, de préparer la succession à long terme dans ses rangs.
Mais au-delà du geste symbolique, cette opportunité permettra à l’équipe de récolter de précieuses données techniques issues d’un style de pilotage différent, tout en observant comment le jeune Suédois s’adapte au cadre ultra exigeant de la F1 moderne.
Chez McLaren, Alex Dunne entre dans le grand bain
Du côté de Woking, c’est Alex Dunne, 18 ans, qui sera au volant de la MCL38 le vendredi matin. Irlandais et membre du programme de développement McLaren, il s’est illustré dans les catégories de monoplace junior, notamment en F4 britannique et espagnole. Son intégration rapide dans plusieurs championnats laisse entrevoir un fort potentiel.
Participer à une séance d’essais libres est une occasion unique pour Dunne de montrer sa capacité à s’adapter rapidement à une monoplace ultra-performante. Pour McLaren, c’est aussi une manière stratégique de valider son développement hors-piste et de tester sa communication avec l’équipe d’ingénieurs dans un contexte réel.
Enjeux et perspectives : la jeunesse face à l’élite
Ces séances de jeunes pilotes, souvent discrètes, prennent de l’importance dans une Formule 1 où la moindre opportunité est scrutée. Si Beganovic et Dunne ont peu de chances de bouleverser la hiérarchie lors des EL1 — l’objectif étant surtout l’apprentissage et la collecte de données —, leur comportement sera analysé à la loupe.
Ferrari et McLaren ne prennent pas ce genre de décisions à la légère. Les monoplaces de Charles Leclerc et Lando Norris sont potentiellement en lice pour des podiums voire des victoires, et les engagements marketing ou techniques autour d’un week-end sont considérables. En ce sens, confier ces voitures à de jeunes talents montre l’importance que ces deux géants accordent à leur pépinière.
On suivra donc de près les performances de Dino Beganovic et Alex Dunne ce vendredi sur le Red Bull Ring. Si le chrono ne sera pas l’essentiel, leur capacité à respecter les consignes, donner un bon feedback technique et éviter les erreurs comptera énormément.
Cinquième force du plateau en 2023, Ferrari soigne son avenir, et c’est dans l’ADN du Cheval Cabré de préparer aujourd’hui les champions de demain. Un pari sur la jeunesse, que la F1 moderne ne peut absolument plus se permettre d’ignorer.