La Scuderia Ferrari s’apprête à entrer en territoire décisif. Après un début de saison 2025 en demi-teinte, marqué par une SF-25 instable et un déficit d’appui aérodynamique, l’écurie italienne joue gros sur les deux prochaines manches du championnat. Imola puis Barcelone : deux circuits européens emblématiques où Ferrari espère relancer la machine grâce à une double salve de mises à jour techniques. Plongée dans les enjeux d’une offensive à haut risque.
Imola : la première étape d’un redressement attendu
Le Grand Prix d’Émilie-Romagne (17-19 mai), disputé à domicile, sera le premier théâtre de la riposte de Ferrari. Confrontée à une SF-25 manquant cruellement d’appui — en particulier sur le train arrière —, la Scuderia s’apprête à introduire un premier package d’évolutions conçu pour corriger les faiblesses structurelles de la monoplace.
Selon les données internes et les déclarations de Frédéric Vasseur à Formula1.com, Ferrari s’est concentrée sur « l’équilibre aérodynamique et la constance en virages rapides ». C’est précisément ce qui handicapait Charles Leclerc et Lewis Hamilton depuis plusieurs courses. Le Monégasque, résilient mais lucide, a adapté son pilotage à ces contraintes. Hamilton, de son côté, peine encore à tirer tout le potentiel de la voiture.
Ces modifications concerneront notamment l’aileron arrière, les dérives latérales et probablement le fond plat, affectant l’effet de sol et l’appui à moyenne et haute vitesse. Ferrari entend chasser l’instabilité chronique de la SF-25, espérant ainsi revenir dans le match face à McLaren et Red Bull.
Barcelone : la deuxième charge et un tournant réglementaire
Mais c’est à Barcelone, début juin, que Ferrari jouera sans doute sa carte la plus cruciale. Le Circuit de Catalunya sert traditionnellement de baromètre technique : les équipes y valident la majorité de leurs évolutions majeures grâce à son tracé représentatif.
Ferrari y déploiera la seconde phase de son plan de développement. Un deuxième lot d’améliorations aérodynamiques est attendu, visant à optimiser l’équilibre global de la SF-25, notamment en virage moyen. Maranello mise également sur un facteur externe : l’entrée en vigueur de nouvelles directives techniques (TD) de la FIA sur la flexibilité des ailerons avant.
Ces contrôles plus stricts – introduits pour limiter des comportements jugés borderline par certaines équipes – pourraient réduire l’avantage de McLaren ou Red Bull dans ce domaine, créant un plateau potentiellement plus homogène. Ferrari espère en tirer profit, sans toutefois répéter la désillusion de 2024 : les changements sur l’aileron arrière alors introduits n’avaient généré que peu d’effets concrets sur la hiérarchie.
Des écarts inquiétants, une pression croissante
Le contraste entre ambitions hivernales et réalité de la piste est brutal. Avec une progression mesurée à +0″857 au tour par rapport à la SF-24, Ferrari pensait pouvoir lutter aux avant-postes. Mais McLaren a frappé plus fort, avec un gain estimé à +1″359. En conséquence, l’écart se creuse, et chaque week-end devient décisif pour ne pas décrocher définitivement.
La double offensive d’Imola et Barcelone vise à inverser cette dynamique. Mais elle porte aussi la promesse d’un verdict : si les évolutions techniques échouent à combler le retard, Ferrari devra rapidement revoir ses ambitions pour la saison 2025, et potentiellement réorienter ses ressources vers 2026, année charnière liée au nouveau règlement moteur.
Conclusion : une Scuderia au pied du mur
Avec deux pilotes engagés mais frustrés, un plateau d’une rare densité, et une saison plus que jamais sous tension, Ferrari doit se réinventer. Imola et Barcelone ne sont pas seulement deux Grands Prix européens : ce sont deux ultimes tribunes offertes à une Scuderia en quête de rédemption.
Une chose est sûre : pour rester en lice dans la lutte pour le titre Constructeurs et redonner espoir aux tifosi, Ferrari ne peut pas se permettre de manquer ce virage stratégique.