Le ciel menaçant de Las Vegas semble avoir pesé bien plus que prévu sur les ambitions de la Scuderia Ferrari. Alors que le Grand Prix du Nevada s’annonçait comme une opportunité de reprendre des points décisifs dans la lutte au championnat constructeurs, les qualifications ont au contraire plongé la Scuderia dans une zone d’ombre inquiétante. Le pilote monégasque Charles Leclerc, coutumier des exploits en conditions instables, a terminé 9e, visiblement impuissant au volant de sa SF-25 Capriccio. Une performance qui contraste cruellement avec son potentiel habituel sur piste mouillée.
Un pilote frustré, une Scuderia en quête de réponses
Au sortir des qualifications, Charles Leclerc n’a pas caché sa frustration. D’une voix calme mais empreinte d’amertume, le Monégasque a admis que « quelque chose ne fonctionne tout simplement pas sous la pluie » (source : Gazzetta Ferrari, 22 novembre 2025). Et ce constat frappe d’autant plus fort que Leclerc s’est, tout au long de sa carrière, distingué par sa capacité à performer sur piste glissante. Mais à Las Vegas, sous les projecteurs détrempés du Strip, la SF-25 ne répondait tout simplement pas.
Il faut dire que Ferrari avait pourtant beaucoup misé sur ce week-end. Avec des mises à jour aérodynamiques introduites depuis Austin, et une compétitivité retrouvée sur les circuits urbains, l’écurie italienne pouvait espérer mieux. Mais comme souvent ces dernières saisons, la Scuderia continue à buter sur un vieux démon : la gestion des conditions changeantes. Sur piste humide, la monoplace rouge manque cruellement de grip mécanique à l’arrière, en particulier en configuration de qualification avec peu d’essence.
Une lacune stratégique récurrente chez Ferrari ?
Le cas de Las Vegas met en lumière des lacunes techniques que Ferrari peine à corriger depuis plusieurs saisons. Les réglages sur piste mouillée restent trop conservateurs et la fenêtre d’exploitation des pneus intermédiaires ou pluie semble bien trop étroite. Résultat : alors que Leclerc luttait pour rester compétitif, Carlos Sainz réussissait péniblement à se hisser en Q3, prenant finalement la 3e place sur la grille, dans des conditions similaires. Cette disparité soulève également la question d’une interprétation peut-être trop rigide des données par la Scuderia, à laquelle s’ajoute une difficulté à adapter la voiture au style très incisif de Leclerc.
Du côté des stands, la gestion de la séance n’a pas non plus aidé. Ferrari a été l’une des dernières équipes à envoyer ses pilotes avec des pneus neufs sur une piste qui évoluait très rapidement. Une erreur stratégique déjà vue à Spa ou Suzuka ces dernières années, et qui continue à coûter cher.
Quel impact pour Ferrari avant la dernière ligne droite ?
Avec cette 9e place en qualifications pour Leclerc et une contre-performance totale de Hamilton, également chaussé en Pirelli pluie mais hors du coup, Ferrari perd l’occasion de consolider sa 2e place au championnat constructeurs face à Mercedes et McLaren. Et bien que Carlos Sainz soit parvenu à placer la deuxième Ferrari en 3e position, il faudra une course parfaite pour espérer inscrire de gros points.
Leclerc, quant à lui, devra réaliser une remontée d’anthologie pour viser un podium. Une tâche ardue mais pas impossible, compte tenu de sa combativité. Reste que cette performance manquée souligne une fois de plus l’importance pour la Scuderia d’élargir sa fenêtre de performance à toutes les conditions météorologiques. À l’heure où les GP sous la pluie deviennent monnaie courante dans une F1 de plus en plus soumise aux aléas climatiques, Ferrari n’a plus le luxe de négliger ce secteur stratégique.
En 2025, la quête d’excellence de la Scuderia ne pourra donc se faire sans une remise en question globale de sa capacité d’adaptation. La colère froide de Charles Leclerc sonne ainsi comme un avertissement. Non pas sur son talent, mais sur les limites techniques d’une monoplace encore trop capricieuse.