Depuis le début de la saison 2025, la Scuderia Ferrari navigue dans une mer d’incertitudes et d’inconstance. Si les podiums de Charles Leclerc entretiennent encore l’espoir, l’arrivée de Lewis Hamilton n’a pas (encore) produit l’étincelle tant attendue. Avec aucune victoire à son actif et un avenir bousculé par les ajustements réglementaires à l’horizon 2026, les regards se braquent de plus en plus sur Frédéric Vasseur, le directeur de la Scuderia. Mais alors que les rumeurs sur son départ s’intensifient, Günther Steiner, figure bien connue du paddock, est monté au créneau pour défendre l’homme en place.
Une saison 2025 en demi-teinte pour Ferrari
Ferrari occupe actuellement la deuxième place du championnat constructeurs – un classement honorable, mais qui ne masque pas les frustrations accumulées depuis le début de saison. La dernière victoire des Rouges remonte maintenant à fin 2023, et malgré quelques coups d’éclat, la SF-25 peine à tenir la cadence face à McLaren et Red Bull, toujours redoutables. Lewis Hamilton, recruté à prix d’or pour insuffler une dynamique de victoire, reste pour l’instant en quête de son premier podium avec la Scuderia.
Dans ce contexte tendu, les critiques pleuvent sur la stratégie globale de Ferrari. Certains observateurs s’interrogent sur le leadership de Frédéric Vasseur, directeur de l’écurie depuis janvier 2023. Pourtant, selon l’analyste et ancien pilote Gerhard Berger, le problème ne vient pas du dirigeant lui-même. « Il ne manque pas grand-chose. Charles Leclerc fait un travail exceptionnel et Hamilton reste une force. Une reconstruction comme celle de Ferrari prend du temps, il ne faut pas tout remettre en question trop vite », a-t-il déclaré à Motorsport.nextgen.
Günther Steiner monte au créneau pour Vasseur
Invité à s’exprimer sur les récents remous autour de Ferrari, Günther Steiner, ancien directeur de l’écurie Haas, a tenu à défendre Frédéric Vasseur avec fermeté. « Fred a encore du temps jusqu’en 2026. Il serait prématuré de parler de remplacement dès maintenant », a-t-il affirmé, toujours selon Motorsport.nextgen. Pour Steiner, la stabilité est clé, notamment en vue du bouleversement réglementaire prévu pour 2026.
Les nouvelles réglementations techniques promises à partir de 2026 représentent en effet une opportunité majeure pour redistribuer les cartes. Et chez Ferrari, on prépare activement cette échéance. Le président John Elkann et le PDG Benedetto Vigna ont d’ailleurs renouvelé leur confiance envers Vasseur dans leurs interventions les plus récentes. Cette stabilité au sommet est perçue comme essentielle à Maranello.
« Ferrari a besoin de calme, pas d’un changement précipité à un poste aussi stratégique », insiste Steiner. Pour lui, Frédéric Vasseur est encore en train de gérer l’héritage laissé par ses prédécesseurs et mérite d’être évalué sur ses résultats après 2026, et non avant.
Le spectre Horner et les attentes irréalistes ?
En toile de fond de cette tempête médiatique, des rumeurs ont également évoqué un possible intérêt de Ferrari pour Christian Horner, aujourd’hui éloigné du giron Red Bull après plusieurs années de succès. Si son nom a circulé à Maranello, Steiner tempère ce type de fantasmes. « Ferrari est une structure bien plus complexe à gérer que Red Bull. Transposer les succès de Horner ne serait pas forcément chose facile », estime-t-il.
À quelques courses de la fin de saison, la Scuderia a encore des cartes à jouer. Un retour sur la plus haute marche du podium sauverait partiellement l’exercice 2025, mais la pression est clairement sur les épaules du staff technique. Chaque décision est scrutée et chaque performance interprétée comme un signe avant-coureur de changement. Pourtant, comme le rappellent Berger et Steiner, Ferrari engage un travail de fond qui demande cohérence, persévérance… et patience.
Quoi qu’il en soit, Frédéric Vasseur dispose d’un sursis jusqu’en 2026. Mais à Maranello, les délais de grâce sont souvent plus courts que prévu. La balle est désormais dans le camp de la SF-25… et de ses pilotes.