Depuis son arrivée très médiatisée chez Ferrari, Lewis Hamilton traverse une période bien plus rude que prévu. À Barcelone, le septuple champion du monde a connu un week-end à oublier. Parti cinquième, il n’a jamais été en mesure de jouer aux avant-postes et a terminé à une modeste sixième place, dépassé par son coéquipier Charles Leclerc… et même par la Sauber de Nico Hülkenberg. Mais un ancien pilote y voit une lueur d’espoir.
Une course difficile, des questions qui s’accumulent
Le Grand Prix d’Espagne 2024 a laissé des traces chez Lewis Hamilton. Sur un circuit qu’il connaît parfaitement, le Britannique n’a jamais semblé en mesure de mettre en valeur son talent. Malgré un départ depuis la troisième ligne, le rythme n’y était pas. Hamilton a dû se plier à une consigne d’équipe demandant de laisser passer Leclerc, visiblement plus rapide.
« Je pense que, que Lewis le veuille ou non, Ferrari a pris la bonne décision », a analysé David Coulthard, ancien pilote McLaren, sur Channel 4 (source : Channel 4 via Autosport). Pour lui, il est logique de favoriser la voiture la plus rapide dans un contexte où chaque position compte. En clair, il s’agissait d’un choix pragmatique de la Scuderia.
Les propos tenus par Hamilton après la course témoignent d’une certaine lassitude : « Cette course n’a rien eu de positif », a-t-il tranché devant les médias (source : conférence de presse post-course). On sent le champion britannique frustré, voire perdu face à une monoplace SF-24 qui peine à offrir un comportement homogène entre les relais, particulièrement dans la gestion des pneus — un mal récurrent cette saison chez Ferrari.
Coulthard croit en une remontée, mais à condition de repartir de l’avant
Malgré ce tableau sombre, David Coulthard reste confiant dans la capacité de Lewis Hamilton à rebondir. Selon lui, tout n’est pas à jeter. « Il y a eu un moment au milieu du Grand Prix où il a égalé Charles et a semblé trouver un peu de confort, » rappelle-t-il. Même si cet éclat n’a duré que quelques tours, il démontre que les bases restent solides, à condition de mieux exploiter le potentiel de la Ferrari.
Coulthard met en avant un élément souvent sous-estimé : la transition entre deux environnements totalement différents. Passer de Mercedes à Ferrari, c’est changer de culture, de méthode de travail, et de philosophie technique. Et cela, même pour un pilote aussi expérimenté, requiert du temps. « Je pense qu’il est un peu sonné de subir toutes ces difficultés avec la Ferrari et les pneus », analyse-t-il.
Un point crucial dans cette adaptation : les gommes Pirelli 2024, jugées particulièrement capricieuses. La SF-24 a montré de vraies lacunes dans leur gestion, alternant de très bons relais et d’autres où les pneus tombent en température ou se dégradent trop rapidement. Ce paramètre semble avoir particulièrement pénalisé Hamilton lors de la course à Barcelone.
Ferrari doit agir vite : structurer, comprendre, capitaliser
Pour que Hamilton puisse pleinement exprimer son talent, la Scuderia va devoir corriger ses faiblesses structurelles. Le développement de la SF-24 doit évoluer vers une meilleure constance, surtout en termes d’équilibre aérodynamique et de traction en sortie de virage. Autrement, Ferrari risque de pénaliser ses deux pilotes à chaque week-end de course.
En miroir, Charles Leclerc semble de mieux en mieux comprendre sa monoplace. À Barcelone, il a tiré le maximum de son package, enchaînant de solides relais et montrant plus de confiance dans les phases critiques du Grand Prix — dépassements et gestion de la dégradation.
Hamilton, lui, doit transformer cette période difficile en apprentissage. L’histoire d’un champion, c’est aussi celle des moments creux. Et s’il parvient à surmonter cette passe complexe, nul doute qu’il redeviendra un sérieux prétendant aux podiums… voire plus, si Ferrari réussit à retrouver sa régularité.
Conclusion : des bases fragiles mais un potentiel intact
Le chemin s’annonce encore long pour Lewis Hamilton chez Ferrari, mais il n’est pas sans issue. Coulthard, avec sa lucidité d’ancien pilote, voit des signaux positifs. Oui, le bilan brut est inquiétant. Oui, Hamilton n’a pas encore trouvé ses marques. Mais dans une saison longue et imprévisible, rien n’est gravé dans le marbre.
Si la Scuderia ajuste rapidement son approche, optimise sa monoplace, et offre enfin des conditions stables à ses pilotes, tout reste possible. Rappelons-le : Hamilton n’est pas devenu septuple champion du monde par hasard. Le feu sacré est toujours là. Il attend juste les bonnes étincelles pour raviver la flamme rouge.