Avec la nouvelle réglementation 2026 qui se profile, le paddock tout entier retient son souffle. La Scuderia Ferrari, en quête de renaissance après une saison 2025 très décevante, est évidemment scrutée de toutes parts. Mais à Maranello, pas question de se précipiter. Frédéric Vasseur, team principal de la Scuderia depuis 2023, a posé un cadre clair : non, Ferrari ne cédera pas aux effets d’annonce hâtifs. Oui, le développement prendra du temps. Et surtout, il faudra juger sur la durée.
Un avertissement ferme de Vasseur avant 2026
Alors que la saison 2026 marquera le début d’un tout nouveau cycle technique en F1 — moteurs hybrides repensés, aérodynamique simplifiée, carburants 100 % durables — les attentes autour des cadors comme Ferrari sont énormes. Mais Frédéric Vasseur joue la carte de la lucidité. Dans des propos relayés par Motorsport Next Gen, le Français tempère l’enthousiasme qui pourrait naître d’un éventuel bon résultat dès la manche d’ouverture en Australie.
« L’an prochain, ce ne sera pas une question de première image de la saison, ce ne sera pas uniquement lié au classement en Australie. Ce sera surtout une question de capacité à se développer rapidement », a affirmé Vasseur. Le message est clair : 2026 sera une saison de fond, pas un sprint.
Cette stratégie contraste avec les années précédentes, où Ferrari a souvent connu des pics précoces de performance, avant de progressivement sombrer face à un Red Bull plus solide sur le développement ou à un Mercedes méthodique dans sa gestion de saison. Après la désillusion de 2025 — où la Scuderia a terminé seulement quatrième du championnat constructeurs derrière Mercedes, McLaren et Red Bull — Maranello semble avoir tiré les leçons.
Ferrari change de tempo pour la nouvelle ère réglementaire
Pour 2026, Frédéric Vasseur veut adopter une approche itérative. « Peu importe que nous soyons 1er ou 10e (en Australie), il restera un très long chemin jusqu’à la fin », explique-t-il. Il s’agit ici d’éloigner l’équipe de l’obsession des débuts fulgurants, et de l’ancrer dans une logique de progression continue.
Ce choix témoigne aussi d’une certaine maturité stratégique : dans un environnement aussi compétitif que la Formule 1 moderne, c’est souvent celui qui évolue le plus vite sur l’année – tant sur le plan technique qu’opérationnel – qui l’emporte. Vasseur l’admet lui-même : « Notre sport est une comparaison permanente. Je peux faire du bon travail, mais si quelqu’un fait mieux, j’ai l’air stupide. »
En d’autres termes, Ferrari ne se fixe pas comme priorité de dominer dès Melbourne, mais plutôt d’être la meilleure au fil des mois, grand prix après grand prix. Un état d’esprit qui pourrait surprendre certains tifosi, mais qui pourrait aussi s’avérer payant dans une saison qui s’annonce dense et imprévisible.
Le pari du long terme face à une concurrence féroce
Ce changement dans la posture stratégique de la Scuderia s’explique aussi par l’évolution du plateau. Red Bull a anticipé l’ère 2026 dès 2024, en investissant massivement dans sa propre division moteur (RBPT). Mercedes, fidèle à son ADN d’ingénierie rigoureuse, a revu toute sa philosophie aérodynamique pour l’avenir. Quant à McLaren, elle poursuit une remontée spectaculaire sous Andrea Stella.
Dans ce contexte, Vasseur veut éviter à Ferrari de tomber dans le piège d’un effet d’annonce trompeur. L’objectif est clair : bâtir une dynamique à long terme, où fiabilité, développement et maîtrise stratégique seront les piliers du succès.
Reste à voir si cette philosophie pourra convaincre une base de fans exigeante, lassée d’attendre le retour aux sommets. Mais une chose est certaine : Ferrari semble enfin vouloir jouer la carte de la constance. Et à l’aube d’un nouveau cycle technique, c’est peut-être exactement ce qu’il fallait.