Ferrari en difficulté : pourquoi les améliorations tardent à arriver et ce que cela implique

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par Alex Marcol

Depuis le début de la saison 2024, le nom Ferrari rime davantage avec frustration qu’avec domination sur la grille de Formule 1. Malgré un duo de pilotes talentueux, la Scuderia peine à convertir ses ambitions en résultats concrets. Alors que les premiers Grands Prix ont été marqués par des performances irrégulières, l’équipe dirigée par Frédéric Vasseur subit désormais un nouveau revers : le retard pris dans le développement des améliorations techniques de la SF-25, notamment sur le train de suspensions arrière. Analyse d’un problème qui pourrait coûter cher à la Scuderia.

Une saison 2024 compliquée pour Ferrari dès ses débuts

Après une campagne 2023 marquée par des hauts et des bas, les attentes autour de Ferrari étaient grandes pour 2024. Avec l’expérience d’un Charles Leclerc combatif et d’un Carlos Sainz toujours incisif, la Scuderia espérait enfin tutoyer les sommets régulièrement. Malheureusement, les débuts de cette saison n’ont pas répondu aux espoirs placés en Maranello. Si le podium décroché à Djeddah par Leclerc a un temps redonné le sourire, les performances en qualifications et en course peinent à suivre.

L’exemple du Grand Prix de Miami est particulièrement révélateur : huitième et douzième sur la grille, les Ferrari n’ont fait que limiter les dégâts, terminant respectivement à la 7e et 8e place. Ce manque de rythme, notamment sur un tour, est un problème clairement identifié par Frédéric Vasseur, comme il l’a confié publiquement, mais dont la solution se fait encore attendre.

Un train arrière crucial mais retardé

Initialement attendues à Imola, les premières évolutions aérodynamiques et mécaniques substantielles de la SF-25 pourraient ne finalement être introduites qu’à Silverstone, mi-juillet. En ligne de mire : un nouveau train de suspensions arrière, censé résoudre une partie des déséquilibres de la monoplace et améliorer la gestion des gommes en course comme en qualification.

Quelques éléments techniques pourraient néanmoins arriver entre temps, à commencer par quelques pièces prévues pour Barcelone (fin mai) ou Montréal (début juin). Mais la pièce majeure, elle, se fait encore attendre. Pourquoi ce retard ? Plusieurs sources internes évoquent le manque d’un directeur technique à plein temps durant les premiers mois de 2024, un vide qui a pu ralentir l’avancée des projets en souffrance au pôle développement de Maranello.

Sur le plan stratégique, ce glissement de calendrier technique pourrait coûter cher à Ferrari. Silverstone marque quasiment la mi-saison, et si la voiture ne redevient pas compétitive d’ici là, le retard au championnat pourrait déjà être irrattrapable face à des adversaires comme Red Bull ou McLaren, mieux armés sur le plan du développement.

Hamilton et Vettel en observateurs avertis

Preuve de cet intérêt particulier : Sebastian Vettel, quadruple champion du monde et ancien pilote Ferrari, a été invité par RTL à commenter la situation actuelle. Selon l’Allemand : “Même si les choses ne vont pas bien en ce moment, vous pouvez voir qu'[Hamilton] sait comment gérer son expérience et la situation. Je pense qu’en ce moment, Ferrari n’est pas aussi forte que lui et beaucoup d’autres le souhaiteraient.”

Une déclaration qui illustre bien le gouffre entre les ambitions de la Scuderia et sa réalité technique actuelle. Lewis Hamilton, qui rejoindra l’équipe en 2025, observe la situation avec l’œil d’un futur pilote, mais aussi d’un stratège. L’arrivée d’un nom aussi prestigieux doit s’accompagner d’une montée en puissance technique, sans quoi le mariage entre Ferrari et le Britannique pourrait s’avérer moins fructueux qu’espéré.

Un tournant stratégique proche ?

La prochaine série de courses, avec Imola, Monaco, Barcelone et Montréal, représentera un virage important pour Ferrari. Même sans les évolutions majeures attendues, l’équipe devra maximiser ses performances et s’assurer de ne pas perdre davantage de terrain sur ses rivaux. Car si la SF-25 ne parvient pas à progresser d’ici Silverstone, c’est la deuxième moitié de saison qui pourrait se dérouler sous le signe du rattrapage, voire du renoncement à certaines ambitions.

Dans tous les cas, les yeux sont rivés sur Maranello. L’ingénierie Ferrari est attendue au tournant. Reste à savoir si ce nouveau train arrière à Silverstone sera le déclic tant espéré… ou le symbole d’un mal plus profond.

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