Depuis la fin d’une saison 2025 bien en deçà des attentes, la pression monte sur la Scuderia Ferrari. Alors que l’écurie italienne boucle l’année à une décevante quatrième place au classement des constructeurs, les regards se tournent désormais vers 2026, une saison charnière marquée par l’introduction d’une nouvelle réglementation technique. Mais tout le monde ne partage pas l’optimisme du camp rouge. Riccardo Patrese, ancien pilier de la F1, n’a pas mâché ses mots sur les chances de Ferrari pour le futur.
Riccardo Patrese tacle frontalement la Scuderia et John Elkann
Interviewé par le Quotidiano Nazionale, Riccardo Patrese, figure emblématique de la Formule 1 avec 256 Grands Prix disputés entre 1977 et 1993, a exprimé sa profonde inquiétude quant à l’avenir de Ferrari. L’ancien pilote italien, loin d’enrober ses propos, a visé directement le président John Elkann : « Elkann peut bien dire ce qu’il veut sur la rapidité des arrêts aux stands, mais à quoi ça sert si la voiture concède trois dixièmes au tour ? », a-t-il fustigé, relayé également par La Gazzetta Ferrari sur Twitter.
Patrese ne remet pas en cause les efforts opérationnels de l’équipe, mais souligne un mal plus profond : la compétitivité intrinsèque de la voiture. À ses yeux, même les meilleurs pilotes — entendre ici Charles Leclerc et Lewis Hamilton — ne peuvent compenser un déficit technique. Cette critique fait mal, d’autant plus qu’elle intervient alors que Ferrari est en pleine reconstruction sous la houlette de Frédéric Vasseur.
2026 : un tournant réglementaire sous haute pression pour la Scuderia
La saison 2026 représentera bien plus qu’un simple renouveau, elle symbolise un changement d’ère avec l’introduction des nouvelles voitures conformes au règlement FIA sur les motorisations hybrides et l’aérodynamisme actif. Ferrari promet d’y jouer les premiers rôles, avec une cellule dédiée au développement du nouveau moteur dans le cadre du projet 676. Frédéric Vasseur affirme dans plusieurs médias que l’équipe concentre ses efforts dès maintenant sur cette échéance stratégique pour ne plus être spectatrice des succès de McLaren ou Red Bull.
Mais si les ambitions sont là, les doutes persistent. Depuis l’arrivée de Vasseur, certains progrès ont été réalisés — notamment sur les stratégies de course et la gestion de l’équipe —, mais les résultats restent trop irréguliers. La stabilité avec la reconduction de Charles Leclerc et l’arrivée fracassante de Lewis Hamilton étaient censées insuffler une dynamique nouvelle. Pourtant, les lacunes structurelles — notamment sur les performances aérodynamiques et la gestion des pneus — continuent de peser lourd.
Ferrari face à ses concurrents : où est le vrai retard ?
Le vrai défi pour Ferrari en 2026, ce n’est pas seulement de combler un retard de quelques dixièmes au tour, c’est de viser l’excellence sur tous les plans : motorisation, aérodynamique, stratégie… et surtout, cohérence dans les décisions techniques. Pendant que McLaren et Mercedes travaillent en totale synergie avec leurs unités de puissance et redoublent d’innovation, la Scuderia reste prisonnière d’un modèle encore trop cloisonné.
Riccardo Patrese pointe ainsi une frustration partagée par une partie du paddock : Ferrari donne parfois l’impression de courir après les autres, plutôt que de suivre un cap clair. Et en F1 moderne, ce manque d’anticipation coûte cher. Alors certes, les arrêts aux stands sont désormais excellents — un domaine où la Scuderia a très nettement progressé depuis 2023 —, mais cela ne suffit pas à masquer le manque de constance en course pure.
Conclusion : un appel au sursaut plus qu’une condamnation
Les critiques de Riccardo Patrese résonnent comme un avertissement. En 2026, Ferrari n’aura pas le droit à l’erreur. Avec deux pilotes au sommet de leur art, une popularité parmi les fans toujours intacte, et des moyens financiers importants, l’écurie de Maranello a tous les ingrédients pour revenir au sommet. Mais il faut que la machine s’aligne, que les ambitions soient traduites en réalité sur la piste. La saison qui arrive s’annonce déjà comme l’une des plus capitales de la dernière décennie pour la Scuderia. Aux hommes de Maranello de faire mentir les sceptiques…