Ferrari face à un mystère : pourquoi la SF-25 va plus vite avec des pneus usés ?

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par Alex Marcol

Depuis quelques semaines, la Scuderia Ferrari est confrontée à un paradoxe technique pour le moins surprenant. Lors des dernières qualifications disputées à Imola et Miami, les pilotes Charles Leclerc et Carlos Sainz (en attendant Lewis Hamilton en 2025), ont semblé plus performants… avec des pneus usés qu’avec des gommes neuves ! Une anomalie qui n’a pas manqué de faire réagir Frédéric Vasseur, le directeur de l’écurie, comme il l’a souligné dans un entretien accordé au quotidien italien La Stampa.

Un comportement anormal des pneus qui handicape Ferrari

« À Imola et à Miami, nous avons été plus rapides en qualifications avec des pneus usés qu’avec des neufs. Je n’ai jamais vu ça de ma vie », a déclaré Frédéric Vasseur dans des propos relayés par Italpassion. À ce niveau de compétition, observer une telle situation chez une écurie du calibre de Ferrari est pour le moins préoccupant.

En cause ? Une incapacité de la SF-25 à faire monter ses pneus neufs en température suffisamment rapidement. Résultat, la monoplace italienne peine à trouver l’adhérence optimale dès les premiers tours, là où chaque millième de seconde est crucial pendant les qualifications. Ce déficit grip réduit considérablement la capacité des pilotes Ferrari à exploiter le plein potentiel de leur monture lorsque les pneus sont frais — une situation inédite qui met en lumière une fenêtre de fonctionnement des pneumatiques beaucoup trop étroite.

Ce type de problème rappelle à quel point la maîtrise thermique des gommes est devenue un enjeu clé de la Formule 1 moderne. Les qualifications se gagnent souvent sur un seul tour rapide, et le moindre écart dans la fenêtre de température idéale peut tout faire basculer.

Silverstone, le tournant de la saison avec des évolutions promises

Conscient de la gravité du problème et de son impact direct sur les performances, Fred Vasseur a d’ores et déjà annoncé que des évolutions importantes arriveraient lors du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone. Parmi elles, une nouvelle suspension arrière, spécifiquement conçue pour offrir plus de stabilité en courbe et améliorer la mise en température des pneus.

L’objectif est clair : élargir la fenêtre de fonctionnement de la SF-25 pour enfin permettre à ses pilotes de tirer profit des pneus neufs en qualifications. Cela pourrait également avoir un impact positif en course, où une meilleure gestion des températures pourrait se traduire par une dégradation moins rapide des gommes.

Fred Vasseur a été très clair : « Nous avons encore des développements en cours. Ce n’est pas encore le moment de penser uniquement à 2026 » (source : Italpassion). Contrairement à d’autres équipes qui pourraient déjà se concentrer sur la future réglementation technique, Ferrari continue de croire dans le potentiel de sa SF-25 pour la saison actuelle.

Ce pari sur le court terme est risqué, mais potentiellement payant. Si les évolutions prévues à Silverstone fonctionnent, la Scuderia pourrait revenir dans la lutte pour les victoires et ainsi menacer Red Bull et McLaren, ses principaux rivaux.

Un enjeu stratégique pour maintenir la pression en 2024

En Formule 1, l’équilibre est fragile entre développement à court terme et projection vers l’avenir. Ferrari opte pour une stratégie ambitieuse : corriger les défauts structurels de la SF-25 dès maintenant, tout en gardant une marge pour le développement de la monoplace de 2026. Une posture qui traduit la volonté farouche de redevenir compétitive le plus rapidement possible, sans pour autant sacrifier les années à venir.

En espérant que les ajustements techniques à venir permettront enfin à Charles Leclerc et Carlos Sainz de maximiser la performance de leur monoplace en qualifications, condition sine qua non pour envisager de nouveaux succès en course.

La Scuderia est prévenue : sa capacité à résoudre ce casse-tête technique lié aux pneumatiques pourrait bien redessiner les hiérarchies de la saison 2024.

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