Depuis son arrivée très médiatisée chez Ferrari, Lewis Hamilton vit un début de saison bien plus laborieux que prévu. Après une performance prometteuse en Chine, où il avait montré les crocs lors du Sprint, le septuple champion du monde a une nouvelle fois souffert en Arabie saoudite. Face à un Charles Leclerc en grande forme, Hamilton accuse le coup. Analyse d’un week-end révélateur pour la Scuderia.
Un écart persistant entre Hamilton et Leclerc
Le week-end de Djeddah a souligné une réalité de plus en plus difficile à ignorer : Lewis Hamilton peine à suivre le rythme imposé par son coéquipier monégasque. En qualifications, l’écart est criant : plus d’une demi-seconde sépare les deux pilotes Ferrari en Q3. En course, la tendance ne fait que se confirmer. Parti septième, le Britannique termine à la même position, 32 secondes derrière Leclerc.
Ce constat tranche avec les attentes placées en Hamilton après son arrivée chez Ferrari, une écurie qu’il rêve de remettre au sommet. Si l’on excepte une belle performance au Sprint du Grand Prix de Chine (où il termine en tête), les statistiques parlent d’elles-mêmes : le numéro 44 s’est systématiquement incliné face à Leclerc depuis le début de saison, que ce soit le samedi ou le dimanche.
Hamilton lucide, mais inquiet
Au micro de Canal+ après la course en Arabie saoudite, Hamilton n’a pas caché son désarroi : « Oui, j’étais à des années-lumière en termes de rythme et je n’avais pas la vitesse ». Une déclaration franche et révélatrice du malaise du pilote britannique, malgré les ajustements progressifs pour apprivoiser sa nouvelle monture italienne.
Pour Sky Sports, il est allé plus loin en évoquant des difficultés majeures : « C’était horrible, pas du tout agréable. Je ne faisais que glisser, je n’avais aucune adhérence. (…) Dans le second relais, l’équilibre était un peu meilleur mais je n’avais juste toujours pas de rythme. » Un bilan sévère qui décrypte un mal profond : un manque de sensations au volant et une gestion des pneus hasardeuse, qui pénalise lourdement ses performances.
Une dynamique inquiétante pour la Scuderia ?
Dans ce contexte, Charles Leclerc brille par sa régularité et sa confiance. Le Monégasque offre à Ferrari son premier podium de la saison, confirmant sa capacité à tirer le meilleur d’une SF-24 en nette progression. De l’autre côté du garage, les performances erratiques de Hamilton contrastent et peuvent soulever des interrogations sur l’équilibre de l’écurie à moyen terme.
Frédéric Vasseur, team principal de la Scuderia Ferrari, a tenu à nuancer les critiques. Dans des propos rapportés par la chaîne Canal+ et Sky Sports, il souligne : « C’était plus difficile pour lui, 30 secondes derrière Charles. (…) Lewis a eu plus de difficultés avec son rythme en général et a été pénalisé par le fait qu’il était souvent dans l’air sale ». Néanmoins, il admet également que « Lewis a trop de hauts et de bas », un constat sans appel qui laisse entendre qu’une réflexion stratégique pourrait s’imposer chez Ferrari si la tendance se confirme.
Un tournant avant Miami ?
Après trois Grands Prix relativement décevants pour Hamilton (à l’exception du Sprint à Shanghai), la fenêtre de tir est étroite pour réagir. Le Grand Prix de Miami, prévu le 1er mai, s’annonce crucial. Ferrari espère capitaliser sur les performances solides de la SF-24 et remettre ses deux pilotes sur un pied d’égalité.
Pour Hamilton, l’enjeu est double : prouver qu’il mérite encore son statut d’élite et surtout, trouver l’alchimie avec une monoplace conçue dans une philosophie différente de celle de Mercedes. À 40 ans, le Britannique n’est pas encore hors du coup, mais il devra rapidement redresser la barre pour éviter que les doutes s’installent durablement.
La Scuderia joue gros cette année : entre ambitions retrouvées, monoplace compétitive et duo de pilotes prestigieux, Ferrari ne peut se permettre de fonctionner à une seule cylindrée.