Depuis son arrivée très attendue chez Ferrari en 2025, Lewis Hamilton fait l’objet de jugements variés. Avec aucun podium à son actif à mi-saison, la critique se déchaîne. Pourtant, dans le tumulte des commentaires parfois expéditifs, une voix inattendue vient nuancer ce discours : celle d’Esteban Gutiérrez, ancien pilote de F1 et ex-réserve Ferrari, aujourd’hui consultant respecté.
Une adaptation plus complexe qu’on ne le croit
Il y avait beaucoup d’attente autour de Lewis Hamilton pour cette saison 2025 – sa première sous les couleurs légendaires de la Scuderia Ferrari. Rejoindre la mythique écurie italienne, c’était autant un choix de passion que de défi, et un virage majeur après plus d’une décennie chez Mercedes. Pourtant, la réalité est plus nuancée : malgré son palmarès impressionnant, Hamilton peine à trouver le rythme.
Un exemple emblématique : le Grand Prix de Mexico. Ce week-end-là, Hamilton semblait enfin en mesure de décrocher un podium tant attendu. Mais un incident avec Max Verstappen et une pénalité de 10 secondes ont ruiné ses espoirs. Une énième désillusion ? Pas totalement, selon Esteban Gutiérrez.
Invité du podcast F1 Nation (source : F1Nation, 2025), l’ancien pilote pour Sauber et Haas – et surtout ancien pilote de développement chez Ferrari – a livré une analyse tranchée : « Je pense que ce n’est pas aussi mauvais que ce qu’on dit. Lewis semblait plus à l’aise au volant ce week-end, et ses commentaires allaient dans ce sens. Gagner avec Ferrari n’a jamais été simple. »
Ferrari : un univers passionné mais complexe
Ce que pointe Gutiérrez, c’est justement la difficulté structurelle de réussir chez Ferrari. Une écurie unique dans le paddock, où la passion italienne et la mécanique de précision cohabitent dans un certain chaos organisé. « Je vais être franc : chez Ferrari, c’est un joyeux bazar bien organisé. Ce n’est pas une critique – au contraire, j’adore Ferrari – mais le fonctionnement interne est très différent d’une écurie comme Mercedes », explique-t-il sur F1 Nation.
Gagner avec Ferrari, c’est réussir avec une culture, une langue, et une infrastructure très différente de ce que Lewis a connu durant sa carrière. Cela demande adaptation, patience et un fort sens politique. Des champions comme Sebastian Vettel ou Fernando Alonso l’ont vécu avant lui : rejoindre Ferrari ne garantit pas le succès, et demande souvent une réinvention personnelle et professionnelle.
Un potentiel encore intact pour la suite de la saison
Malgré une absence de podiums et un classement général en retrait (Hamilton est actuellement 7e au championnat pilotes, à plus de 100 points du leader Verstappen), la saison 2025 est loin d’être terminée. Si les performances de la SF-25 restent en dents de scie, des signes encourageants émergent : de meilleures qualifications, une compréhension plus fine des réglages spécifiques de Maranello, et une collaboration grandissante avec Charles Leclerc.
L’analyse d’Esteban Gutiérrez va donc à contre-courant du courant dominant. Selon lui, « les résultats de Lewis Hamilton ne reflètent pas l’ensemble de ses performances. Son adaptation est en cours, et il peut encore franchir un cap décisif dans la seconde moitié de la saison. »
Ferrari a d’ailleurs souligné, dans un communiqué de presse lors du GP du Japon 2025, « l’impact stratégique et technique décisif » du septuple champion du monde dans les évolutions récentes de la SF-25. Autrement dit, Hamilton est loin d’être passif – il construit les fondations de son futur succès, même si les résultats ne sont pas encore visibles.
Conclusion : patience et vision à long terme
La trajectoire actuelle de Lewis Hamilton chez Ferrari rappelle à tous que rien n’est jamais linéaire en Formule 1. Son adaptation est moins spectaculaire que prévu, certes, mais elle n’est pas insignifiante. Et quand un ancien membre de la maison rouge comme Esteban Gutiérrez monte au créneau pour défendre son action, c’est qu’il y a plus à voir que ce que les chiffres suggèrent.
Pour Ferrari, le pari Hamilton est un projet à moyen terme. Avec sa science de la course, son expérience, et sa motivation intacte, il pourrait bien être l’élément déclencheur d’un renouveau tant attendu. Reste à transformer les espoirs en résultats, course après course.
Et si 2025 n’était qu’une année de transition vers un retour sur le toit du monde rouge Ferrari ?