Hamilton étonne à Bahreïn : premières impressions contrastées sur la Ferrari SF-26

Photo of author

par Alex Marcol

L’hiver a laissé place aux premières vibrations des V6 sur le tracé incandescent de Sakhir, et déjà, la Scuderia Ferrari alimente les discussions. Lewis Hamilton, dans son tout premier roulage officiel avec la SF-26, a surpris tout le paddock par une déclaration inattendue : d’après lui, les nouvelles F1 apparaissent presque plus lentes que les F2. Décryptage d’un ressenti aussi fort qu’éclairant sur l’évolution des monoplaces à effet de sol en 2025.

Une comparaison brutale, mais révélatrice

Quand Lewis Hamilton parle, le paddock écoute. Et ce jeudi matin à Bahreïn, le Britannique n’a pas mâché ses mots : « On a l’impression d’être dans une F2 ». S’il reconnaît que cette comparaison est plus instinctive que scientifique, elle en dit long sur les sensations perçues à bord de la Ferrari SF-26. Moins d’appui aérodynamique, un châssis raccourci, une masse allégée : les lignes directrices du nouveau règlement 2025 se font déjà sentir.

Point de vue performances pures, les chronos restent à relativiser. Aucun run en conditions représentatives n’a été effectué, et les équipes testent généralement différents niveaux de carburant et mapping moteur. Cependant, le sentiment exprimé par Hamilton révèle la perte d’appui aérodynamique depuis les ajustements techniques imposés cette saison, qui visent à améliorer les courses en réduisant la turbulence.

Cette quête d’une F1 plus agile, mais moins dépendante de l’aérodynamique extrême, semble plaire au septuple champion du monde : « La voiture est plus courte, plus légère, et plus facile à rattraper », a-t-il affirmé (source : conférence de presse FIA, 20 février 2025). Un retour à une forme de pilotage plus instinctif, qui pourrait bien favoriser un style comme le sien – incisif et réactif.

Conditions extrêmes et réglages en chantier à Bahreïn

L’impression de lenteur perçue par Hamilton pourrait aussi être amplifiée par les conditions exigeantes rencontrées lors de cette première séance d’essais à Bahreïn. Le vent du désert combiné à des températures dépassant les 35°C a rendu le comportement de la SF-26 plus difficile à cerner.

« Barcelone n’a pas trop souffert, mais ici le vent souffle fort et il fait beaucoup plus chaud, ce qui rend le choix des températures de fonctionnement encore plus difficile », a expliqué le pilote britannique, faisant référence aux tests privés disputés en Catalogne en début de mois (Source : Ferrari Media Centre, 20 février 2025).

La Scuderia Ferrari travaille encore pour extraire le potentiel de son package aérodynamique. À Bahreïn, la priorité est donnée à la compréhension des pneus Pirelli 2025, dont les fenêtres de fonctionnement sont réputées plus étroites. Hamilton a également souligné qu’il n’avait pas encore trouvé l’équilibre optimal de la SF-26 – notamment en termes d’équilibre mécanique et d’aéro stabilité.

Une base saine et prometteuse

Malgré une première prise en main encore floue, Hamilton se montre confiant quant aux bases posées par la monoplace rouge cette saison. Il insiste notamment sur le plaisir de pilotage retrouvé, une donnée cruciale dans une saison où les pilotes pourraient redevenir les éléments déterminants du succès.

Du côté de Maranello, le discours reste mesuré mais optimiste. Avec un binôme Leclerc-Hamilton de feu, la Scuderia a clairement investi dans une stratégie de régularité, d’expérience et de maximalisation du potentiel technique. Ce que l’on voit à Bahreïn n’est encore qu’un embryon de ce que la SF-26 pourra montrer en configuration de Grand Prix. La gestion des conditions extrêmes, la compréhension du nouveau règlement et l’optimisation du setup seront autant de leviers à affiner avant l’ouverture de la saison le 9 mars prochain.

Ferrari joue gros cette année. Avec Hamilton dans ses rangs, la pression monte, mais aussi les attentes. Et même si le premier roulage n’est pas un indicateur absolu, les propos du Britannique montrent bien que Maranello prend un virage radical. Dans un paddock en constante évolution, la clarté de vision et la capacité à s’adapter sont plus que jamais des valeurs cardinales.

Rendez-vous est pris au Grand Prix de Bahreïn. La SF-26 sera-t-elle en mesure de rivaliser d’entrée de jeu ? Une chose est sûre : avec Hamilton à son volant, chaque tour sera scruté à la loupe.

Laisser un commentaire